Mashako ferme 265 établissements des filières médicales

Le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), le professeur Léonard Mashako Mamba, a décidé de fermer 265 établissements jugés non viables des filières médicales à travers le pays. Il a annoncé cette information le samedi 4 septembre 2010 dans la salle des conférence de l’ISP/Gombe. C’était en présence du Secrétaire général du ministère de la Santé, Lokadi, du représentant de l’OMS en Rd Congo, Dr Matthieu Kamwa, de la directrice du programme santé de

l’ambassade du Japon, Mme Kayo Kaneko, des membres des comités de gestion des établissements d’enseignement supérieur, ainsi que de plusieurs invités. 

       « Sur les 506 filières organisées dans les 11 provinces de la Rd Congo, seules 80 ont été jugées viables (15%), 161 ont été trouvées de niveau intermédiaire (31,8%) et 265 soit 52,3% de l’ensemble sont en-dessous des normes de viabilité et sont donc non viables », a déclaré le ministre de l’ESU. 

Il a indiqué que plus de la moitié des établissements concernés n’ont ni infrastructures, ni matériel didactique, ni bibliothèque, ni salle technique, ni installations hygiéniques appropriées et surtout, ils n’ont pas un personnel qualifié dans les domaines concernés. Cette décision est consécutive à un audit organisationnel et à l’enquête de viabilité organisés de février à mai 2010 avec un financement de 240.000 dollars américains offert par la coopération japonaise (Jica). Cette enquête concernait les filières suivantes : les facultés de médecine, les facultés de pharmacie, les écoles de santé publique, les instituts supérieurs des techniques médicales et les institutions ayant entre autres la filière des sciences infirmières,

       Certains établissements ne sont pas fermés, mais quelques unes de leurs filières sont fermées. A Kinshasa, les filières de nutrition diététique, sciences infirmières et techniques de laboratoire de l’UPN sont fermées ainsi que la filière de la médecine humaine de l’Université chrétienne de Kinshasa. Dans le Bas- Congo, 2 établissements publics et 4 privés sont concernés par cette mesure. Ainsi, à titre d’exemple, les filières nutrition diététique et les sciences infirmières de l’Institut supérieur des arts et métiers de Kidima et la filière médecine humaine de l’Université protestante de Kimpese sont fermées.

       Dans le Bandundu, 2 établissements publics et 4 privés sont concernés tel que les filières gynécologie, l’enseignement et administration en soins infirmiers, les techniques de laboratoire et la chirurgie de l’ISSS-Kikwit. Au Kasaï Oriental, 3 établissements publics et 6 privés ont été frappés, comme les filières santé publique et sciences biomédicales du Centre universitaire de Mwene-Ditu. Au Kasaï Occidental, une seule filière, la santé publique, du Centre universitaire de Kananga- extension UNILU est touchée.

       Au Katanga, 3 établissements publics et 4 privés sont concernés, comme les filières médecine humaine et santé publique du Centre universitaire de Kalemie, la filière sciences infirmières de l’Université du Cepromad Likasi. Dans la Province Orientale, 3 établissements publics et 1 privé sont concernés par la mesure de fermeture. C’est le cas des filières santé publique, des orientations hospitalière et accoucheuse de la filière sciences infirmières du Centre universitaire de Bunia, extension de l’Université de Kisangani.,de 3 établissements publics et 4 privés au Nord-Kivu, 1 établissement public et 3 privés au Sud-Kivu, 1 établissement public et 1 privé à l’Equateur. Aucune filière n’est concernée dans le Maniema.

       2 établissements privés à Kinshasa sont fermés. Il s’agit de l’Institut supérieur des techniques de génie sanitaire (ISTGS) et de l’Institut supérieur d’enseignement médical (ISEM-Omeco). 1 établissement public et 4 privés dans le Bas- Congo ; 2 établissements publics et 8 privés dans le Bandundu ; 7 établissements publics et 6 privés au Kasaï oriental ; 5 établissements publics et 4 privés au Kasaï Occidental ; 8 établissements publics et 8 privés au Katanga ;  4 établissements publics et 4 établissements privés dans la Province Orientale ; 4 établissements publics et 3 privés dans le Maniema ; 3 établissements publics et 2 privés au Nord- Kivu ; 3 établissements publics et 2 privés au Sud- Kivu ; 4 établissements publics et 5 privés à l’Equateur.

       Le ministre Mashako a souligné que les résultats de l’enquête ont été rendus publics le samedi 4 septembre 2010 afin de permettre aux étudiants qui étaient dans ces établissements et/ou filières non viables qui vont être fermés en conséquence, de s’orienter à temps vers les établissements viables avant la rentrée académique 2010-2011. Comme mesures conservatoires pour les étudiants, ils seront admis sur concours dans les établissements autorisés à fonctionner et ayant les mêmes filières. Pour le personnel enseignant, il y aura examen cas par cas des dossiers en ce qui concerne les établissements publics, en vue de leur affectation par transfert dans d’autres établissements où ils sont éligibles au regard du statut et des prescrits réglementaires. 

Réactions 

       Prenant la parole à cette occasion, le secrétaire général au ministère de la Santé, Dr Lokadi, a déclaré que « le travail qui est fait touche à l’intégrité humaine. Rien que dans la ville de Kinshasa, il y a 100 décès par jour et quand on regarde de plus près, c’est la qualité des soins fournis qui fait défaut. Dans le plan de développement sanitaire pour lutter contre la surmortalité, l’un des axes s’oriente vers les ressources humaines. Le ministère de la Santé

n’est plus en sécurité en ce qui concerne les ressources humaines produites par l’ESU. Nous imposons maintenant un stage professionnel de 12 à 18 mois malgré la présentation d’un diplôme d’université pour tenter de résoudre le problème. Ceux qui font des stages les passentsouvent dans des formations où il n’y a pas suffisamment des places pour les stagiaires. »

       Le représentant de l’OMS en Rd Congo, Dr Matthie Kamwa a quant à lui dit : « C’est un moment fort et douloureux. C’est le jour et la nuit entre les prestataires et les contenus des cours. Nous soutenons la démarche préconisée et nous sommes de cœur avec le ministère car il faut beaucoup de courage pour amener les uns et les autres à adhérer.

L’avenir du Congo est d’abord dans les hommes. L’OMS est disponible de vous accompagner dans un certain nombre des problèmes, surtout en ce qui concerne les contenus des cours qui doivent tenir compte des besoins des infrastructures hospitalières. »

       Au nom de tous les infirmiers, le président national de l’Association nationale des infirmiers du Congo, Komba Djeko, a félicité le ministre pour cette décision. « Les problèmes sont connus de tous et les solutions sont maintenant à notre portée. La décision de fermer les ISTM est bonne, mais les mesures d’application posent problème, car on a beaucoup de diplômés et on ne sait pas d’où ils viennent.

L’association est derrière le gouvernement et compte saisir les cours et tribunaux contre tout celui qui va spolier les sciences infirmières. »

En passant, il a signalé au ministre le fait qu’il y a des cours techniques de 120 heures confiés à des professeurs visiteurs qui les expédient en une semaine et les travaux de fin de cycle sont pratiquement les mêmes d’un ISTM à l’autre. 

Autres établissements fermés 

       Le ministre a aussi annoncé la décision de fermer ISTA/Kindu, ISTA/Kalima, ISTA/Bukavu et IBTP/Kindu car ils ne disposent ni d’infrastructures, ni de matériels didactiques, ni d’enseignants, ni d’une adresse. 

Jean-René Bompolonga

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