Malgré le retrait du M23, Goma toujours en sursis

 

Ce vrai-faux retrait des troupes du M23 apparait de plus en plus comme une farce de mauvais goût et une nouvelle pièce de théâtre que les commanditaires et exécuteurs de ce cruel complot contre la RDC ne cessent de jouer sans gêne ni vergogne pour poursuivre leur sale besogne sous l’œil et la barbe de l’opinion internationale. Selon des sources crédibles, la ville de Goma serait encerclée par des éléments de ce mouvement bénéficiant des appuis militaires solides provenant de deux pays voisins, à savoir le Rwanda et l’Ouganda. Sans oublier des complicités internes qui lui collent tour à tour divers qualificatifs, tantôt une force d’agression, tantôt un mouvement de rébellion et tantôt une bande des mutins.

Pour preuve, selon certaines sources généralement bien informées, notamment un nouveau document des Nations Unies et dont le quotidien américain The New York Times se serait procuré un exemplaire, un bataillon des Forces de Défense Rwandaises évalué entre huit cents et mille soldats fortement armés était entré en territoire congolais et avait pris part à l’offensive sur Goma. Ces éléments de l’armée régulière rwandaise avaient aussi participé aux combats à l’aéroport du chef-lieu de la province du Nord Kivu. Ce rapport se base sur différentes sources dont celles recueillies auprès des correspondants des médias étrangers, des délégués des ONG internationales opérant dans cette sous-région, d’anciens responsables militaires rwandais et ougandais ainsi que des responsables des FARDC et des diplomates accrédités tant à Kigali qu’à Kampala et dans certains pays de l’Est.

Les éléments de ce bataillon avaient été déployés dès la fin du mois d’octobre sur des positions de ce soit-disant rebelles, mutins ou agresseurs situées dans les localités congolaises de Bukima et Tshengerero, en plein territoire de Rutshuru. Toujours selon ces mêmes sources, sept compagnies des Forces de Défense Rwandaises avaient appuyé le M23 lors de la deuxième offensive de Kibumba lancée le 17 novembre dernier et qui a permis la conquête  trois jours après, de la ville de Goma. Pire, c’est le général Bosco NTAGANDA, pourtant recherché par un mandat d’arrêt lancé par la CPI pour des crimes de guerre et contre l’humanité perpétrés en Ituri aux côtés de Thomas LUBANGA, qui a dirigé les troupes du M23 dès l’offensive de Kibumba. 

Kigali pris la main  dans le sac…

Il ne fait plus l’ombre du moindre doute que les forces armées régulières rwandaises

soutiennent ce mouvement, ce qui conforte les termes de deux rapports des experts de l’ONU « selon lesquels le gouvernement rwandais et ougandais ont créé le M23, en recrutant, en équipant, en conseillant, en renforçant et en commandant ce mouvement ». Si ce nouveau document fait état des tirs d’artillerie à partir du territoire rwandais sur les positions tenues par les FARDC, l’on confirme que c’est le général Emmanuel RUVUSHA, pourtant cité dans les deux premiers rapports, qui avait supervisé sur place l’exécution d’une offensive armée planifiée par le général James KABAREBE, aujourd’hui ministre de la Défense du Rwanda assisté par le chef d’Etat major général Charles KAYONGA. Preuve s’il en faut une que cette nouvelle guerre est le fruit d’une planification longue et minutieuse préparée par le gouvernement rwandais au plus haut sommet de l’Etat.      

Vivement un tribunal spécial pénal international sur la RDC

Face au fleuve de sang, aux massacres répétitifs des populations civiles non armées, aux pillages, aux destructions méchantes, aux viols massifs et à ces centaines des milliers d’hommes, femmes et enfants condamnés à l’errance et aux intempéries ainsi que les épidémies indicibles et pour que cela ne se répète plus, les hommes de bonne volonté sont convaincus que seule l’instauration d’un tribunal spécial pénal international sur la RDC peut régler définitivement ce dossier. A l’instar de celui consacré à la guerre civile qui avait sévi en Sierra Léone et qui vient de condamner l’ancien président libérien Charles TAYLOR ou encore plus loin celui de Nuremberg après la deuxième Guerre Mondiale. Dès lors que ce sont des rapports établis par des experts indépendants du gendarme mondial qu’est l’ONU et qui accusent, preuves à l’appui, les hautes autorités de deux Etats voisins de l’Est de crimes de guerre et contre l’humanité. Des accusations gravissimes qui ont conduit quatre compatriotes devant la Cour Pénale Internationale, notamment Jean-Pierre BEMBA qui paie le prix de son appui à un gouvernement légitime et légal attaqué par une rébellion interne, Thomas LUBANGA victime d’enrôlement des enfants soldats, Matthieu NGUDJOLO et Germain KATANGA poursuivis pour crimes de guerre et contre l’humanité. Faute de quoi, aucune paix viable et définitive ne pourra s’installer dans cette région chaude des grands Lacs.

FM

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