Lutte contre le VIH/SIDA : le fléau se stabilise… mais beaucoup reste à faire

vih_sida_afriqueHier lundi, le siège du Programme national multisectoriel de lutte contre le Sida a reçu une visite inhabituelle et inattendue. C’est le président de la République qui s’est rendu personnellement en ces lieux situés aux croisements des boulevards Triomphal et ex-24 Mai situé dans la Commune de Kasa-Vubu  pour présider la réunion du Conseil National Multisectoriel de lutte contre le Sida. Outre les représentants du Sénat et de l’Assemblée Nationale, qui en sont membres le premier ministre, le ministre de la Santé, un représentant de la société civile et le secrétaire exécutif du PNMLS. Le gouvernement y est représenté par le Vice-Premier Ministre en charge du Budget et de nombreux ministres dont ceux de l’Intérieur, de la Justice, de la Communication et Médias, du Plan, des Transports, des Mines, du Travail, des Affaires Sociales, de l’EPSP, de l’Agriculture et Développement rural, du Genre, femme et famille, des finances. Des partenaires multilatéraux y ont pris part, notamment la Coordination du système des Nations-Unies, l’Ucop, le conseil d’administration de Ciels, l’OMS, l’ONUSIDA, les agences de coopération multilatérale et bilatérale et les représentants des collectifs et associations de la jeunesse en RDC.

Près d’une quarantaine des personnalités provenant de toutes ces organisations se sont retrouvées hier autour de Joseph KABILA pour débattre de six points à l’ordre du jour. Notamment la situation générale du Sida en RDC, le financement durable de la RDC au VIH/SIDA, l’organigramme du PNMLS, l’adoption du Règlement intérieur du CNMLS, l’adoption du Plan stratégique national 2014-2017 et les rôles et responsabilités des secteurs.

Qu’est-ce qui a déjà été fait ? Cette question a été abordée par les participants à cette réunion pour évaluer le chemin parcouru et faire des projections pour l’avenir. C’est ainsi que les délégués du PNMLS ont fait savoir que la mission leur dévolue consiste « de mobiliser tous les partenaires sociaux, notamment ceux du secteur privé et public ainsi que la société civile pour leur engagement effectif dans la lutte contre cette pandémie, assurer le mise en œuvre de la politique nationale en matière de lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles et en faire le plaidoyer pour la mobilisation des bailleurs des fonds ».

Si pour le secteur public, les efforts ont tendu vers l’inscription de la lutte contre le Sida comme l’un des cinq piliers du Document Stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté, pour le secteur privé, les grandes entreprises ont été invitées à intégrer la clause de lutte contre ce fléau  dans la convention collective interprofessionnelle nationale du travail. L’appui de la société civile a porté sur le travail au quotidien avec les associations des personnes vivant avec le VIH/SIDA et les réseaux et filières partenaires du PNMLS. Quant au plaidoyer en direction des bailleurs des fonds, le PNMLS a produit depuis 2007 un rapport d’estimation de l’utilisation de ressources de lutte contre cette pandémie. C’est dans ce cadre que cet organe a produit un programme d’actions prioritaires et son cadre des dépenses à moyen terme.

Le Sida se stabilise  mais…       

D’une manière générale, il apparait que le Sida donne l’impression de stabilité et même de décroissance, malgré la période des troubles qui ont sévi en RDC entre 1996-2003. A Kinshasa, l’on remarque une régression de la séroprévalence qui va de 5,9 % en 1985 contre 1,9 % dans 21 maternités entre 2003 et 2007. A Lubumbashi, l’on observe une augmentation de la séroprévalence de 3,9 % en 1990 et 8,6 % en 1999, mais ces chiffres semblent diminuer depuis lors.

Ce constat a été fait en présence du chef de l’Etat. La question qui se pose est celle de savoir si ces chiffres ne vont pas se renverser dès lors qu’il est établi que les différents centres de santé disséminés à travers la République se trouvent dans un état de délabrement fort avancé. De même, la situation des entreprises commerciales n’est pas enviable pour permettre leur participation efficace à la lutte contre cette pandémie. Et puis, l’on ne cesse de scruter le ciel pour voir dans quel l’état se trouvent des laboratoires de recherche spécialisés dans ce domaine très sensible.            F.M.     

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