L’Opposition dénonce les manœuvres d’intimidation et de musèlement

Dans une déclaration politique rendue publique en début de soirée d’hier  devant l’entrée principale du Palais du peuple, l’opposition parlementaire dénonce les méthodes anti-démocratiques dont le pouvoir fait usage ces derniers temps. Il s’agit notamment des manœuvres tendant à intimider et museler les membres de l’opposition dans le but de les empêcher de jouer pleinement leur rôle.

L’arrestation du député national Martin Mukonkole, en violation de son immunité parlementaire, a été citée comme exemple en guise de preuve par les membres de l’opposition. Avant de renseigner qu’hormis Martin Mukonkole, il y a aussi deux députés provinciaux dont l’un incarcéré et l’autre traqué.

Il s’agit de Muamba Tshishi du Kasaï Occidental, élu de la liste du RCD/N, qui est porté disparu des suites des traques à son endroit. Idem pour Oscar Molambo de l’Equateur qui croupit depuis des mois à la prison de Makala.

Voilà pourquoi, elle accuse le procureur général de la République pour violation de l’article 107 de la Constitution. Cela non seulement pour avoir arrêté un élu sans avoir procédé préalablement à la levée de son immunité, mais également pour avoir opposé la résistance à l’exécution de la décision de la justice, celle assignant Martin Mukonkole à résidence surveillée.

Face à la situation, elle réclame la convocation toutes affaires cessantes de la plénière en vue de débattre de la question. Sans quoi, elle usera de toutes les prérogatives constitutionnelles pour faire entendre sa voix.

Pas d’unanimité autour du texte !

Il importe de signaler que quelques membres de l’opposition, ayant siégé durant près de 6 heures pour l’élaboration du texte de déclaration à présenter à la presse, ont refusé en dernière minute de s’associer aux côtés des autres ou encore figurer dans les images lors de la lecture de ladite déclaration.

C’est le cas de Clément Kanku Bukasa, Jean Pierre Lisanga, Jean Claude Vuemba, Jacques Lungwana, etc.

Approchés par Le Phare qui voulait la raison de leur retrait au moment de la lecture de la déclaration, ils ont dit ne pas se retrouver dans la mouture finale présentée. Avant de la qualifier de tiède, molle et complaisante parce que, selon eux, il fallait présenter un texte musculé.           

Plus grave encore, deux des trois présidents des groupes parlementaires de l’opposition ne se sont pas non plus présentés au moment de la lecture de la déclaration malgré leur participation assidue à la réunion. Il s’agit de Gilbert Kiakwama des Chrétiens Démocrates (C.D) et de Roger Lumbala de l’Ordre des Démocrates Républicains (ODR), groupe auquel appartient Martin Mukonkole. Tout comme le député provincial du Kasaï Occidental qui est membre du même parti, RCD/N, que Roger Lumbala.

Seul François Muamba du groupe MLC, qui a fait la lecture, est apparu.     

Dom

Déclaration de l’opposition politique en rapport avec l’arrestation de l’honorable Martin Mukonkole

L’opposition politique informe l’opinion nationale et internationale qu’en date du 26 mai 2010, l’honorable Martin Mukonkole, député national, s’est présenté spontanément pour répondre à une invitation, auprès des services de la police, d’où il a été escorté chez le procureur général de la République, à la suite d’une affaire privée dans laquelle son nom a été cité.

Le même jour, l’honorable Martin Mukonkole, en état d’arrestation, a été conduit à la Cour Suprême de Justice afin d’être jugé en procédure dite de flagrance, pour des faits survenus en décembre 2009.

Il demeure jusqu’à ce jour en état d’arrestation.

A ce sujet, sans préjuger du fond, l’opposition dénonce fermement :

1. La violation manifeste et intentionnelle, par le procureur général de la République, de l’immunité parlementaire garantie aux élus du peuple par la Constitution en son article 107. Cette violation consiste en l’arrestation de l’honorable Martin Mukonkole au mépris de la procédure constitutionnelle requise en la matière.

2. Le non respect de l’arrêt de la Cour Suprême de Justice rendu en date du 27 mai 2010 qui a ordonné la mise en résidence surveillée de l’honorable Mukonkole en attendant l’issue de l’affaire quant au fond, en le transférant à la prison centrale de Makala

3. L’instrumentalisation de la justice, des services de sécurités, de l’armée et de la police dans le but d’intimider et de museler l’opposition, tel qu’en témoignent le cas des députés provinciaux Muamba Tshishi du Kassaï Occidental, illégalement poursuivi et porté disparu, et Oscar Molambo de l’Equateur, â ce jour détenu à la prison de Makala jusqu’à ce jour.

4. L’exploitation timorée des dispositions de l’article 107 de la Constitution par le bureau de l’Assemblée Nationale face à ces violations des droits des élus.

En considération de ce qui précède, l’opposition politique demande :

1. au Président de la République, au nom de qui les arrêts et les jugements ainsi que les ordonnances des Cours et Tribunaux sont exécutés, de s’impliquer personnellement pour le respect strict de l’arrêt de la Cour Suprême de Justice et de veiller a ce que des sanctions exemplaires soient prises a l’encontre des auteurs de ces violations récurrentes de la Constitution

2. au bureau de l’Assemblée Nationale de dénoncer et condamner l’arrestation de l’honorable Martin Mukonkole en violation de la procédure en la matière. Mais aussi de tout mettre en oeuvre, toutes affaires cessantes, tes dispositions des articles 107 alinéa 4 de la Constitution et 89 alinéa 4 du Règlement Intérieur de la chambre basse, en vue d’obtenir l’exécution de l’arrêt en faveur de l,honorable député National. A cet effet l’opposition exige la convocation sans délai d’une plénière.

En cas de non-satisfaction, l’opposition se réserve le droit d’entreprendre toutes actions utiles pour faire respecter la Constitution et les lois de la République. 

Fait à Kinshasa, le 01 juin 2010

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