Maluku : la sorcellerie fait une victime de plus

La commune de Maluku est encore bouleversée par une découverte macabre qui continue à agiter toutes les consciences. Des agriculteurs qui se rendaient samedi matin dans leurs champs, ont été surpris de découvrir le corps inanimé d’un enfant âgé de 8 ans, de sexe masculin, suspendu à une corde attachée à un arbre. C’était dans une brousse, à 4 kilomètres du centre de Maluku, sur la route menant vers le village Bende-Bende. 

            La première hypothèse laisse croire que le garçon s’était donné la mort pour des raisons qu’il faudrait élucider. Mais dans un pays comme le nôtre avec nos us et coutumes, des gestes désespérés de ce genre ne sont pas propres à cette tranche d’âge. Quel que soit le problème auquel il a dû être confronté, un enfant de 8 ans  préférerait se réfugier chez des voisins ou aller gonfler les rangs des Shegues, ces enfants de la rue qui vivent des larcins ou de l’aumône.

            En effet, dans notre société, les statistiques de la criminalité ne renseignent pas des cas de suicide des enfants. D’où le doute qui a été émis par les enquêteurs de la police qui ont fait le constat de cette découverte macabre.

Les investigations ont permis d’identifier le garçonnet. Il s’appelait Héritier Bienda, 8 ans, fils de Kalondo, résidant sur l’avenue Kayulu n° 83, quartier Cité Maluku. C’est en interrogeant les voisins que les enquêteurs apprendront que le petit Héritier a été tué par son père qui avait fui son domicile, au lendemain du crime. Appréhendé après des recherches, le meurtrier a été soumis à un feu nourri des questions des enquêteurs, au point qu’il a fini par craquer et par tout avouer. «C’est moi qui ai tué mon fils ! Je le soupçonnais de sorcellerie et beaucoup des gens en parlaient ! Et c’est moi qui l’ai pendu à un arbre avant d’aller me réfugier dans un village voisin!»

A partir de ces aveux, Kalondo fait l’objet des poursuites judiciaires du chef d’homicide.

Ce cas malheureux va s’ajouter au volumineux dossier des enfants-sorciers que dans certaines familles, des parents s’illustraient par des tortures cruelles sur leurs rejetons soupçonnés de sorcellerie, des cas de meurtre ou d’empoisonnement.

            Cette semaine, son dossier sera transmis au parquet de grande instance de Ndjili où il devra donner les détails sur les circonstances de son crime.

            Saura t-il démontrer aux magistrats que son fils était sorcier ? A-t-il des preuves pour appuyer son accusation de sorcellerie? Or, dans l’état actuel de la législation congolaise, la sorcellerie n’a pas encore été érigée en infraction pénale. Il n’y a pas des moyens scientifiques d’investigations pouvant permettre d’établir que tel homme ou telle femme est sorcier. Que telle personne est décédée suite aux envoûtements ou au mauvais sort lui jeté par des sorciers ?

            Rien ne permet pour l’instant, de codifier cette science occulte ni de s’y référer pour débattre des cas de sorcellerie et départager les parties devant les cours et tribunaux.

            Le meurtrier ne pourra être condamné que pour avoir tué son fils et simulé le suicide par pendaison de sa victime. Ce qui est une circonstance aggravante.

                                                                                           J.R.T.

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