Mort inexpliquée à Matadi Kibala : trois balles dans la tête d’un garde du corps de Lumanu

La petite cité de Matadi Kibala, dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa, est sous le choc depuis le samedi 15 octobre 2011 dans l’après-midi. C’est au beau milieu de la journée, dans une brousse située non loin d’une maison présentée comme étant sa résidence principale, où il habitait avec sa première femme et ses enfants, qu’un homme d’une soixantaine d’années aurait choisi de se donner la mort, en se tirant trois balles dans la tête.
Les curieux accourus après avoir entendu la triple détonation ont tout juste eu le temps de constater l’irréparable. Peu avant la fin de la journée, la dépouille mortelle a été transférée vers la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo).

Selon les premiers éléments d’information livrés par des sources officieuses, l’auteur du malheureux geste s’appelait Martin Ngoy. Originaire du territoire de Kabinda, dans le Kasaï Oriental, il faisait partie de la garde rapprochée du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu.
Il semble que peu avant de se donner la mort, il serait revenu de la résidence de sa deuxième femme, du côté du Camp Badiadingi, toujours dans la commune de Mont-Ngafula. A Matadi Kibala comme à la Vice-primature de l’Intérieur, l’on continue de se poser des questions sur le mobile de ce qui est arrivé à Martin Ngoy. Cet homme en uniforme avait-il des problèmes dans son double ménage ou dans son milieu de travail ? S’agit-il d’un suicide, comme l’affirment plusieurs témoins indirects ou d’un crime, comme cela se raconte dans certains milieux ?

Toujours est-il que certains analystes mettraient en doute la thèse du suicide. A leurs yeux, il serait difficile de croire que Martin Ngoy se serait tiré trois balles dans la tête. En principe, il aurait dû tomber et rendre l’âme dès la première balle. Aurait-il enclenché un mécanisme de rafale et comment aurait-il pu tenir debout jusqu’à la sortie de la troisième balle ? Des inconnus auraient-ils tiré sur lui ? Règlement des comptes?
Pour le commun des mortels, le cas de cet élément de la garde rapprochée du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur mérite d’être clarifié par une enquête sérieuse et exhaustive. L’arme du crime ou du suicide, les balles, la blessure mortelle ainsi que tous les indices liés à cette mort violente devraient être examinés à la loupe. Des interrogatoires serrés et poussés devraient être menés dans son entourage aussi bien professionnel que familial et – pourquoi pas ? – dans le cercle de ses amis.

La façon dont Martin Ngoy se serait donné la mort est fort intrigante. Pour quelqu’un qui oeuvrait au sein de la ceinture de sécurité rapprochée d’un haut responsable chargé paradoxalement de la sécurité intérieure de l’ensemble du pays, il y a de quoi émettre un épais doute sur la version du suicide. La cité de Matadi Kibala n’aurait-elle pas été gratifiée, en pleine journée, d’un épisode du feuilleton de l’insécurité qui guette au quotidien chaque Kinoise et chaque Kinois ? Le garde du corps de Lumanu n’aurait-il pas été la énième victime de l’industrie du crime qui sème la mort à tout vent à travers la capitale, en toute impunité ? En tous les cas, tant que la lumière ne sera pas apportée au grand public, les spéculations ne pourraient qu’aller bon train, à Kinshasa comme à Kabinda, son territoire d’origine.

Dorcas Nsomwe

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