L’OMS d’accord avec les plantes médicinales

La célébration de la 8ème Journée africaine de la Médecine traditionnelle, hier mardi 31 août 2010, a coïncidé avec la commémoration du dixième anniversaire de l’adoption à Ouagadougou, au Burkina Faso, de la Stratégie régionale pour la promotion du rôle de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé. Occasion également offerte pour commémorer la Déclaration des Chefs d’État et de Gouvernement des pays d’Afrique, proclamant la période 2001-2010 comme Décennie de la Médecine traditionnelle africaine. 

            Forte du thème « Décennie de la Médecine traditionnelle africaine: Progrès réalisés jusqu’à présent », cette journée s’est fixée, selon Dr Luis Gomes Sambo,  Directeur régional de l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS), pour objectif d’attirer l’attention sur les progrès vers l’intégration de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé.

            Pour ce médecin, au moment où la décennie tire à sa fin, il est réconfortant de noter que les États membres de la Région africaine ont fait des progrès dans la mise en oeuvre de la Stratégie régionale sur la médecine traditionnelle. Plus de la moitié des États membres ont élaboré des politiques et des cadres réglementaires nationaux visant à garantir l’efficacité, l’innocuité et la qualité des médicaments issus ce type de médecine et mis en oeuvre des programmes nationaux pour l’institutionnaliser.

             La recherche a été intensifiée en vue de produire des preuves scientifiques. L’accent est mis sur les plantes médicinales, en particulier celles utilisées pour le traitement du paludisme, des infections opportunistes contractées par les personnes vivant avec le VIH/sida, du diabète, de l’hypertension et de la drépanocytose.

            A en croire le Dr Luis Gomes Sambo, certains États membres mettent au point des pharmacopées pour les plantes médicinales afin d’organiser l’information scientifique sur les plantes médicinales utiles jugées efficaces dans la prise en charge de certaines maladies. D’autres produisent des médicaments issus de la médecine traditionnelle qu’ils font homologuer par les autorités nationales. Par ailleurs, un certain nombre de pays intègrent la médecine traditionnelle dans les programmes de formation aux sciences de la santé.

            Toutefois, pour garantir la poursuite des progrès, il reste beaucoup à faire, en termes de renforcement des capacités de recherche et institutionnelles, et d’intégration des meilleures pratiques. La règlementation doit être mieux appliquée pour améliorer l’innocuité, la qualité et l’efficacité des médicaments issus de la médecine traditionnelle et des pratiques en la matière.

            Pour le numéro 1 de l’OMS, la recherche-développement sur la médecine traditionnelle dans la Région africaine doit bénéficier d’une plus grande promotion et d’un plus grand appui. L’accent doit être mis sur l’exploitation plus poussée des ressources riches et variées en plantes médicinales dont dispose l’Afrique, qui peut contribuer à la découverte et à la mise au point de nouveaux médicaments. Au même moment, les connaissances sur la médecine traditionnelle doivent être préservées et protégées. La Stratégie et le Plan d’action mondiaux de l’OMS pour la santé publique, l’innovation et la propriété intellectuelle, adoptés par la Soixante et Unième Assemblée mondiale de la Santé en 2008, doivent fournir un cadre pertinent pour régir cette question cruciale. 

Tshieke Bukasa

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