Muzito casse la grève des avionneurs

Hormis quelques vols spéciaux organisés par des opérateurs politiques, le trafic aérien domestique a connu, hier mardi 22 février 2011, une paralysie totale sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Des centaines de voyageurs qui se sont présentés dans les différents aéroports et aérodromes du pays ont fait l’amer constat d’absence d’avions et d’équipages pour les transporter de Kinshasa vers l’arrière-pays ou des provinces vers la capitale.
La mauvaise humeur des transporteurs aériens privés opérant sur le territoire national est liée, comme indiqué dans l’édition du Phare d’hier mardi, d’une part à l’existence des taxes jugées illégales car n’ayant aucun rapport avec le secteur de l’aviation civile et, d’autre part, aux taux exorbitants appliqués pour les redevances légales.

 

 Compte tenu certainement de la gravité de la situation et de l’impact du transport aérien sur la situation aussi bien économique, sécuritaire que sociale du pays, le Premier ministre, Adolphe Muzito, s’est saisi du dossier. Ainsi, hier mardi dans son cabinet de travail, il a longuement discuté avec une délégation du Comité Professionnel des Transporteurs Aériens (CPTA), conduite par  son président, Stavros Papaioannou (le patron de Hewa Bora). La réunion était élargie au Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu, au ministre de l’Economie, Jean-Marie Bulambo, à la ministre des Transports et Voies de Communication, Marie –Laure Kawanda, à l’Administrateur Délégué de la FEC (Fédération des Entreprises du Congo), Jean Kalala Mukong, et à l’Administrateur Directeur Général intérimaire de la RVA (Régie des Voies Aériennes), Justin Okana Nsiawi.
 Dans la foulée des échanges, le chef du gouvernement a pu convaincre les transporteurs aériens de lever leur grève, tout en demandant à la commission technique chargée du dossier d’accélérer l’examen des doléances des transporteurs aériens relatives à la double taxation de certaines redevances et aux modalités de leur perception. Son vœu est qu’une solution soit rapidement trouvée à la question de la fiscalité et de la parafiscalité, laquelle empoisonne leurs relations avec le gouvernement.
 Il est envisagé la signature, ce mercredi 23 février 2011, d’un protocole d’entente. Celui-ci devrait formaliser le compromis auquel pourraient parvenir les deux parties, en attendant l’application effective de la nouvelle Loi sur l’aviation civile en République Démocratique du Congo.

Le malaise persiste chez les avionneurs

 Les observateurs notent que les opérateurs économiques du secteur du transport aérien en RDC restent sur leurs gardes face aux promesses gouvernementales d’élagage des taxes non-conformes aux normes internationales réglementant l’aviation civile et de corriger, dans la mesure du possible, la nomenclature des taxes légales en vigueur. Ils estiment que les taux appliqués sont non seulement excessifs mais ensuite, ne correspondent pas à la qualité des services qui leur sont offerts, aussi bien en ce qui concerne l’état des pistes et aérogares, la qualité des instruments d’aide à la navigation aérienne que les contrôles techniques et formalités administratives.
Les transporteurs aériens considèrent les taux élevés des taxes comme une question de fond, car, jusqu’à preuve du contraire, l’espace aérien congolais, dont la taxe de survol a été majorée à 60%, le carburant congolais ainsi que d’autres taxes liées à l’exploitation ou non du transport aérien est devenu le plus cher au monde en matière d’aviation civile.
 L’avion est devenu un produit de luxe au Congo. D’une part, l’exploitation du transport aérien s’apparente à une activité ruineuse pour l’investisseur et, d’autre part, le commun de Congolais est disqualifié par les coûts prohibitifs des billets d’avion. Dans les milieux des avions, la rumeur d’une nouvelle grève court, dans l’hypothèse où la hauteur des taxes en vigueur ne serait pas revue à la baisse. Plutôt que de travailler à perte, ils préféreraient mettre la clef sous le paillasson. La balle est dans le camp du gouvernement, affirment-ils, pour éviter le retour à la case départ.
    Kimp

 

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