L’Opposition persiste et signe : non aux Concertations !

opposition en turpitudeA quelques jours de l’ouverture des Concertations Nationales, annoncée pour le 4 septembre 2013, une frange des groupes parlementaires et partis politiques de l’Opposition  vient une fois de plus de monter au créneau pour rejeter ces assises. Dans une déclaration lue devant la presse par le président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, Samy Badibanga, le samedi 31 août 2013 dans les couloirs du Palais du peuple, leurs membres dénoncent le fait que la convocation des ces concertations nationales  s’écarte de l’esprit et de la lettre de l’Accord cadre d’Addis-Abeba ( 24 février 201) et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Pour ces acteurs politiques de l’Opposition, la réconciliation nationale passe inéluctablement par résolution de la crise de légitimité née des élections controversées du 28 novembre 2011 en RDC.

Se basant sur les préalables contenus dans leurs déclarations  antérieures  au sujet de Concertations nationales,  ils exigent un vrai dialogue, sous l’égide de la communauté internationale, qui impliquerait  le président National de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, un des acteurs principaux de la crise actuelle, et les groupes armés à la base de l’insécurité récurrente à l’Est du pays

Cette division de la classe politique entre les anti et les pro concertations nationales  rappelle à certains analystes politiques   la bipolarisation de la classe politique de l’ex République du Zaïre des années ‘90, avec d’une part les forces politiques du Conclave et, de l’autre, celles de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Ci-dessous, le texte intégral de la déclaration sus évoquée   :

 Les responsabilités commandées par la délicatesse de la situation politique actuelle imposent aux différents acteurs de la vie politique nationale, la prise en compte des intérêts supérieurs de la Nation dans la définition des voies de sortie de crise.

La question n’est plus de savoir s’il y a crise ou pas. La question est plutôt celle de savoir si la classe politique dans sa frange qui exerce le pouvoir d’Etat applique les solutions idoines et ce, conformément aux engagements internationaux auxquels l’Etat Congolais a souscrit au terme de l’accord-cadre signé à Addis-Abeba le 24 Février 2013.

Une autre couture de la question serait d’interroger l’Etat Congolais sur son entendement des résolutions du conseil de sécurité et sur sa capacité à les respecter.

Cette inquiétude vaut son pesant d’or car l’interprétation sélective qui frappe la résolution 2098 à travers l’Ordonnance du 26 Juin 2013 expose la Nation tout entière au risque de passer à côté des objectifs de réconciliation nationale et de paix.

Fort de ce qui précède, l’Opposition politique tient à rappeler à l’opinion tant nationale qu’internationale les éléments de décision

ci-après :

1.    Que l’Opposition politique s’était exprimée en posant ses conditions dans ses déclarations du 01 Juillet et du 10 Juillet 2013

appuyées par celle du 14 Août de la même année.

2.    Il convient de signaler que par ces trois déclarations, elle

persiste et soutient que l’Ordonnance du 26 Juin 2013 et les

concertations actuelles s’écartent de l’Accord-Cadre ainsi que de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité. D’où la nécessité d’une ordonnance modifiant et complétant celle du 26 Juin 2013.

3.    Ce texte méconnaît le rôle réservé et reconnu au Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, suivant l’esprit et la lettre de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité.

Force est de rappeler que les prescrits de l’article 5 de la résolution 2098 demande au Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la République Démocratique du Congo, en collaboration avec l’Envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs, de soutenir, de coordonner et d’évaluer l’application en République

Démocratique du Congo, des engagements nationaux pris en son annexe ;

En substance, l’annexe B porte sur les engagements pris par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo au titre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, dont il ressort la promotion du dialogue pour la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation.

4.    L’Opposition politique déplore le galvaudage des conditions posées dans ses déclarations antérieures par des manœuvres de substitution qui visent à perpétuer l’imposture.

            Concernant la réconciliation nationale, il faut rappeler que s’il y a fracture politique dans ce pays, c’est suite aux élections présidentielles et législatives chaotiques de 2011, dont l’un des acteurs majeurs est le Président Etienne Tshisekedi.

            Nous rappelons que la cohésion nationale n’est pas possible sans décrispation politique ni inclusivité.

D’autre part, en ce qui concerne la crise sécuritaire qui sévit à l’Est du Congo, ces Concertations nationales sont clairement engagées dans une voie qui ne pourra nullement apporter la paix dans cette partie du pays. en effet, au-delà des interférences extérieures, il faut rappeler que la question sécuritaire qui se pose dans notre pays touche tous les Groupes armés qui foisonnent sur le territoire national au point de poser finalement le problème de la réforme de l’armée, de l’organisation et du fonctionnement des services de sécurité tant civile que militaires, thème qui ne figure pas du reste dans les thématiques retenues ; or, il s’avère que tous les Groupes armés ne sont pas invités.

Par ailleurs, les signataires de la présente rejettent tout prétexte d’utiliser les concertations nationales pour modifier la Constitution de la République et dénoncent la volonté de mettre en place un Gouvernement d’union nationale ou de transition contraire à l’esprit et à la lettre de la Constitution en vigueur.

Sur base de tous ces éléments, les Groupes parlementaires et partis politiques de l’Opposition représentés à l’Assemblée Nationale levons l’option de ne pas participer aux concertations nationales telles que convoquées et organisées à ce jour.

            Enfin, nous lançons un appel vibrant à la Communauté Internationale pour un effort de recadrage du dialogue et pour le strict respect de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Ainsi fait à Kinshasa, le 31 Août 2013

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