Monnayage des motions de défiance: le MLC Germain KAMBINGA se défend

Germain KAMBINGA a choisi la voie d’une conférence de presse tenue
dans son cabinet privé pour répondre aux accusations de monnayage de
la motion de défiance contre le ministre des Mines qu’il aurait
retirée après l’avoir rencontré quelque part.

Cette motion, a-t-il précisé, avait été déposée au Bureau du
Président de l »Assemblée Nation en date du 13 mai dernier à 9 heures
du matin comme le renseigne l’accusé de réception à ce sujet. Elle
avait été dûment signée par des députés nationaux dont la liste était
annexée conformément à l’article 146 de la Constitution et l’article
209 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale. Il se fait
cependant qu’il avait effectué une mission de service du 20 au 27 mai
de la même année comme l’indique l’ordre de mission pour l’Azerbaïdjan
signée le 18 avril par Aubin MINAKU, président de la chambre basse.
Une fois revenu de cette mission, il avait pris la précaution
d’adresser une lettre le 27 mai, réceptionnée le 3 juin au cabinet du
président de l’assemblée nationale. Cela, pour transmettre des
éléments complémentaires. Notamment les griefs de l’African Progress
Panel dirigé par Koffi ANNAN et Michel CAMDESSUS établissant des
pertes de l’ordre d’un milliards des dollars US entre 2010 et 2012
dues à la mauvaise gestion des ressources minières nationales.
Ensuite, Germain KAMBINGA y ajoute une liste additive des signataires
conformément à la jurisprudence MATATA où de nombreux élus avaient
retiré leurs signatures après le dépôt de ladite motion.
Le 10 juin de cette année, Fidèle BABALA Wangu, 1er vice-président du
groupe parlementaire du MLC saisit le président Aubain MINAKU par une
correspondance réceptionné en son cabinet le même jour pour réclamer
l’alignement des deux motions de défiance, à savoir celle à charge de
Mme la Ministre du Portefeuille et celle à charge de son collègue des
Mines. Fidèle BABALA « réclame que les deux motions soient alignées
avant la clôture de cette session parlementaire. Toute attitude
contraire aux textes qui nous régissent sera considérée par le groupe
parlementaire du MLC et Alliés comme par une atteinte au droit
aliénable de ses élus d’opérer au nom du peuple congolais le contrôle
de l’action gouvernementale », lit-on.
Germain KAMBINGA s’est alors posé plusieurs questions. Tout d’abord,
il met quiconque au défi de lui exhiber une lettre de sa part
demandant au Bureau de la chambre basse le retrait de sa motion de
défiance. «Nous ne sommes plus au siècle de l’oralité, ce sont les
textes qui parlent et constituent des preuves rassurant les uns et les
autres ».
Comme cette motion avait fait l’objet d’un débat au sein de son
parti, le MLC qui lui avait renouvelé sa confiance, le vice-président
du groupe parlementaire avait de son côté saisi le président de la
chambre basse pour réclamer l’alignement avant la clôture de la
session de mars qui est intervenue le samedi dernier. Dans son
discours de clôture de cette session de mars, le président MINAKU a
reconnu que deux motions de  défiance, notamment celle contre le
ministre des Mines et l’autre contre la ministre du Portefeuille,
n’ont pas été traitées.

Pour Germain KAMBINGA, au cas où le président de l’Assemblée
nationale est saisi par une motion de défiance et que son auteur
viendrait à la retirer en catimini, en sa qualité d’autorité qui
exerce la police des débats et étant le représentant auprès des
tierces personnes de cette chambre, il a le devoir de l’aligner pour
l’examiner dès lors qu’elle traite d’une matière très sensible
intéressant toute la nation et les investisseurs étrangers. Il en va
de la crédibilité de cette chambre, dans la mesure où Aubain MINAKU
doit se comporter comme une église au milieu du village et un
procureur chargé du maintien de l’ordre et de bonnes mœurs.
F.M.

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