Manifestations de protestation des partis d’opposition : la complicité «Policiers-Pomba» dénoncée !

Quelques jours après la marche de protestation de l’UDPS, on en sait un peu plus aujourd’hui, sur l’origine des incidents déplorables survenus sur le boulevard du 30 juin.

Tous les médias sérieux qui ont couvert cette manifestation, ont noté la présence de deux groupes bien distincts, ayant des visées diamétralement opposées. D’un côté, il y avait les combattants de l’UDPS encadrés par les ténors de leur parti politique, marchant avec des rameaux, et montrant qu’avec les mains nues, ils finiront par obtenir la prise en compte de leurs revendications. De l’autre côté, des journalistes ont identifié des groupes des marginaux surnommés «Pomba» venus des communes de Barumbu, Kinshasa et Lingwala, et qui étaient massés derrière l’Hôtel de Postes, et vers le rond-point de l’Afrique centrale. On dit qu’ils étaient dotés des armes blanches, notamment des machettes, des couteaux et autres barres de fer et des pierres.
Ce sont eux qui, après avoir été drogués, lançaient des pierres sur les policiers et des véhicules en circulation. Visiblement, ils étaient animés de l’intention délictueuse de tout saccager au centre-ville, afin de faire attribuer ces casses aux combattants de l’UDPS.

Pire, ils ont démontré leur forte capacité de nuisance en s’attaquant aux cameramen, aux journalistes et photographes qui faisaient leur métier de couvrir cette manifestation. Dans le tas, on cite les pombas : maître Mushi alias Chaleur et maître Torowa Ghislain qui avaient arraché des caméras de Canal Numérique Télévision ( CNTV) et RTCE ( la Radio Télévision Catholique de l’Espoir). Avec leurs comparses, ils ont cassé les pare-brises des véhicules qui se sont retrouvés dans leur sillage, avant de disparaître dans les quartiers de leurs communes. Identifiés comme des fauteurs de troubles patentés, on sait à quels groupements politiques ils appartiennent et l’on devine aisément, la mission qui a été la leur, en s’attaquant aux policiers déployés sur le terrain.
La justice devrait mettre la main sur ces inciviques, les ennemis de la démocratie, et leurs parrains qui estiment que rien ne doit changer dans ce pays assoiffé du mieux-être pour ses populations.
Ce qui est surprenant et même déplorable, est que ces marginaux n’ont pas été interpellés par la police, ni inquiétés par les témoins des scènes révoltantes des jets de pierres, craignant probablement des représailles.

Cette méthode d’organiser des « contre-marches » pour déstabiliser les partis adverses, a été critiquée non seulement par les leaders de l’opposition, mais aussi par des médias qui luttent aujourd’hui, pour l’organisation des élections apaisées, crédibles, transparentes et qui ne souffriraient pas de contestations majeures.
Qu’on leur ait arraché les matériels, n’était-ce pas une façon de décourager les journalistes à faire leur travail, mieux un frein à la liberté d’informer?
En créant ces violences, que cherchent les partis adverses? N’est-ce pas la spirale de la violence ? N’est-ce pas là aussi un comportement qui place les forces de police dans une position inconfortable ?

Un ténor de l’opposition n’a pas manqué de prévenir que si ce jeu dangereux continue, ils s’en prendront à ces marginaux dont on connaît les adresses, et leurs activités de toxicomanie et de criminalité.
A l’UDPS, on persiste et l’on signe : aucun combattant ne tenait une pierre, ni un caillou. D’ailleurs, le Secrétaire général et les autres cadres du parti étaient tous mains nues. C’est une consigne sacrée à laquelle on ne déroge jamais, quel que soit le degré de répression. A l’UDPS, a-t-il fait remarquer, leur principe de base, c’est la non violence.

Les unités de la police devraient réprimer ces « contre-marches »

Pour cette manifestation de l’UDPS, diverses unités de la police ont été déployées sur le terrain, pour disperser les manifestants et les empêcher d’atteindre le siège de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Leur prestation n’a pas été appréciée cette fois. Bien d’observateurs ont noté un usage disproportionné de la force contre des manifestants marchant mains nues. On ne devrait pas dans ce genre de situation, recourir aux armes létales, puisque l’on parle des blessés par balles. Si la police n’est pas encore outillée pour bien encadrer les manifestations publiques, sécuriser les partisans des partis politiques de l’opposition, c’est qu’il y a un sérieux problème d’hommes et de méthodes de travail. Pour les hommes, sont-ils formés pour les opérations de rétablissement de l’ordre public perturbé ? Toutes les unités d’intervention dépêchées sur le lieu, sont-elles équipées en matériels non létales ?

Si tel n’est pas le cas, il faut souhaiter qu’à l’approche de la période des élections, les différentes unités de la police impliquées dans toutes les étapes de sécurisation des élections, soient équipées comme il se doit. Ne pas satisfaire à cette exigence légale, c’est laisser libre court à tous les dérapages aux conséquences incalculables. Qu’adviendrait-il si par une carence de matériel d’intervention, les policiers étaient amenés à recourir comme de coutume aux armes de guerre, causant des morts dans certains coins de la république, hostiles au pouvoir en place ? Les dirigeants élus dans cette situation seront-ils installés ? Sauront-ils se faire obéir par la population révoltée, victime de la répression aveugle ?

Aujourd’hui, à l’analyse des faits, ont fait remarquer que de nombreux observateurs, les Pombas sont instrumentalisés pour contrer les marches de protestation des formations politiques de l’opposition, mais aussi pour tenter de neutraliser la police et créer des troubles dans la ville. C’est là un des ingrédients pour provoquer des émeutes et même une guerre civile.
A la lumière de ces incidents provoqués par des « infiltrés » et autres « forces négatives » en petits formats, la vigilance doit être de mise pour assurer désormais un meilleur encadrement des manifestations des partis d’opposition.
Dans le souci de préserver l’ordre public, le commun des mortels déplore le fait que les policiers déployés sur le terrain n’aient pas neutralisé ces marginaux, ni appréhendé quelques meneurs. C’est là un manquement qui ne rassure pas pour la suite des événements et des manifestations publiques. Un sage l’a dit : il est aujourd’hui, facile d’allumer un incendie, mais souvent, on ne sait toujours pas comment l’éteindre et éviter des dégâts déplorables.

J.R.T.

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