Monsengwo tacle les politiciens criminels

« Le Pape m’a demandé de travailler à la paix, à la justice, à la réconciliation des fils et filles de notre pays. Je ne déroberai pas à cette tâche, » a déclaré l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, en célébrant hier au stade des Martyrs sa première messe en Rd Congo comme cardinal.  

            Le nouveau cardinal n’est pas allé par le dos de la cuillère pour entamer sa tâche. « L’autorité dans toutes les communautés est le service. Le pouvoir et l’autorité n’ont de sens que si l’on a des soucis pour les autres, pour les laissés pour compte, pour les pauvres, » a déclaré le cardinal.

            Il a poursuivi en déclarant que le Pape invitait tous ceux qui sont investis de l’autorité dans notre pays à servir le peuple. « L’autorité ou le pouvoir qui ne s’occupe que de ses propres intérêts au détriment du bien commun est un pouvoir sans objet, » a martelé l’archevêque de Kinshasa.

            Mgr Laurent Monsengwo Pasinya a recommandé aux autorités et aux seigneurs de guerre d’employer toutes les voies nationales et internationales pour mettre fin à la guerre en Rd Congo, singulièrement à l’Est du pays. « Point n’est besoin de tuer tant d’hommes et de femmes pour se faire de l’argent. C’est de l’argent criminel, » a souligné le cardinal.

            Poursuivant sur sa lancée, l’archevêque de Kinshasa a dit : « Nous invitons les personnes concernées par cette guerre à déposer les armes et à faire la paix dans la justice d’abord et ensuite dans la réconciliation. La réconciliation est pour ceux qui tuent la haine dans leurs cœurs. » 

Les propos du nouveau cardinal sont tombés fort à point nommé. Dans l’assistance, on a noté la présence du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, du Premier ministre Adolphe Muzito, du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, du président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, assis sous une tente en face de l’autel. Il y avait aussi des nombreux ministres, députés et sénateurs, installés dans la tribune d’honneur avec les ambassadeurs et les chefs des missions diplomatiques. Faisant office du peuple, les chrétiens catholiques massés dans les coins et recoins du stade, prouvant par la même occasion que le stade est trop petit sur les accueillir dans de telles circonstances, ont suivi et applaudi les pertinentes déclarations du nouveau cardinal.

            Le cardinal ne s’est pas arrêté là. Il a conclu son message en posant cette question : « Que rendrons- nous au seigneur ? ». Et il a donné cette réponse : « Rendons-lui un pays plus beau et développé, sans chamailleries partisanes. Edifions une Eglise sans rides. »

            Avant la bénédiction finale, l’assistance  a suivi trois messages. Mgr Edouard Kisonga, évêque auxiliaire de Kinshasa, a adressé ce message au Cardinal : « Vous avez conseillé les acteurs politiques à plusieurs occasions de prendre à cœur les souffrances du peuple, mais rien n’y est fait. Aujourd’hui, Mgr le cardinal, vous êtes comme le serpent d’airain que Moïse a érigé pour qu’à sa seule vue l’on soit guéri de la morsure d’un serpent.» Il a ensuite rassuré le cardinal de la fidélité des chrétiens de Kinshasa qui ne le laisseraient pas seul.

            Prenant ensuite la parole, Mgr Louis Portella, évêque de Kinkala et président de la Conférence épiscopale du Congo/Brazzaville, est venu témoigner la fraternité du peuple chrétien de l’autre côté de la rive du fleuve Congo. Il a affirmé que les cardinaux doivent être ceux qui défendent les troupeaux de Dieu jusqu’au don suprême. 

Enfin, Mgr Nicolas Djomo, évêque de Tshumbe et président de la Cenco, a souligné que Mgr Monsengwo était le troisième cardinal de notre pays, après Albert Malula et Frédéric Etsou,  et il a remercié à cet effet le Pape qui a honoré notre Eglise et notre pays.

            Signalons la présence de Mme Antoinette Sassou Nguesso au stade des Martyrs aux côtés du chef de l’Etat congolais. Elle était à la tête d’une délégation de plus de 400 fidèles du Congo/Brazzaville. Une autre délégation est venue de Franceville, au Gabon ; elle a été conduite  Mgr Timothée Modibo, président de la Conférence épiscopale de l’Afrique centrale.

Plusieurs évêques et archevêques de six provinces ecclésiastiques du pays ont rehaussé de leur présence cette messe.

            Le cardinal Monsengwo a bien commencé la tâche que le Saint Siège lui a confiée et l’on espère qu’il maintiendra le cap.

Jean- René Bompolonga  

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