Masina opte pour l’auto-prise en charge

 


Les  personnes de passage à Masina,  ces jours ci, plus précisément le 20, 21  janvier 2011 se sont « offerts »  des concerts sans débourser  le moindre frais.  Sifflets à la bouche, ou encore tenant des couvercles de casseroles qu’ils  faisaient tinter pour faire fuir des potentiels éléments armés, des jeunes gens pour la plupart, de Masina, quartier 3, ont quasiment passé la nuit à la belle étoile ces jours ci.  Le concert des casseroles offert gracieusement aux passants, qui en soi n’est pas une nouveauté, a été simplement imaginé pour faire fuir des inciviques.  Qui ont pris la vilaine habitude de semer la mort à l’Est de la capitale. . Le vacarme assourdissant couplé à la brûlure des pneus traduit  la volonté des habitants des avenues Sukambundu, Bikotikala, Losso, Kiala etc …., de se prendre eux-mêmes en charge.

    L’idée d’initier ce concert des casseroles a pris corps juste après l’assassinat d’Hervé Mbembo,  un étudiant fraîchement sorti de l’Ista en date du 20 janvier 2011 et d’autres drames qui ont eu lieu à Masina ce jour là.
    Ayant fait le constat selon lequel  les éléments de police commis à la sécurisation des biens et des personnes à Masina ont  failli à leur mission, les habitants de Masina  ont fait comprendre  clairement aux commandants du district de Tshangu et celui du commissariat de Masina le jeudi pqssé qu’ils allaient assurer leur sécurité eux-mêmes. En clair, ils ne voulaient plus des patrouilles policières.  N’étant pas parvenus à leur  faire changer d’avis ,  les deux gradés de la police se sont résolus à les laisser agir à leur guise.
    De passage au quartier 3, Masina, hier dimanche, le Phare a vu des pneus ayant servi à l’éclairage  des concerts de ces derniers jours, joncher  encore le sol.
    Entre temps, les noctambules ont commencé à surveiller la marche des  aiguilles de leurs montres. Dès 20 heures, les rues commencent à se vider.  Dépassé 21 heures, les gens se terrent chez eux. Inutile de dire que les tenanciers des bars sont dans l’angoisse.
    «Le climat d’insécurité dans lequel nous vivons nous oblige à  satisfaire nos besoins élémentaires dans nos maisons. C’est humiliant mais nous n’avons pas d’autre choix », a-t-on entendu de la bouche d’un quinquagénaire. Jusqu’à quand la population va-t-elle assurer sa propre sécurité ?
Quels sont les éléments armés qui sèment la mort et la désolation à Mpasa, Kinkole, Masina, Mikonga… ?
Pourquoi ces inciviques ont-ils choisi l’Est de la capitale ?
    Autant des questions que se posent les kinois de Tshangu et pour lesquelles , la hiérarchie policière est appelée à trouver  rapidement  des réponses mais aussi des solutions .appropriées. De nombreux habitants de Masina rencontrés au cours de notre ronde dominicale d’hier  ont dit avoir le sentiment d’être des « laissés pour compte ».
                                          L’écolier Mbunga toujours en soins intensifs

    L’occasion faisant le larron, nous nous sommes intéressés à un écolier blessé grièvement le jeudi 20 janvier 2011 peu après le décès tragique d’Hervé Mbembo.
    Domicilié sur l’avenue Loso 130, et âgé de 11 ans, Gaetan Mbunga est toujours en soins intensifs au Pavillon 4, à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa. Il pourrait  commencer à s’alimenter normalement  ce mercredi, a-t-on entendu de la bouche de sa tante Florence  Bikuala. Comme écrit dans notre édition du vendredi 21 janvier 2011, les médecins sont parvenus à extraire la balle qui s’était logée au niveau des intestins.
Ce jeudi là,  a indiqué Florence Bikuala, le gamin se rendait à l’Ep Malamba, où il étudie.
    Et comme, en ce moment là, les policiers tiraient des coups de feu en l’air pour disperser la foule qui exprimait sa colère suite à l’assassinat d’Hervé Mbembo, un élément de police avait braqué son arme en  direction des « manifestants ». Un jeune homme, certainement visé, esquiva une balle qui allait probablement l’atteindre.
La balle continua sa trajectoire, heurta un poteau électrique  et termina sa course dans le ventre de Mbunga. Dieu merci, il fut acheminé rapidement à l’hôpital Roi Baudouin et de là, transféré à l’ex-Mama Yemo.
    Les médecins ne se sont pas encore prononcés sur la date de la sortie d’hôpital, a-t-elle ajouté.
Gaetan Mbunga est fils unique du couple Mbunga et Mbengina Bikuala. Il est en 3ème année primaire.

            Jean- Pierre Nkutu

 

Leave a Reply