Mapping Report : les pressions sur l’ONU s’accentuent..

Après les menaces du Rwanda de revoir son partenariat avec l’ONU au cas où le «Mapping Report » de l’Onu était publié tel que produit par ses enquêteurs, l’univers des ONG de défense des droits humains bouillonne d’indignation et de protestation. Elles viennent d’entamer, à l’unisson, la campagne de sensibilisation de tous  les Etats et tous les peuples épris de justice au génocide ignoré ayant eu pour terre d’accueil le Congo-Kinshasa entre 1993 et 2003. 

         Les pressions des organisations non gouvernementales des droits de l’homme sur l’ONU, aux niveaux tant interne qu’externe, s’accentuent donc. L’objectif commun est non seulement de contraindre cette institution planétaire à respecter la date du 1er octobre 2010, annoncée comme celle de la publication offcielle du rapport mais surtout de s’assurer qu’aucune manipulation politicienne ne viendrait en altérer la quintescence et ainsi assassiner les civils étrangers et les 5 millions de Congolais victimes de la barbarie humaine  pour la seconde fois. 

         Dans le but de mobiliser davantage l’opinion tant congolaise, africaine que mondiale, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), organise ce mercredi 08 septembre 2010 à 15 heures à Paris, une grande conférence de presse autour de ce qui est connu désormais sous le label de « Mapping Report » des Nations Unies. Programmée au CAPE (Centre d’Accueil de la Presse Etrangère), cette activité sera animée conjointement par Florent Geel, Responsable du Bureau Afrique de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Christophe Chatelet, journaliste au quotidien français Le Monde et Didier Mwati, Responsable du Collectif CADDHOM au Sud-Kivu (RDC).

         L’entrée en scène de la FIDH fait penser à la mise en chantier, par les Ong des Droits de l’Homme, de la grande artillerie visant le refus de l’impunité dans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RDC de 1993 à 2003, sous les divers régimes au pouvoir avec le concours de plusieurs armées des Etats de l’Afrique Centrale et des Grands Lacs. Lorsque l’on pense au  lobbying mené par cette structure dans l’affaire des massacres de Bangui imputés aux troupes du MLC, au point d’entraîner des poursuites judiciaires contre le Sénateur Jean-Pierre Bemba devant la CPI (Cour Pénale Internationale), on est fondé à croire que les Nations Unies ne vont pas rester sourdes aux messages qui vont être délivrés ce mercredi, à partir de la capitale française.

         On rappelle qu’ici au pays, 212 ONG de défense des droits de l’homme sont montées au créneau pour s’approprier le rapport de l’ONU.

         Les autorités congolaises, principales intéressées au dossier qui concerne la réhabilitation de la mémoire des millions de compatriotes fauchés et violentés injustement pendant dix ans, auraient intérêt à ne pas rater le train des pressions qui s’exercent sur l’Onu dans le but d’empêcher que ces innocents soient versés dans le compte des pertes et profits, comme tente de le faire le gouvernement rwandais.

         Quant à la Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, Mme Navy Pillay, elle a confirmé la date du 1er octobre 2010 pour la publication officielle du rapport sur les crimes de guerre et autres graves violations des droits de l’homme en RDC, ainsi que les observations des gouvernemets dont les pays  son cités. «A la suite des demandes, nous avons décidé de donner aux Etats concernés un moisd à la suite des commentaires sur le projet… J’ai proposé de publier ces observations avec le rapport lui-même, s’ils le souhaitent», a-t-elle indiqué. Mme Navy Pillay n’a pas fait mystère de son avis quant au caractère extrêmement grave des faits signalés dans le rapport.

Jacques Kimpozo

 

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