Mashako rappelle l’UPN à l’ordre

  Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), le professeur Léonard Mashako Mamba a animé un point de presse le samedi 18 septembre 2010 dans la salle de promotion de l’Institut supérieur de commerce (ISC) pour confirmer sa décision de fermer les établissements et./ou les filières d’études médicales. Il s’est appesanti particulièrement sur le cas de l’Université pédagogique nationale (UPN) dont les responsables et les étudiants ont multiplié les déclarations dans les médias depuis le 4 septembre dernier.

            Il a signalé que la capacité d’accueil de l’UPN est de 1.000 places, mais elle reçoit 12.400 étudiants, soit un dépassement de 11.400 étudiants. Plusieurs auditoires sont dépourvus de bancs et les laboratoires manquent des matériels didactiques et de mobiliers appropriés. Le ministre a relevé une mauvaise exécution des programmes, car les cours ne se donnent que 3 jours par semaine par promotion.

            Il a rappelé que pour être viables, les établissements et/ou les filières devraient avoir une cote entre 50 et plus sur 100, intermédiaires entre 40 et 49 points et non viables sont ceux qui ont moins de 40 points sur 100. La filière Sciences infirmières de l’UPN  a reçu le score de 28 points sur 100 ; la filière Nutrition diététique 31 points sur 100 ; la filière Techniques de laboratoires 29 points sur 100.

            Il n’a pas manqué de relever les contradictions entre certains responsables de l’UPN qui soutiennent d’une part que les filières d’études médicales ont recruté 4.000 étudiants alors que d’autres sources parlent de 2.000. Et pourtant, lors de l’enquête  de viabilité dont les résultats ont été rendus publics il y a quelque temps, le nombre des étudiants inscrits était de 931. 

            Mashako Mamba n’a pas manqué de souligner le dysfonctionnement de l’UPN né du décret n°05/007 du 23 février 2005. Il a dit que les programmes des cours dispensés ne sont pas sanctionnés par un texte réglementaire, le caractère illégal des grades académiques conférés et la contradiction flagrante entre l’établissement UPN, les missions lui assignées et les programmes des cours en vigueur. Il a dit en bref qu’en devenant une université, on avait changé le contenant, mais le contenu est resté le même.

            Prenant la parole à cette occasion, le président du Conseil national de l’ordre des médecins, Dr Mbutuku Mbambili a confirmé que le conseil a été associé à l’enquête de viabilité. Le conseil a commencé à réfléchir sur ce problème depuis 1995 et lors de son congrès tenu en 2008. L’ordre des médecins avait constaté des failles dans la formation des médecins. Il avait épinglé à l’époque entre autres le manque des mesures d’accompagnement dans la création des facultés de médecins, la détérioration de la qualité de la formation théorique et pratique. L’Ordre des médecins est heureux de constater que le ministère de l’ESU a rencontré quelques unes de ses préoccupations soulevées lors du congrès de 2008. Le ministre s’est engagé à rendre publiques les recommandations de ce congrès. Le président de l’Ordre des médecins a mis en garde tous ceux qui déclarent que leurs institutions forment mieux les médecins que telle autre, seul, l’Ordre qui emploie les médecins se réserve le droit de diffuser une telle information.

            Dr Mankoy Badjokoy, président du Syndicat national des médecins (SYNAMED) a pris la parole pour rappeler qu’ils avaient connu une génération des médecins congolais qui a fait la fierté du pays à travers le monde autant l’actuelle génération leur crée des sérieux problèmes. « Il nous faut nous arrêter, faire l’autocritique, prendre des décisions, mêmes difficiles et repartir d’un bon pied », a-t-il recommandé.

 

Komba Djeko, président de l’Association nationale des infirmiers du Congo (ANIC) avait aussi pris la parole pour dire que la qualité des soins dépend de la qualité de la formation des ressources humaines. L’ANIC a accueilli favorablement la décision du ministre et pris des mesures d’accompagnement. Ainsi par exemple, ils ont demandé à tous les infirmiers enseignant dans les établissements et/ou filières fermés de cesser et ils ne peuvent plus accepter des médecins stagiaires pour les soins de santé car ce programme a été supprimé dans les universités. Le président du syndicat des infirmiers était intervenu pour confirmer les propos du président national de l’ANIC. 

            Le ministre de l’ESU estime qu’il est temps de redresser ce secteur et revenir aux standards internationaux, car aucune université congolaise n’est reprise dans le classement de 100 premières universités au niveau du continent et dans les 6000 premières universités sur le plan international. Il a signalé que la Chine a 500 universités et instituts supérieurs, l’Inde 400, l’Allemagne 300, la France 250, la Rd Congo plus de 2.000, mais avec quel enseignement?  

Jean- René Bompolonga

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