Lutte contre le paludisme : l’insectisation et l’utilisation de la moustiquaire en question

moustiqueLa lutte contre le paludisme est à l’ordre du jour. Les statistiques disponibles attestent qu’il constitue la première cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans en RDC. Les mêmes sources confirment que cette maladie est la plus dévastatrice sur toute l’étendue du pays en comparaison avec le VIH/Sida, l’Accident vasculaire cérébral (AVC), le diabète, la tuberculose, etc. au niveau de toutes les tranches d’âge de la population.

Comment combattre cette maladie parasitaire des régions chaudes et marécageuses due au plasmodium et transmise par un moustique, l’anophèle ?

Prévalence de la grippe

En remontant le cours de l’histoire, les informations en notre possession attestant que la maladie la plus répandue affectant la population de la capitale à l’accession du pays à l’indépendance est la grippe ; cette maladie infectieuse, contagieuse et épidémique, d’origine virale et épizootique caractérisée par la fièvre, la fatigue, des céphalées, des courbatures, une rhinite et une bronchite (Le Petit Larousse illustré).  Cette maladie cause beaucoup de dégâts sous d’autres cieux et comporte trois types A, B et C. Des vaccins sont élaborés chaque année en fonction des souches identifiées.

A l’époque, la plupart des Kinoises et des Kinois recourent à l’automédication. Ils font bouillir de l’eau mélangée aux feuilles de certaines plantes avant de procéder à l’inhalation de ces vapeurs de l’eau chaude chargées des principes médicamenteux volatils. Enfouis sous une couverture, les malades transpirent à grosses gouttes. Ce qui a pour conséquence l’évacuation du virus par la  prolifération des moustiques

Au fil des années, Kinshasa connaît une forte extension. L’exode rural et le taux élevé de croissance favorisent l’explosion démographique dans la capitale. La plupart de nouveaux habitants, par ignorance des méthodes de maintien de l’hygiène dans l’environnement, créent les conditions propices à la prolifération des anophèles. Les dirigeants de l’époque continuent l’application de la politique coloniale de lutte contre les moustiques en dotant les services d’hygiène de moyens conséquents dans chaque commune. Régulièrement, les équipes des services d’hygiène descendent sur le terrain pour procéder à l’assainissement de l’environnement : curage des caniveaux, désherbage, désinsectisation, contrôle rigoureux des parcelles, particulièrement des lieux d’aisance, des voies d’évacuation des déchets liquides et solides, des nids de poule etc. Leur action est renforcée par le programme d’épandage par voie aérienne (avions petits porteurs) des produits destinés à la destruction des insectes nuisibles ainsi que par la pulvérisation dans chaque parcelle du DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane), un puissant insecticide organochloré.

Ainsi, la lutte contre le paludisme commence par la racine, c’est-à-dire contre les foyers de prolifération des moustiques. Une campagne de sensibilisation de la population est déployée concomitamment pour faire prendre conscience à tout le monde de la dangerosité de l’insalubrité et de l’absence d’hygiène ainsi que de leurs conséquences dévastatrices sur la santé.

Au fil des années, les responsables en charge de la santé publique lâchent du lest démissionnant de leur mission avec l’abandon de cette politique qui a fait ses preuves. Parmi les raisons avancées figure le manque de fonds alloués à cette campagne de lutte.

Eliminer les sources de reproduction

Depuis quelques années, la RDC a opté pour la consommation à outrance de moustiquaires imprégnées. Ce qui est de la bonne guerre. Mais cette politique demeure incomplète car elle ne s’attaque pas à la racine du mal, à savoir l’étouffement dans l’œuf des vecteurs de la transmission de la malaria dans ses sites de reproduction.

Le combat mené contre le paludisme serait beaucoup plus efficace si des efforts supplémentaires étaient déployés en amont pour éliminer les sources potentielles de prolifération des moustiques. Cela devrait passer nécessairement par des campagnes de sensibilisation de la population sur le maintien de l’environnement dans de bonnes conditions d’hygiène et de salubrité (bonne gestion des déchets liquides et solides, curage des caniveaux, désherbage, désinsectisation, élimination des sources de prolifération des moustiques etc.)

Epandage des produits insecticides

L’Etat congolais gagnerait énormément en renouant avec l’ancienne stratégie d’épandage des produits insecticides par les avions petits porteurs, les véhicules sanitaires à travers les rues dans les communes, l’insectisation dans chaque parcelle, etc.

La réhabilitation et la modernisation des services d’hygiène dans chaque commune et la mise à leur disposition des matériels et produits requis s’avèrent plus que nécessaires pour mieux protéger l’environnement.

Cette action en amont associée à l’utilisation rationnelle des toiles moustiquaires serait beaucoup plus efficace et efficiente pour faire baisser de manière drastique le, taux de morbidité et de mortalité dû à la malaria.

J.Nt.

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