Lutte contre les antivaleurs : le Pacte anti-corruption en voie de finalisation

La Primature, qui a bénéficié  de l’appui de la chancellerie britannique, a organisé hier jeudi 24 octobre 2013 à l’intention des acteurs étatiques, de la société civile et du secteur privé  l’atelier de validation du pacte anti corruption « Pnac ».    Wivine Mumba, la ministre de la Justice,  l’ambassadrice de la Grande Bretagne en RDC, Diane Corner et  son homologue du Canada, ont pris part à la partie protocolaire de cette activité.

Depuis 2012, , la Coopération britannique est en partenariat avec une asbl animée par Chantal Kanynda dénommée  Initiative Anti Corruption du Secteur Privé,  qui travaille  sur l’adoption d’un Code d’éthique des affaires  en RDC. C’est ainsi   que le Premier Ministre a sollicité le concours de la Chancellerie britannique pour l’élaboration d’un Pnac. Willem Landman, directeur d’Ethics Institute of South Africa, a ficelé un draft qui a servi d’outil de travail.

Dans le préambule, il est dit : «Nous nous engageons d’agir de manière exemplaire en respectant l’intégrité, la bonne gouvernance, le respect et la transparence….»

«Pour éradiquer la corruption, nous allons lancer une campagne de sensibilisation  anti- corruption dans tous les secteurs de la société, évaluer régulièrement la mise en œuvre de ce pacte, lit-on plus loin».

Le Forum anti corruption  devrait être une instance où toutes les parties prenantes devaient se réunir régulièrement pour évaluer l’implémentation de sa mise en œuvre.

Dès la seconde année de la signature du pacte, la position de la RDC sur l’Indice de  Corruption de Transparency International et le climat des affaires  devraient s’améliorer de manière significative.

Questions coupe- gorge

Les décideurs politiques congolais sont également des affairistes. Doit-on compter sur le Pnac ?

Pourquoi ne pas précéder l’élaboration d’un Code d’éthique par la signature du pacte ?

Avez-vous des exemples des pays qui ont élaboré des pactes similaires au nôtre ?

Les structures existantes doivent être renforcées. Mais  autant mieux avoir des structures moins costaudes.

La RSA a déjà organisé un forum sur la corruption  et la RDC doit aller plus loin sur ce sujet.

Indicateurs au rouge

De son côté, Diane Corner a affirmé  que la RDC possède tous les atouts pour être une grande nation. Hélas, elle occupe les niveaux les plus alarmants de tous les indicateurs de développement économique et humain, de gouvernance, de facilité d’entreprendre….

La corruption est l’une des entraves principales à la création des richesses, des emplois, à l’épanouissement du secteur privé…

Elle s’est  réjouie d’entendre le Chef de l’Etat congolais exprimer dans son discours du 23 octobre 2013   sa volonté de mettre fin à la corruption.

Le grand défi est  l’existence  d’une réelle volonté politique pour l’application effective des dispositions de la loi et des conventions signées par la RDC.

Elle a formulé le vœu de voir le Pnac être solennellement signé au plus haut niveau de l’exécutif congolais et par les entreprises qui opèrent en RDC.

Wivine Mumba a fait observer que la corruption est un fléau qui ne touche pas seulement la RDC mais aussi plusieurs autres coins du monde. Elle a rappelé le forum  de lutte contre la corruption de décembre 2010, au cours duquel  le pacte anti corruption avait  été évoqué.

Des efforts doivent être faits pour amener un plus grand nombre des Congolais à comprendre le bien-fondé de la mise sur pied d’un Pnac.

Comme la lutte contre la corruption va de paix avec les sanctions positives et  négatives, elle a soulevé également   le cas  de la protection des dénonciateurs.

La ministre de la Justice a demandé aux secrétaires généraux de l’EPSP et de l’ESU d’introduire des modules sur la corruption dans notre enseignement.

Jean- Pierre Nkutu

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