Menaces contre l’Eglise catholique de Kinshasa : le Cardinal frappe du poing sur la table

L’Eglise catholique de Kinshasa court un grand danger. A en croire des sources crédibles, certains politiciens ont juré de passer par les paroisses de cette communauté religieuse pour engranger des voix, en prévision des consultations populaires de cette année ainsi que de celle de 2012 et 2013. A cet effet, des enveloppes consistantes sont préparées par certains partis politiques pour instrumentaliser les prêtres, abbés et curés ayant   la charge de gérer des milliers de paroissiens.

 

    Les donateurs attendent, en contrepartie, la mise sur pied des comités de soutien à leurs candidatures ainsi que des actions de propagande à mener au profit de leurs partis ou regroupements politiques, au niveau des paroisses ainsi que des cellules de base des chrétiens catholiques.

Le choix de l’église catholique n’est pas fortuit. Il répond à une logique mathématique : les chrétiens catholiques représentent plus de 70% de la population congolaise, en milieux urbains comme en provinces. Compte tenu de l’éveil politique des Kinoises et Kinois, les politiciens cherchent à s’appuyer sur ceux qui ont une ascendance morale et psychologique sur les chrétiens en vue de faire passer leurs messages démagogiques.

    On croit savoir que le rappel à l’ordre du Cardinal Monsengwo aux prêtres et abbés de l’Archidiocèse de Kinshasa, vendredi dernier au Centre Nganda, est motivé par les tentatives  d’invasion de l’Eglise catholique de Kinshasa par  des opérateurs politiques. Grand connaisseur du microcosme politique congolais, l’ancien président du Bureau de la Conférence Nationale Souveraine s’est empressé de monter au créneau pour prévenir, en amont, tout risque de noyautage de ses paroissiens.

    Le souci de l’éminent prélat est de voir l’Eglise catholique de Kinshasa rester, selon l’expression consacrée, au milieu du village. Il n’a pas mâché ses mots en insistant sur l’unique et primordiale mission des hommes en soutane : enseigner et vulgariser l’évangile.

    Autrement dit : ils n’ont pas à se mêler de la politique ni à pousser les brebis du Christ à prendre position pour ou contre un camp politique déterminé.

De mémoire de Congolais, l’on n’a pas souvenance, jusque-là, d’une consigne de vote émanant des responsables de l’Eglise Catholique nationale. Car, chaque fois que le pays se trouve dans la phase des élections, l’unique message de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) est que les fidèles catholiques votent selon leur conscience. Jusque-là, elle se limite à esquisser un profil impersonnel des candidats éligibles, sans chercher à leur coller une identité.

    Vue sous cet angle, la mise en garde du Cardinal Monsengwo vaut tout son pesant d’or. Car, si l’Eglise catholique de Kinshasa prend une coloration politique, cela risque d’avoir des conséquences fâcheuses sur les relations entre ses propres fidèles d’abord et entre ceux-ci et les concitoyens qui ne seraient pas de leur obédience politique.        Kimp

 

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