M. 23 : la grande

On aura tout vu et entendu sur l’insécurité qui prévaut au Nord-Kivu. La dernière nouveauté en date est la surprenante justification, par le M. 23, de son entrée en rébellion contre le pouvoir en place à Kinshasa pour réclamer la vérité des urnes. L’affaire appelle naturellement un paquet d’interrogations. Le premier constat à faire est que ce groupe armé n’a jamais signalé son existence ni pendant l’enrôlement des électeurs, ni pendant la campagne électorale, encore moins au moment de la publication des résultats de la présidentielle et des législatives nationales par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante).

Que le « Mouvement du 23 Mars 2009 » surgisse de nulle part, 7 mois après l’organisation des scrutions présidentiel et législatifs, pour évoquer les fraudes électorales massives et y trouver matière à semer la mort au Nord-Kivu, ne peut qu’intriguer. Quel argumentaire ces mutins pourraient-ils opposer aux compatriotes soucieux de savoir à quelle fin ils ont résolu de s’engouffrer dans un débat qui fait rage sur la scène nationale depuis le 28 novembre 2011 ?
Puisque le colonel Sultani Makenga et ses troupes viennent de se découvrir une vocation de démocrates, c’est l’occasion de leur demander de définir, clairement, à l’intention des millions de Congolaises et Congolais, le rôle qu’ils auraient joué en 2011 pour faire échec aux opérations planifiées de tricherie électorale. L’heure étant à la recherche rétroactive de la vérité des urnes, qu’il plaise aux responsables du M. 23, alors planqués dans le CNDP auraient, de s’expliquer sur leurs interférences dans les opérations préélectorales et dans les bureaux de vote. Car, les rapports de différentes missions d’observation euro-américaines les épinglent au nombre de promoteurs et encadreurs des fraudes électorales au Nord-Kivu.

Une stratégie diabolique pour dédouaner Kigali


Il n’est pas nécessaire d’être un grand analyste politique pour réaliser que le prétexte de la recherche de la vérité des urnes brandi par le M. 23 pour légitimer sa mutinerie contre les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) relève d’une stratégie diabolique. Celle-ci ne vise rien d’autre que de chercher à dédouaner le régime en place à Kigali, actuellement en grande difficulté de convaincre la communauté internationale de sa non implication dans la perturbation de la paix au Nord-Kivu.
Promoteur des rébellions qui secouent l’Est du pays depuis 1996 (AFDL, RCD, CNDP, M. 23), le Rwanda ne sait plus comment masquer son jeu malsain de voisin opposé au retour de la paix et de la stabilité au Congo. Malheureusement pour le M. 23, qui veut faire l’avocat du diable, la mayonnaise de l’escroquerie refuse de prendre. Les Congolais peuvent, de ce point de vue, se réjouir de découvrir petit à petit, grâce aux maladresses des ennemis de la paix dans leur pays, l’origine de l’insécurité récurrente qui frappe le Nord-Kivu depuis deux décennies.

Faire échouer le plan de balkanisation


Le plus dur à faire désormais par le peuple congolais, c’est d’être plus vigilant que par le passé en vue d’éventrer le plan de balkanisation du Congo. Le réveil tardif de leurs gouvernants, qui donnaient l’impression de n’être pas à l’aise face aux preuves de trahison qui s’accumulaient contre leurs homologues rwandais, est un motif de réconfort pour tous.
A présent que les officiels congolais analysent la situation sécuritaire du Nord-Kivu avec le même regard et le même état d’esprit que le commun de leurs compatriotes, il va être difficile au régime de Kigali et à ses complices internes de continuer de parler d’une crise politico-militaire congolo-congolaise au Nord-Kivu. Dans le contexte actuel, les mensonges de Kagame et ses collaborateurs ne peuvent prendre corps dans le débat politique congolais que si certains de nos compatriotes qui détiennent l’imperium acceptent de les accréditer.

Kimp

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