Matata joue la carte de la transparence

World Bank Africa RegionContrairement aux années antérieures, lesquelles remontent jusqu’à l’époque de Mobutu, l’équipe Matata a résolu de jouer la carte de la transparence dans la présentation du bulletin de santé économico-financier du pays. La rupture avec la politique de maquillage des chiffres mérite d’être saluée car elle permet aux populations congolaises, comme aux investisseurs et observateurs étrangers de connaître les réalités économiques, financières et sociales du pays.

Dans cette optique, le diagnostic de Moody’s Investors Service a mis à la portée de tous des données qui attestent que la République Démocratique du Congo est capable de progresser dans la voie du développement. Cette analyse économico-financière indépendante et impartiale confirme le statut du grand Congo comme réservoir des matières premières, entendues comme richesses potentielles à capitaliser à travers la bonne gouvernance et des mesures incitatives à la conclusion des partenariats public-privé.

Depuis le 06 septembre 2013, Moody’s Investors Service a apporté aux Congolais et leurs gouvernants la preuve que les réformes économiques initiées par le gouvernement, depuis mai 2012, sont déjà porteuses des résultats en termes de création des richesses, de mobilisation et de gestion des recettes publiques, d’amélioration du climat des affaires, de modernisation des infrastructures de base, de regain de confiance dans les institutions financières internationales, etc.

La RDC n’en est plus à la navigation à vue dans la gestion de ses finances publiques et la planification de ses projets de développement. Grâce au rapport des experts de Moody’Investors Service, il n’y a plus à trop douter du rétablissement progressif des équilibres macro-économiques. Toutefois, cette sorte de lampe-témoin signale que tout faux pas est interdit, si le pays veut réellement aller de l’avant. Aussi, Matata et son équipe devraient-ils s’interdire de la moindre distraction dans la voie tortueuse de l’assainissement des finances publiques, de la relance de la production interne, de la promotion des investissements.

Il est espérer que l’exercice ainsi inauguré va se poursuivre, afin que la Nation soit renseignée, tous les six ou douze mois, sur ses bonnes notes ou, dans le cas contraire, ses contre-performances économiques et financières.

Point de presse du Ministre Délégué aux Finances

 

Mesdames et Messieurs de la presse,

 

Introduction

La presse financière internationale a rendu publique, le vendredi 6 septembre dernier, la première notation de la dette souveraine attribuée par l’Agence Moody’s à la République Démocratique du Congo. Il me semble opportun, au cours de ce point de presse, de commenter à votre intention cette notation ainsi que ses tenants et aboutissants.Pourquoi recourir à une Agence de notation indépendante ?Le recours à une agence de notation procède généralement de la nécessité de mettre à la disposition des investisseurs des informations leur permettant d’évaluer le risque encouru par la détention de tel ou tel actif financier.Par souci de crédibilité des informations, les emprunteurs, dont les Etats, évitent de se juger, eux-mêmes. Ils recourent ainsi à une agence indépendante qui est censée à priori donner l’information la plus objective possible.

Trois agences de notation ont une notoriété internationale. Il s’agit de Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch. A la demande de l’Autorité suprême, une évaluation indépendante a été commanditée auprès de deux des trois agences, en l’occurrence, Moody’s et Standard and Poor’s. Moody’s a achevé son travail d’évaluation et, en accord avec le Gouvernement, les résultats ont été rendus publics en date du 6 septembre 2013 sur le site de l’agence. Toute personne intéressée peut accéder aux détails de l’évaluation qui s’y trouvent.Quels sont les critères retenus pour la notation ? Donner un avis sur un émetteur souverain éventuel signifie évaluer les différents facteurs susceptibles d’affecter sa solvabilité. La notation de Moody’s est basée sur les facteurs suivants : La solidité de l’économie. Ce critère interroge la capacité de l’économie à produire de la croissance et apprécie le niveau de vie de la population. Une croissance élevée traduit une création significative de richesses.Quant au revenu par habitant, il donne une indication sur le niveau moyen de richesse des habitants d’un  pays. La solidité institutionnelleLa solidité institutionnelle a trait à la qualité des  institutions et, par conséquent, à leur capacité à gérer la production et l’allocation de ressources de manière soutenable. En

d’autres termes, l’agence de notation essaye de jauger la qualité de la gouvernance institutionnelle.

3)  La solidité du gouvernementIci, l’agence évalue la solidité tant qualitative que quantitative de la situation budgétaire du gouvernement.

Les dépenses sont-elles à la hauteur des besoins ? Les recettes publiques sont-elles en mesure de couvrir les dépenses courantes et d’investissement ? La dette publique est-elle soutenable ? etc. cette évaluation est similaire à celle qu’un banquier effectue sur les capacités financières de remboursement des agents privés.4)

             La vulnérabilité de l’économie aux chocs exceptionnelsL’agence essaye de savoir dans quelle mesure l’économie du pays est susceptible de résister aux chocs politiques ou économiques internes et externes, c’est-à-dire, ayant leur origine dans d’autres économies ou tout simplement concernant l’économie mondiale.Quelle est la notation de la RDC ? La note attribuée à la RDC est B3 stable. La meilleure note disponible chez Moody’s est la note Aaa qui signifie que  les perspectives de remboursement sont excellentes. La pire note est C, ce qui signifie que l’emprunteur est en situation de défaut de paiement. S’il fallait classer les catégories des emprunteurs en 4 groupes, par ordre croissant du risque, la note de la RDC se situerait dans le 3ème groupe mais, à la dernière place.

            La dette de la RDC présenterait un risque de crédit élevé mais n’est pas considérée comme de « mauvaise qualité » ou « présentant un risque de crédit très élevé ».La perspective stable, contrairement à une perspective négative et positive, signifie que l’agence ne s’attend pas à un changement significatif à court terme dans un sens comme dans l’autre sauf, évènements non anticipés.Pourquoi un tel résultat ? Le  résultat s’explique, selon Moody’s par les éléments suivants : L’économie congolaise est fragile malgré un potentiel de croissance très important.

            La grande précarité institutionnelle mais des perspectives d’amélioration sérieuses vu les réformes en cours.

La faiblesse des paramètres budgétaires avec une amélioration effective et attendue

La vulnérabilité de l’économie congolaise à des chocs politiques, comme le conflit à l’Est, et économiques extérieurs, en particulier, une baisse du prix des matières premières.Moody’s ne classe pas la RDC dans la toute dernière catégorie parce qu’elle reconnaît les progrès réalisés par le pays et s’attend à des résultats effectifs découlant des réformes en cours.Quel est le but d’une notation en ce moment ?Une notation en ce moment est une traduction de la volonté du Président de la République de mettre en avant la transparence sur la gouvernance en RDC. Il est dorénavant question de dire ce que l’on va faire, et de faire ce que l’on a dit, et ce, tout en se soumettant à l’appréciation objective des autres, dont les investisseurs.Quelle leçon tirer de cette évaluation ?Il

faudrait être conscient de la fragilité de notre économie et des risques internes et externes auxquels elle doit faire face. La meilleure stratégie est dès lors une gestion rigoureuse et prudente si nous envisageons d’améliorer cette note et d’attirer davantage d’investisseurs. Le chemin à parcourir est long, mais il faut maintenir le sacrifice et endurer les réformes.ConclusionLe Chef de l’Etat est attentif aux implications de la notation.

            Il s’engage résolument à améliorer la note qui est attribuée à notre pays. Le Gouvernement, tout en poursuivant les efforts, en appelle aux partenaires extérieurs pour accompagner la RDC dans la voie du développement. Un appel tout aussi pressant est lancé aux investisseurs nationaux et étrangers à participer au mieux de leurs intérêts au décollage de l’économie congolaise.Je vous remercie.

Leave a Reply