Mamadou : le procès s’ouvre ce mercredi Beni

Huit civils et quatre officiers supérieurs ainsi que deux anciens gardes du corps de feu le général Mamadou NDALA seront ce mercredi devant la barre du tribunal de garnison de Beni dans le Nord Kivu. C’est ce qu’a déclaré à la presse le capitaine Vicky LOPOMBO, auditeur de garnison de Beni. L’ouverture de ce procès à charge des présumés assassins de ce foudre de guerre était très attendue depuis longtemps par les Ong de défense des droits de l’homme locales et internationales, la Monusco, les chancelleries occidentales accréditées à Kinshasa, les forces vives congolaises, la classe politique, toutes tendances confondues.

 A l’annonce de cet assassinat, rappelle-t-on, des manifestations populaires avaient éclaté de manière spontanée à travers les différentes villes et localités des provinces Orientale, du Nord et Sud Kivu réclamant le lancement des enquêtes judiciaires à ce sujet avant l’ouverture d’un procès pour sanctionner les auteurs et commanditaires. Pour bon nombre d’observateurs, sans préjuger sur les résultats de ces enquêtes, le doigt accusateur était tourné vers le Rwanda et l’Ouganda accusés d’être les soutiens moraux, militaires et diplomatiques du M23.

 La popularité de cet officier supérieur était si forte que les habitants de Goma étaient descendus en masse dans les rues pour protester et s’opposer contre son rappel à Kinshasa pendant le déroulement des opérations militaires contre les M23. Face à ces mouvements populaires, Kinshasa avait fait marche arrière pour éviter des émeutes dans la ville martyre et paraitre comme complice des agresseurs.

            Le 2 janvier de cette année, la nouvelle de l’assassinat de celui qui était encore au grade de colonel et commandant du 42ème bataillon des FARDC en opérations militaires sur le front de l’Est avait provoqué un tollé généralisé tant dans cette province du Nord Kivu qu’à travers toute la République. Cela, du fait que son nom était intimement lié à la lourde et cinglante défaite infligée par les FARDC aux troupes de la rébellion du M23 qui avaient occupé le territoire de Rutshuru depuis plus d’une année.

            Les circonstances de son assassinat n’ont jamais été élucidées et la plupart des observateurs sont d’avis que feu le général Mamadou NDALA a été victime d’un vaste complot ourdi par ceux qui n’ont pas bien digéré cette défaite cuisante infligée au M23. D’une part, il s’avère que cet assassinat est survenu non loin de l’aérodrome de Beni qui constitue l’un des lieux les plus sécurisés de la ville surtout en ces temps des opérations militaires pour réduire le plus possible les poches des groupes armés irréguliers qui pullulent dans cette partie du territoire national. D’autre part, feu le général Mamadou NDALA était à la tête d’une forte colonne motorisée équipée d’armes lourdes qui ne pouvait pas se faire surprendre par une quelconque embuscade.

            Autant des zones d’ombre qui feront l’objet des débats fort animés au cours de ce procès qui s’annonce palpitant et riche en rebondissement. L’opinion voudrait connaitre les tenants et les aboutissements de cet assassinat odieux d’un des fils dignes du pays et brillants officiers supérieurs des FARDC dont la bravoure et la témérité sur les divers champs de bataille demeureront à jamais gravées dans les annales de l’histoire militaire de ce pays.

            Alors que l’on n’avait pas encore séché les larmes de cet assassinat, voilà que sept mois après un autre foudre de guerre en la personne du général de Brigade Lucien BAHUMA qui avait remplacé le défunt a connu le même triste sort en tombant aussi dans une embuscade lui tendue probablement par ceux-là qui n’ont pas toujours digéré la lourde et cuisante défaite du M23. Coïncidence pour le moins fortuite, les deux vaillants officiers supérieurs proviennent tous de la Province Orientale et ont toujours été au front à l’Est, notamment dans les provinces Orientale, du Nord et Sud Kivu. Où ils ont laissé des souvenirs indélébiles des brillants officiers et excellents meneurs d’hommes parmi les populations locales et les autorités tant civiles que militaires.

                                                                       F.M.      

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