Lumbala s’invite de nouveau à l’Assemblée nationale

 

Alors que la plénière d’hier lundi 7 janvier 2013 à l’Assemblée nationale était consacrée uniquement à la levée ou non de l’immunité parlementaire du député Eugène Diomi Ndongala, la motion incidentielle de Muhindo Nzangi a fait exhumer le dossier de Roger Lumbala. Dans son intervention, ce député de la Majorité Présidentielle a sollicité l’invalidation de l’intéressé à la suite de son adhésion officielle, selon lui, au mouvement rebelle M23 soutenu par le Rwanda.

Il a martelé que cette invalidation devait être immédiate pour la bonne raison que le Président du RCD/N a rallié ce mouvement politico-militaire qui cause la mort et les malheurs de paisibles congolais de l’Est du pays.

Muhindo a soutenu que l’acte de haute trahison de Lumbala est plus criminel que les présomptions qui pèsent sur Diomi Ndongala. Aussitôt après, cette motion a suscité un débat houleux, au point de diviser les députés en deux camps antagonistes. D’un côté, il y avait les députés de la Majorité qui tenaient à l’invalidation immédiate de Roger Lumbala et, de l’autre, ceux de l’Opposition qui qualifiaient cette démarche de deux poids et deux mesures.

Lusenge, Pius Mabuilu… et d’autres élus de la Majorité ont soutenu radicalement l’invalidation, toutes affaires cessantes, de Lumbala, en rappelant les dispositions pertinentes de la Constitution qui condamnent pour haute trahison tout individu qui prend les armes pour renverser un régime légalement établi. Les députés de la Majorité n’ont pas été clément à l’endroit de l’élu de Mbuji-Mayi qui n’est pas, selon eux, à son premier forfait.

          Jérôme lusenge a toutefois ouvert la boîte de Pandore en déclarant qu’il était prêt  à mettre sur la place publique, les noms des députés qui siègent dans l’hémicycle tout en étant de mèche avec le M23.

          Du côté de l’Opposition, Fayulu est monté au créneau pour dénoncer la politique de l’autruche. Son escalade verbale a procuré de sueurs froides au président de l’Assemblée nationale  quand l’élu de Lukunga a rappelé que c’est Aubin Minaku qui avait bloqué sa question orale avec débat sur la situation sécuritaire à l’Est.

          Il a fait remarquer aux députés que le général Amisi «Tango Four », accusé de trafic d’armes, continue de bénéficier de sa liberté pendant qu’on s’acharne sur un député de l’Opposition qu’on soupçonne d’avoir fait allégeance au M23, sans apporter la preuve.

Le gouvernement devait, selon Fayulu, instituer la Cour martiale pour juger cet officier, si on était dans un Etat normal.

          Pourquoi la plénière n’a-t-elle pas ouvert le débat sur les déclarations très médiatiques du ministre rwandais de la Défense dénonçant les complicités congolaises dans cette nouvelle guerre à l’Est ?  S’est il interrogé, avant de réclamer le déclenchement de la procédure constitutionnelle d’accusation du chef de l’Etat pour haute trahison.

          Jean-Claude Vuemba a, dans le même registre, rappelé que l’Assemblée  Nationale avait validé des députés membres du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), un parti de la Majorité Présidentielle qui s’est mué en M23.

          L’élu de Kasangulu a affirmé que les propos de Lumbala  ont été simplement dénaturés par ses détracteurs car l’intéressé à démenti son appartenance au M23 mais admis partager sa vision sur la vérité des urnes et le fédéralisme.

          Mbikayi a révélé que le règlement intérieur des pourparlers de Kampala permet aux deux protagonistes –  le gouvernement et le M23 – de se faire accompagner des membres de l’opposition non armée de leur choix.

          Toutefois les députés Lokondo et Lutundula ont calmé le jeu en suggérant à la plénière de respecter la procédure, en dépit de la gravité de l’acte posé par leur collègue Lumbala.

          Aubin Minaku a finalement décidé, avec le quitus de la plénière, de faire venir le Procureur général de la République demain à 9 heures devant la Commission  PAJ de l’Assemblée nationale afin de donner son avis sur le cas Lumbala, avant que la plénière décide en toute responsabilité au cours d’une nouvelle plénière convoquée le même jour à 14 heures. Le président de la chambre basse a souligné que l’affaire Lumbala autant que le renvoi du budget pour sa seconde lecture par le chef de l’Etat au Parlement sont inscrits en urgence à l’ordre du jour de la session extraordinaire, conformément au règlement intérieur.

ERIC WEMBA

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