Mobilisation générale : les facteurs de blocage

Le gouvernement congolais a lancé aux masses populaires congolaises, en fin de semaine dernière, un appel à la mobilisation générale contre l’agression armée dont le pays est victime dans la province du Nord-Kivu. En d’autres temps et circonstances, les lignes se seraient déjà mises à bouger sans que nos compatriotes cherchent à savoir si la cause qu’ils sont appelés à défendre est juste ou non. Dès lors que la mère-patrie est attaquée à partir de l’extérieur, la priorité des priorités serait de la sortir d’abord du pétrin avant de poser des questions.
Aujourd’hui, par la faute de ceux qui ont longtemps refusé au peuple congolais le droit à la bonne information sur les tenants et aboutissants de la « guerre » du Nord-Kivu, les complicités internes et externes, les cas de traîtrise, la méfiance s’est installée entre le sommet et la base de la pyramide. Le peuple veut être suffisamment éclairé avant de se déterminer. Il lui faut des explications sur des dossiers ténébreux tels que ceux d’officiers accusés maintenant d’être Rwandais alors qu’au moment des modules de « brassage » et « mixage », ils étaient présentés comme d’ex-combattants congolais venus du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple).
 
Le huis clos décrété il y a un mois à l’Assemblée Nationale autour de la question orale avec débat en rapport avec l’accord du 19 mai 2012 signé par les gouvernements congolais et rwandais mérite d’être justifié. Les masses congolaises devraient savoir pourquoi les informations touchant la situation sécuritaire du Nord-Kivu étaient uniquement livrées aux députés nationaux en circuit fermé. Qui avait peur du débat et pourquoi ? Que cachait la précaution de tenir la majorité des Congolais sous le régime de la sous-information ?
Nos compatriotes ont le droit de chercher à comprendre par quel mécanisme une affaire exclusivement réservée à la Chambre basse du Parlement il y a un mois va devenir à présent une cause commune.
 
Si le tabou est effectivement levé, c’est le lieu de verser, dans le domaine public, le texte de la question orale du député Martin Fayulu, les réponses du Vice-Premier et ministre de la Défense, les détails de différentes interventions des députés nationaux lors du débat général, les conclusions de la plénière, etc. Il n’y aurait pas meilleure façon de bien renseigner les Congolais sur les enjeux visibles et invisibles de la « guerre » du Kivu que de jouer cartes sur table.
Une fois ce travail réalisé, les masses pourraient saisir l’étendue des dégâts et évacuer de leurs esprits tous les doutes qui planent sur certains officiels que l’on croit se trouver dans la loge des traîtres. La confiance entre les gouvernants et les gouvernés doit être rétablie en vue de l’émergence de l’ »Union sacrée » contre l’agresseur rwandais.
 
Kimp

Leave a Reply