«Mabele Elisi» sera pleuré ce week-end au stade des Martyrs

 

          Ipanga Djema « Mabele Elisi »,  est décédé le samedi 10 novembre 2012 des suites d’une courte maladie.  La levée du corps de la morgue de la clinique Bondeko est prévue aujourd’hui vendredi 16 novembre 2012. Ipanga  quitte  la terre des hommes à l’âge de 54 ans. Il laisse une veuve et plusieurs orphelins.

          A en croire des  sources proches du comité d’organisation des obsèques,  un compromis a été trouvé hier jeudi 15 novembre 2012  entre les notables Mongo, la famille du disparu et les membres de l’Union des Musiciens du Congo «Umuco» sur le lieu des funérailles. Le stade des Martyrs est le site retenu pour pleurer et rendre les derniers hommages au défunt.  L’inhumation interviendra demain samedi 17 novembre 2012.

            Malade pendant au moins une semaine  avant son décès, l’illustre disparu se faisait soigner chez lui.  Son état ne s’étant pas amélioré, il a été acheminé le samedi 10 novembre 2012 en début d’après-midi  dans une formation médicale de Kingabwa, commune de Limete.   Et de là ,  il a été transféré précipitamment  à l’hôpital Saint Joseph de la même entité.  Hélas, il est mort en cours de route.                                              Auteur compositeur de renom, il s’était signalé sur le marché du disque avec des titres comme «Visa ya bolingo», «Bandoki ya gentil», «Bawuta», «Zunguluke»  et bien d’autres.  Peintre de la société, il évoquait en des termes clairs et sans y mettre des gants  les travers de notre vie quotidienne.  Il se raconte même que Mabele Elisi était le « petit nègre » de nombreuses stars congolaises de la chanson.  Ces dernières  aussi s’arrangeaient  pour « piquer » ses danses. Si  Werrason , JB Mpiana, Wazekwa, Ferre Gola, Fally Ipupa… sont aujourd’hui des références dans la musique  congolaise dite moderne, Ipanga l’est dans la catégorie tradi- moderne.

            Ipanga a souvent été considéré comme le  porte-étendard du folklore Mongo. Avec sa disparition, ses  poulains de l’orchestre Super 8- 8 et même  les ressortissants de l’espace anamongo sont inconsolables.  Puisant dans la culture mongo, tout en faisant des clins d’œil à la modernité, il  a fait des émules en RDC.   Il y a un mélange du Mongo et du Lingala dans ses compositions. Ayant réussi à se faire un nom grâce à la musique tradi-moderne, il  rêvait de se produire dans les salles mythiques européennes, telles que le Zénith ou l’Olympia de Paris. Autre trait de caractère du disparu, il n’était pas un partisan des polémiques  et pratiques similaires  qui avilissent  la musique congolaise .

            Mabele Elisi avait installé ses pénates dans son fief de Limete, plus précisément à  Kingabwa.   On le voyait aussi agrémenter des soirées dans les communes populaires  de Barumbu, Lingwala, Kinshasa.

             A l’instar de Kabasele Yampania et de Jean Bialu qui nous  ont quittés peu avant  la sortie des albums «Cocktail» et «Kupanda»,  l’album posthume de  Mabele Elisi est sur les bacs depuis hier jeudi 15 novembre 2012.

            «Itokia» contient 8 titres, notamment, «Ordre national», «Bokila Lokondo»,  «Waricho», «Itokia», «Elomana…..»

            Le disparu pratiquait l’art d’Orphée depuis plusieurs décennies. Il a mis du temps à se frayer une place dans le paysage musical congolais. 

          Jean-Pierre Nkutu

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