Monuc : le retrait se précise

« Le secrétaire général de l’ONU va publier un rapport au début du mois d’avril pour demander au Conseil de sécurité des Nations Unies d’autoriser le retrait progressif de la Monuc. Ce rapport sera rédigé de commun accord avec le gouvernement congolais, particulièrement avec le ministère des Affaires étrangères. C’est à la demande du président Kabila. » Ces propos sont de Piergiogio, officier de l’information publique de l’unité sensibilisation de la Monuc. Il les avait tenus devant des jeunes, hier au salon bleu du stade des Martyrs, lors de l’atelier de sensibilisation des leaders des associations des jeunes, organisé par l’unité de sensibilisation de la Monuc, en collaboration avec le Conseil national de la jeunesse que dirige Dominique Diaman Kambetch. 

Le but de cet atelier était de sensibiliser les leaders locaux des jeunes sur le rôle, la mission et les réalisations de la Monuc en particulier, et de l’Onu en général, pour qu’ils soient capables dans un deuxième temps d’organiser une restitution vers tous les jeunes membres de leurs associations. Ainsi ont pris part à cet atelier des responsables des associations estudiantines, de diverses organisations des jeunes, des associations confessionnelles et des représentants des communes.

Après la diffusion d’une vidéo montrant l’évolution de la paix en Rd Congo de 1998 à 2009, en particulier les actions entreprises par la Monuc, l’italien Piergiogio, le tunisien Ben Mohamed, porte- parole militaire adjoint, et le congolais Crispin Nlanda, officier de l’information publique de la Monuc, ont entretenu les jeunes sur la Résolution 1906 du Conseil de sécurité, laquelle régit actuellement le mandat de la Monuc en Rd congo.

Cette résolution, a déclaré Piergiogio, marque à la fois la continuité et le changement de la Monuc, car elle recommande à la mission de voir avec le gouvernement la réalisation des réformes susceptibles de sécuriser la population civile, de voir l’avenir de la Monuc, sa reconfiguration et son retrait. Elle recommande aussi l’élimination de la menace des groupes armés, la conclusion de différents processus de paix comme celui de Goma, et l’établissement de l’autorité de l’Etat.

Sur le plan de la sécurité, le porte- parole militaire a évoqué la même résolution qui recommande la sécurisation et l’établissement d’un environnement sécuritaire avec trois défis à relever, à savoir la protection de la population civile, le renforcement des capacités des FARDC et l’appui aux FARDC.

Les jeunes ont eu à poser quelques questions. L’un d’eux a relevé que la Monuc ne joue pas franc- jeu avec le gouvernement congolais, car elle protège des groupes armés étrangers comme c’est le cas des FDLR. Est-ce la puissance de feu des FDLR est supérieure à celle de la Monuc ? Comment expliquer alors la résistance de ce groupe durant tant d’années ?  Un autre a déclaré que les fonctionnaires de la Monuc ont tendance à chanter partout qu’ils ont fait du bon travail en Rd Congo alors que la situation sur le terrain indique clairement que le bilan de la Monuc est loin d’être positif.

Piergiogio et Crispin Nlanda ont répondu aux préoccupations des jeunes. Ils ont dit que la Monuc ne peut pas faire la guerre à la place du gouvernement. Ils sont convaincus que la guerre ne porte pas une solution durable, car il n’est pas sûr qu’elle règle toutes les questions ayant à la base du conflit. La Monuc ne peut pas se substituer à l’armée, mais elle renforce les capacités des institutions.

Ils ont alors demandé aux jeunes d’évaluer le processus de paix de 2003 à ce jour. Crispin Nlanda a fait remarquer que si le processus de paix a réussi c’est surtout à cause des Congolais, car la Monuc n’a fait que créer un espace de confiance entre les différents acteurs. Ce processus ne pouvait pas aboutir si les différents protagonistes avaient refusé de s’y impliquer. Il avait invité les jeunes à faire attention car la Monuc est la deuxième mission de l’Onu au Congo, cela montre que les Congolais sont quelque part incapables de se diriger. Alors, il faut faire tout ce qui est possible pour éviter une troisième mission de l’ONU au Congo.

L’unité de sensibilisation de la Monuc a réussi à donner une autre image de cette mission onusienne aux jeunes au regard des applaudissements suscités par les réponses des agents de la Monuc aux questions posées. Reste à savoir si la restitution sera satisfaisante dans les différentes associations. 

Jean- René Bompolonga   

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