Lutte contre le cancer de sein : le gouvernement appelé à s’impliquer dans la prise en charge de la maladie

Dans le cadre de la 20ème édition d’octobre Rose, mois dédié à la mobilisation et la sensibilisation de la population au cancer de sein, le consortium  des ONG congolaises de lutte contre les cancers de sein et du col de l’utérus a tenu une soirée de gala le dimanche 19 octobre 2014 à l’Hôtel Sultani de Kinshasa. Cette soirée était une occasion pour ces  ONG de faire un plaidoyer à l’endroit du gouvernement congolais concernant la prise en charge totale de la maladie, afin de réduire le taux de mortalité maternelle dû à ce fléau en RDC. 

Invitée à prendre la parole au nom de toutes les ONG, Claude Tsia, coordonnatrice de l’ONG « Nouvel espoir », a présenté le plaidoyer sous quatre aspects essentiels, notamment la présentation de quelques cas du cancer de sein constatés en RDC, la problématique de l’augmentation de la mortalité maternelle en RDC, les pistes de solutions et l’implication du gouvernement congolais et des ONG nationales comme internationales.

En ce qui concerne la présentation de quelques cas de la maladie en RDC, Claude Tsia a fait savoir que la première catégorie est relative au groupe des femmes dont l’âge varie entre 41 et 55 ans. Celles-ci ont développé la maladie à cet âge alors que plus d’une dizaine d’années auparavant, ces femmes avaient constaté l’apparition d’une boule dans leurs seins. Ne connaissant ni l’origine, ni la nature et le danger de cette masse, elles l’ont laissé évoluer jusqu’à la détérioration de leur état de santé.

La deuxième catégorie, poursuit-elle, concerne les filles dont l’âge varie entre 18 et 29 ans. Ces dernières ont aussi constaté l’apparition d‘une boule dans leurs seins et ont consulté un personnel soignant. Mais faute des moyens logistiques et matériels, aucune investigation nécessaire n’a été faite pour découvrir qu’il s’agissait du cancer de sein. Conséquence, ces filles ont développé la maladie jusqu’au stade avancé.

La troisième catégorie regroupe des femmes qui souffrent déjà du cancer de sein à différents stades.  Bien que la maladie ait été déjà diagnostiquée, ces femmes n’ont reçu aucun traitement jusqu’à leur mort.

S’agissant de l’augmentation de la mortalité maternelle, Claude Tsia a indiqué que présentement, sur 3 cas de décès enregistrés en RDC, un cas est causé par le cancer de sein. Cela fait suite à l’absence totale d’information sur la prévention de ladite maladie, aux faibles moyens financiers pour se faire soigner, etc.

Face à cette situation, elle a proposé qu’il soit institué en RDC un programme national de lutte contre le cancer de sein, à l’instar du PNMLS, PNLP,…  Celui-ci aura comme objectif d’organiser des campagnes de sensibilisation pour la prévention de la maladie, rendre accessible le dépistage volontaire, la prise en charge appropriée de toutes les femmes malades et le renforcement de la  capacité des structures hospitalières qui les accueillent.

            Pour atteindre le meilleur résultat, Claude Tsia a fait remarquer qu’au regard de l’ignorance de la femme congolaise face à ce fléau, l’insuffisance des moyens en vue d’un dépistage précoce et l’absence d’une prise en charge, il s’avère impérieux que le gouvernement s’implique dans la lutte contre le cancer de sein.

Les facteurs de risque du cancer de sein

            Pour sa part, docteur Sulu, président de la Ligue contre le cancer de sein, a laissé entendre que cette maladie est due à un disfonctionnement de nos cellules. Parmi les facteurs de risque, il a cité l’hérédité et l’environnement (notamment  l’obésité, l’alcool, le tabagisme, etc.).

            Par ailleurs, le docteur Sulu a souligné que les risques sont diminués quand on accouche avant 20 ans, alors que les premières grossesses au-delà de 30 ans augmentent  les risques d’un cancer de sein. Et aussi lorsque la jeune fille a ses règles avant 11 ans et la ménopause au-delà de 55 ans.

Mais il s’avère que les 90% des personnes atteintes sont celles qui ne présentent aucun facteur de risque. D’où la nécessité de faire l’auto examen, hormis le diagnostic clinique, en palpant constamment son sein, afin de repérer l’apparition de petites boules ou autres changements. Selon lui, il y a plus de chance de guérir totalement de la maladie quand elle est dépistée précocement.

Perside Diawaku 

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