Malumalu entendu pour délit d’initié et violation des droits de l’homme

MONUC DSRSG Ross Mountain Gives Press Conference in Goma, NorthL’abbé Apollinaire MalumaluMuhongolu, président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), a été longuement entendu dans la matinée d’hier lundi 11 août 2014  au Parquet Général de la République. On croit savoir que ce serait dans le cadre de l’instruction pré-juridictionnelle de la plainte déposée à sa charge par l’Opposition politique, il y a trois semaines, dans laquelle il lui est reproché la violation des droits de l’homme et le délit d’initié.

            Rien n’a filtré de cette audition, que certains observateurs ont qualifié de très longue. Le temps passé par l’intéressé dans les locaux du Parquet Général de la République a donné lieu à la folle rumeur de son arrestation et son placement en détention préventive, amplifiée par un média audiovisuel de la place. Il n’en fallait pas plus pour faire accréditer la thèse du commencement des ennuis judiciaires pour l’abbé Malumalu, que de nombreux compatriotes tiennent pour un des responsables du non respect de la vérité des urnes lors des élections présidentielle et législatives nationales de 2006 mais aussi pour le planificateur présumé d’un processus électoral non transparent pour le bail de 2014 à 2016.

            Mais, renseignements pris, des sources judiciaires ont indiqué qu’il était tout simplement « invité » au Parquet Général de la République pour éclairer l’organe de la loi au sujet des éléments encore confidentiels du dossier, avant qu’il ne regagne tranquillement son cabinet de travail. En clair, le président de la CENI n’a été ni interpellé, ni arrêté.

            Au sortir du Parquet Général de la République, l’abbé Malumalu en personne a confirmé son audition par le Procureur Général de la République. Il a justifié la longueur des échanges par son souci de fournir à l’intéressé tous les détails de l’affaire en instruction. Il s’est toutefois refusé à dévoiler l’objet de son « invitation », tout en précisant qu’il n’y avait pas lieu de dramatiser la situation car il était bel et bien libre et prêt à voyager pour Matadi dans le cadre de l’exercice de ses fonctions.

            On rappelle qu’il y a deux semaines, la même juridiction avait auditionné les signataires de la plainte articulée contre l’abbé Malumalu, notamment Martin Fayulu (Coordonnateur des Forces Acquises au Changement), Bruno Mavungu (Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Jean-Bertrand Ewanga (Secrétaire Général de l’Union pour la Nation Congolaise), etc. On pense que les intéressés étaient partis confirmer leur plainte et appuyer les griefs à charge du président de la CENI.

Quelle suite ?

Deux hypothèses sont possibles. La première est que si le magistrat instructeur parvient à réunir les preuves de l’implication de l’abbé Apollinaire Malumalu dans les violations des droits de l’homme et le délit d’initié (recrutement des cadres de l’administration de la CENI sans appel à candidature), des poursuites judiciaires pourraient être éventuellement engagées contre lui. Mais, avant d’en arriver là, ont laissé entendre des sources proches de cette institution d’appui à la démocratie, le Procureur Général de la République devrait introduire une requête auprès du président du Bureau de l’Assemblée Nationale pour obtenir la levée de son « immunité » car c’est la chambre basse du Parlement qui avait avalisé son investiture.

            La seconde hypothèse est que si le dossier est réputé vide, il serait classé sans suite. Nombre d’observateurs penchent pour cette dernière et considèrent le passage de l’abbé Malumalu par le Parquet Général de la République comme une simple formalité, sans conséquence pour son mandat.

                                                                                                                                 Kimp

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