Lutte contre le trafic des stupéfiants en RDC : deux nouvelles antennes àLufu et Lubumbashi

Au regard des statistiques de 2012, 2013 et du premier semestre de 2014, qui montrent qu’au lieu de régresser, la consommation de drogues en RDC ne fait que monter, le fléau a pris des proportions inquiétantes.

            A la Coordination nationale de la police judiciaire, cette situation procure des insomnies au commissaire général adjoint Jean Baelongandi. Et c’est à juste titre que pour inverser la tendance, il a instruit le Bureau national de lutte contre les stupéfiants d’intensifier ses actions. En effet, Le commissaire divisionnaire adjoint Jonas Kanakange qui a fait de la lutte contre les stupéfiants son cheval de bataille, a tenu à déployer daantage ses hommes sur le terrain. Avec des effectifs réduits et sans grands moyens, le Bureau national de lutte contre les stupéfiants vient de restructurer ses secteurs opérationnels. La nouvelle stratégie mise en place dans le cadre de l’action répressive, consiste à injecter des limiers de cette unité de la police dans des coins où la consommation du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne et de l’alcool indigène, bat son plein. En amont, le BNLS s’est également donné pour priorité dans le cadre de l’action préventive, d’assécher les sources d’approvisionnement en drogues. En effet, ces drogues entrent par plusieurs voies à travers nos frontières qui sont très poreuses. Notamment par voie fluviale, à partir de petites embarcations, dans les aéroports où le système des chiens policiers n’est pas encore lancé, et enfin, par routes. La volonté des responsables du Bureau national de lutte contre les stupéfiants est certes de parvenir à bloquer toutes les voies d’accès de ces drogues. Mais dans un pays comme le nôtre, aussi vaste qu’un continent, l’intensification de la lutte contre les stupéfiants passe nécessairement par le déploiement de gros effectifs sur le terrain, l’acquisition d’une logistique appropriée et l’ouverture des antennes dans les coins réputés « plaques tournantes » pour le trafic des drogues.

Le commissaire divisionnaire adjoint Jonas Kanakange s’est réjoui de l’ouverture de deux antennes provinciales du BNLS. Si l’une a été ouverte à Lubumbashi pour quadriller la partie Sud-Est où opèrent de nombreux groupes armés et des trafiquants de tous bords, l’autre a été installée à Lufu, dans la province du Bas-Congo, où l’on signale un intense trafic commercial. A travers ce point de passage pour les échanges commerciaux, entre la RDC et l’Angola, on laisse entendre que les drogues provenant de l’Amérique latine, notamment de la Colombie, de la Bolivie ou du Brésil, empruntent cette voie pour atteindre l’Afrique centrale, avant qu’elles soient expédiées vers d’autres pays de l’Afrique du Nord ou de l’Afrique sub-saharienne.

   Comme on peut s’en rendre compte, l’option prise par la Coordination nationale de la police judiciaire d’ouvrir déjà deux grands fronts avant que de gros moyens soient donnés au Bureau national de lutte contre les stupéfiants mérite d’être encouragée et soutenue par les instances supérieures. Car, la RDC qui a aligné dernièrement de mauvaises performances dans la petite et la grande criminalité, devrait déployer davantage d’efforts pour freiner la prolifération des points de consommation de drogues, et aussi bloquer toutes les brèches où passent les drogues en provenance de l’étranger. Les principales places fortes se retrouvent dans les grands centres urbains où les jeunes ayant raté leur scolarisation, se réfugient derrière la toxicomanie et la délinquance avec la complicité ou la passivité de certains parents.

Davantage d’efforts exigés aux pouvoirs publics

            Un des principaux facteurs qui favorisent la recrudescence de la criminalité en milieu urbain, est sans conteste la consommation des drogues. A Kinshasa, selon certains rapports de la police, les malfaiteurs figurent en ordre utile parmi les grands consommateurs des drogues. Car, il est de tradition dans les milieux de la pègre, de fumer du chanvre ou de consommer de l’alcool indigène, avant de commettre des forfaits sur le terrain. Il parait que c’est souvent en état d’ébriété que les bandits commettent les pires crimes, tels que abattre les victimes sans défense et même celles qui n’ont pas opposé une quelconque résistance. On se rappellera que dans certains cas de vols à main armée, les brigands ne rataient pas l’occasion de violer les femmes et les jeunes filles.

            A en croire d’autres rapports de lutte contre l’insécurité établis par des unités de la police, les enquêteurs  sont arrivés à la conclusion selon laquelle, derrière chaque chef de bande, il y a toujours des truands. Et derrière ces délinquants, il y a toujours un vendeur des drogues, des points de consommation des substances psychotropes. Les réseaux sont ainsi constitués en amont, par des cultivateurs, puis viennent les trafiquants qui alimentent les revendeurs. Et en aval, on trouve des consommateurs qui sont, pour la plupart, des membres de la pègre.

J.R.T.

Leave a Reply