Matata Ponyo passe à l’essentiel : 5 milliards Usd pour Inga III

World Bank Africa RegionLe Premier ministre Augustin Matata est rentré à Kinshasa le lundi 14 octobre 2013. Il a passé une semaine sur le territoire américain pour expliquer aux investisseurs ainsi qu’aux animateurs des institutions de Bretton Woods l’effectivité des réformes économiques en cours en République Démocratique du Congo. Selon les échos en provenance de l’autre côté de l’Atlantique, le message sur l’amélioration du climat des affaires, la stabilisation du cadre macro-économique, la lutte contre les antivaleurs (corruption, concussion, impunité) est passé.

Les observateurs retiennent, hormis la normalisation des relations avec les bailleurs de fonds bi et multilatéraux, l’accord de la Banque Mondiale à financer, à hauteur de 5 milliards de dollars américains, les travaux de construction d’un nouveau barrage sur le site d’Inga, dénommé « Inga III ». D’une capacité installée de 48.000 Mégawatts, cet ouvrage dont la durée de réalisation est de 5 ans (2015-2020), est appelé à répondre aux énormes besoins en énergie électriques des industriels et ménages congolais mais aussi à apporter l’électricité jusqu’en Afrique du Sud.

Ce projet longtemps ressassé dans les discours va ainsi devenir réalité dans 5 ans et contribuer à l’amélioration sensible de la desserte en énergie électrique dans plusieurs villes et villages du pays. Il s’agit là d’un investissement non négligeable face aux demandes de plus en plus croissantes du secteur industriel, notamment celui des mines, en vue de la mise en valeur de nombreuses matières premières.

Ainsi, pendant que de nombreux « Concertateurs » jouent des pieds et des mains pour « entrer » ou « revenir » au gouvernement, Augustin Matata passe à l’essentiel, à savoir la recherche de nouvelles pistes de développement pour construire un nouveau Congo. Ce travail inscrit dans la durée indique que demain, avec ou sans lui, le pays peut récolter les dividendes ce qu’il aura semés aujourd’hui.

A propos de sa tournée américaine, on doit lui reconnaître le mérite d’avoir été convaincant dans un environnement où la RDCongo commence petit à petit à retrouver son capital-confiance. On laisse entendre que les statistiques qu’il a présentées à ses différents interlocuteurs en matière de taux d’inflation, de taux de croissance, de mobilisation des recettes publiques, d’affectation des ressources internes et externes aux projets de développement ont retenu la bonne attention de ses interlocuteurs.

Les partenaires extérieurs, indique-t-on, ne se montrent plus aussi sceptiques qu’avant et semblent croire sérieusement aux chances de redécollage économique, industriel et social du pays. Matata Ponyo a également su trouver les arguments requis pour apaiser les détenteurs des capitaux qui redoutent les effets nocifs de l’insécurité sur les projets d’investissement. A son avis, la guerre de l’Est ne devrait pas constituer un facteur de blocage des « affaires », tant il est démontré que plusieurs Etats de la planète secoués par des conflits armés n’en continuent pas moins d’être fréquentés par des investisseurs.

La morale à tirer du périple américain du Premier ministre est que la RDCongo devrait poursuivre sa politique de petits pas dans la voie du progrès. Il serait suicidaire de la part du chef du Gouvernement de « tout arrêter » parce que son avenir politique serait hypothéqué par les « messes noires » qui se succèdent en cascade dans les salons politiques de Kinshasa. En dépit donc de la circulation sous les manteaux d’un tas de « moutures » qui le donnent partant, l’homme ne semble pas du tour perturbé par ce qui se passe et se raconte autour de lui. Tant mieux pour la République si ce technocrate peut apporter quelque chose aux aspirations des masses congolaises qui ont appris à désespérer de l’avenir, à cause des promesses à répétition non tenues par nombre de ceux qui se positionnent en premières lignes chaque fois qu’il est question de « partage équitable et équilibré du gâteau national ».

Kimp

Leave a Reply