Monuc : le dernier virage

Responsables congolais et ceux de la Monuc ont plus ou moins une certaine idée du processus de désengagement des forces onusiennes du territoire congolais. En principe, au 30 juin 2011, la structure onusienne aura mis fin à sa présence militaire en République Démocratique du Congo, pour se focaliser sur des questions de développement. L’échéancier étant désormais connu, les observateurs pensent que les officiels congolais devraient, dès à présent, accélérer les réformes touchant aux deux structures névralgiques pour la défense et la sécurité du pays, à savoir l’armée et la police nationale.

De l’avis de certains, le temps est désormais compté pour les décideurs congolais, contraints à une marche forcée pour prendre la relève, avant le retrait total de la Monuc, de cette armée dans une armée qui ne dit pas son nom, de la scène nationale.  Il leur faut montrer à la face d’un monde qu’ils sont capables de prendre leurs responsabilités sur le terrain sécuritaire, sans le concours des Casques Bleus.

Pour ce, plusieurs préalables sont à remplir. L’on pense, à cet effet, aux divers problèmes qui empêchent les soldats et policiers congolais de répondre aux standards internationaux, notamment le déficit de logistique en termes de mobilité au sol, sur les eaux et dans les airs, de discipline, de commandement, de motivation financière, d’équipements en armes et munitions, de profil dans le recrutement, d’objectivité dans l’avancement en grades, etc.

Face à l’impératif de prendre la relève de la Monuc sans éprouver par la suite des regrets collectifs, les gestionnaires de l’armée et de la police nationales devraient analyser en profondeur toutes les questions qui bloquent leur modernisation et, partant, leur efficacité, d’ y réserver, à bref délai, des réponses satisfaisantes et durables.

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et la Police Nationale Congolaise devraient de rompre avec leur profil bas d’enfants de parents pauvres. Si des correctifs nécessaires ne sont pas apportés à leurs tares actuelles, elles vont rappeler à tous et ce, aux dépens de l’image du pays, le caractère incontournable de la Monuc. L’histoire de la République nous renseigne à ce sujet qu’à cause de la désorganisation et de la fébrilité de l’ANC (Armée Nationalité Congolaise) dans les années’60, le départ des forces de l’ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo) avait donné lieu à un long feuilleton de rébellions.

Le pays avait fini par faire recours aux mercenaires, notamment les hommes de Bob Denard et Jean Schramm, pour parer au plus pressé, avant de connaître par la suite une série de mésaventures avec ces fils du diable prêts à vendre leurs services au plus offrant.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de prendre le risque de confier la sécurité du territoire aux mercenaires, personnages désormais indésirables aux yeux de la communauté internationale. D’où, la carte de notre sécurité future est à jouer par nous-mêmes, avec lucidité et responsabilité.         

Jacques Kimpozo

 

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