Matata présente les axes de la relance économique

 

Le premier ministre Augustin Matata a fait, ce lundi 10 décembre devant les Sénateurs et en présence du corps diplomates accrédité à Kinshasa, la déclaration de relance des activités économiques en République démocratique du Congo. C’était à l’invitation lui adressée par le présidium de la chambre haute du parlement. Avant d’inviter le premier ministre à s’adresser à la plénière, le président du bureau a expliqué la raison de l’invitation du chef du gouvernement dans son mot introductif.

Léon Kengo wa Dondo a indiqué que depuis son investiture par l’Assemblée nationale, Augustin Matata Ponyo n’a jamais été invité au Sénat. Avant de rappeler que le premier ministre n’est pas responsable devant la chambre haute. Cependant, la présente invitation trouve son fondement dans l’article 146 de la Constitution.

Après avoir justifié le bien-fondé ou l’objet de la déclaration à laquelle ses collègues sénateurs allaient assister, Léon Kengo a informé son invité spécial qu’on avait relevé des insuffisances au plan économique lors du débat général sur la loi des finances 2013 de son gouvernement, actuellement en examen à la commission économique et financière.

C’était également l’occasion pour le président du Sénat de signifier au Premier ministre que la rigueur qu’il a choisie comme mode de gouvernance, n’est pas à confondre avec l’austérité, l’égoïsme ou encore l’insouciance face au sort de la population.

Croissance maintenue et inflation maîtrisée

Présentant son programme d’action, le chef du gouvernement a brossé succinctement le tableau d’indicateurs macro-économiques du pays.  Sur le plan économique, il a fait savoir que la croissance économique demeure soutenue et se situera, d’après les dernières projections, à 7,2% d’ici fin décembre 2012. En 2013, il compte la ramener à 8,2%, et en 2014 au-delà de 10%.

Quant à l’inflation, le premier ministre promet qu’elle pourra s’établir à moins de 3% au terme de l’exercice 2012 finissant. Cela contrairement à la prévision gouvernementale qui l’avait retenue à 9,9%.

Au plan extérieur, le franc congolais dénote d’une performance exceptionnelle sur le taux de change. C’est-à-dire, que sa valeur externe s’est beaucoup consolidée par rapport aux devises étrangères. Situé à 916,52 CDF le dollar américain à fin février 2010, le FC se change aujourd’hui à 916 CDF le dollar. A cette allure, a-t-il déclaré, l’expression « au taux du jour» tend à disparaitre.

Toujours à propos de la monnaie, il a souligné que le taux directeur des opérations de la Banque centrale est descendu extraordinairement à 6%, alors qu’il était à 70% fin décembre 2009 et à 140% fin décembre 2001.

Le nombre des banques commerciales est passé d’environ 10 en 2002 à 22 en 2011. En plus, fait remarquer l’orateur, la mise en circulation des coupures à valeur faciale élevée n’a pas déstabilisé comme par le passé le cadre macro-économique.

Concernant la gestion des finances, Matata Ponyo fait savoir que l’exécution des opérations financières de l’Etat est devenue rigoureuse, responsable et porteuse de croissance. Ce qui a permis l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE en juillet 2010.

Les axes de la relance

Parmi les secteurs taxés de prioritaires pour la relance économique, Augustin Matata a retenu entre autres : l’agriculture, les infrastructures, le transport (routier, fluvial, aérien, ferroviaire,), etc.

L’agriculture doit reprendre sa place de l’époque dans la formation du produit intérieur brut, martèle le premier ministre. Une campagne agricole venait d’être lancée avec près de 23 millions de dollars. Et l’enveloppe montera en puissance en 2014.

Pour le transport routier, le souci est de réunifier le territoire national à travers des routes. Quelque 44 millions de dollars ont été décaissés et mis à la disposition du ministère des infrastructures pour cette fin.

Le premier ministre a annoncé dans ce chapitre, l’acquisition de 19 locomotives dont 2 sur fonds propres du gouvernement, 11 pour la SNCC, et 6 locomotives dont l’acquisition est financée par le trésor public pour le compte de la SNTP (ex-ONATRA).

De même, il a annoncé l’acquisition de 300 bus à grande capacité par son gouvernement, pour un coût global d’environ 30 millions de dollars. La première livraison devra intervenir à partir de janvier 2013. 

En ce qui concerne la relance du transport fluvial, Matata Ponyo  promet de remettre d’ici fin 2013, l’ITB KOKOLO en service.

22 millions de dollars pour l’éducation

En outre, le premier ministre a laissé entendre qu’un fonds spécial de 22 millions de dollars a été constitué en vue de l’amélioration de l’éducation nationale.

Pour la santé, il a renseigné de la commande de plusieurs équipements médicaux de haute technologie afin de doter les hôpitaux publics de matériels indispensables.

Il sera procédé dans un délai qualifié d’acceptable au lancement des travaux de construction d’un nouvel aéroport international de Ndjili. Quelque 30 millions de dollars décaissés à cet effet, sont gardés dans un compte bloqué.

Par ailleurs, il a informé que la bancarisation de la paie des travailleurs émargeant du budget de l’Etat a pour avantage : la canalisation de l’entièreté des salaires, et le démantèlement d’un réseau de fictifs très actif pour le détournement des fonds publics.

A l’actif de cette politique, il a cité la relance de la SOFIDE avec 10 millions de dollars.

Enfin, le premier ministre a annoncé la mise en route à partir de ce mois de décembre 2012 d’une allocation mensuelle et régulière des fonds au profit de la SNEL et de la REGIDESO pour l’amélioration du taux de desserte en électricité et en eau, considéré comme l’un des plus faibles du continent.

Quant à l’investissement, il a fait la comparaison de deux périodes à savoir : 1960 et à ce jour pour conclure la descente aux enfers de l’économie nationale.

Par exemple, en 1960 : la Rdc comptait 14.300 entreprises ; alors qu’aujourd’hui on en compte à peine 2.000 dans l’économie formelle.

Dans le cadre de la réduction du train de vie des personnels politiques, Augustin Matata a choisi de prêcher par l’exemple. Ainsi, il a annoncé la réduction de 300.000 dollars des frais de fonctionnement de la primature à partir de janvier 2013.

Dominique Mukenza

Leave a Reply