Lutte contre la corruption : le dernier virage

Des experts en matière de lutte contre la corruption provenant des secteurs  public et privé se sont retrouvés au centre Béthanie du 23 au 24 septembre 2010 pour valider le document de la stratégie nationale de lutte contre les anti valeurs. Plusieurs secrétaires généraux ont été signalés à Béthanie. Cet atelier a été organisé par l’Observatoire du Code d’Ethique de l’Agent Public (Ocep) et le ministère de la Fonction Publique. Il a bénéficié du concours matériel de l’Institut Electoral pour une Démocratie Durable en Afrique (Eisa).  

            Les experts n’ont pas terminé le travail le week end passé.  Répartis en plusieurs commissions, ils ont fait le gros du travail et se sont convenus avec leurs hôtes de revisiter le dernier segment le mardi 28 septembre. C’est demain que le draft en matière de lutte contre la corruption, à savoir une centaine des résolutions prises lors des travaux du Palais du Peuple en décembre 2009,  sera validé. 

 Ces recommandations portent sur la création d’une agence nationale en matière de lutte contre la corruption, la déclaration du patrimoine en ce qui concerne les grands commis de l’Etat, la protection des dénonciateurs…. Le rendez-vous de ce mois est la suite logique du Forum national sur les antivaleurs qui a regroupé plus de 400 délégués en décembre 2009.  

            Présent à Béthanie le jeudi 23 septembre , le ministre de la Fonction Publique, Dieudonné Upira, est également annoncé ce mardi à la cérémonie de clôture.

            Les éxperts émettent toute fois des réserves quant à l’application durant la présente mandature  des textes réglementaires en matière de lutte contre la corruption. Et cela au regard des étapes à parcourir pour la promulgation de ce texte.

            En ce qui concerne la partie protocolaire, on retiendra que trois allocutions ont été prononcées le jeudi. Il s’agit de l’ intervention du DG de l’Ocp Augustin Mwendambali, des mots de circonstance des ministres de la Fonction Publique et de la Justice, et de celui du directeur résident d’Eisa. Marie-Claude Mbayo, conseillère du ministre de la Justice et des Droits Humains, a lu le mot de circonstance à la place du ministre empêché. 

Heureuse coïncidence 

            Dans son intervention, Dieudonné Upira a remercié d’abord les partenaires pour avoir cheminé avec l’Etat congolais dans dossier. Il a félicité ensuite les compatriotes intéressés à ce dossier (experts de l’Ocep, ou autres…) pour les sacrifices consentis jusqu’à ce jour.

            Il a dit ensuite que la corruption est devenue un phénomène transfrontalier, mieux universel. C’est dans ce sens que l’Assemblée Générale des Nations Unies avait adopté en 2003 la Convention des Nations Unies contre la corruption.

Le ministre Upira Sunguma a fait état de l’inauguration à Vienne en Autriche au début de ce mois de l’Académie internationale de lutte contre la corruption.

            Il a indiqué que cette stratégie est l’émanation de toutes les couches de la population et de tous les secteurs de la vie nationale. Ils ont été représentés par la centaine des délégués venus prendre part au Forum national de lutte contre la corruption du 16 au 19 décembre 2009 à Kinshasa.

            Il a clos son intervention en disant qu’aussitôt le texte sur la stratégie nationale validé avec les avants-projets  des textes réglementaires y afférents, à savoir les lois ou ordonnances portant création, organisation, attributions des organes  de lutte contre les anti valeurs, il s’empressera de les  transmettre à ses pairs de l’exécutif  pour adoption et le cas échéant  les soumettre au parlement.

            Vincent Tobi directeur résident d’Eisa, a justifié l’appui apporté à l’Ocep par l’efficacité affichée jusqu’ici par cet organe dans le combat en matière de lutte contre la corruption. Et comme jusqu’à ce jour, il n’existe pas encore une structure officielle similaire, ils ont été amenés à consolider leur partenariat avec cette structure du ministère de la Fonction Publique.  Pour les bailleurs des fonds,  les pays ayant effectivement mené une lutte impitoyable pour juguler la corruption ont la chance de décoller.  La lutte contre la corruption est un phénomène complexe car ce fléau est né depuis la nuit des temps, a-t-il souligné.

            Par ailleurs, Augustin Mwendambali est revenu sur les ravages de la corruption, qui comme on le sait gangrène plusieurs secteurs de la vie nationale.

Jean- Pierre Nkutu

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