L’OMEC proteste contre l’obstruction de la police au travail de la presse

 

L’Observatoire des Médias Congolais (OMEC) est choqué par les traitements inhumains et dégradants que des éléments de la Police Nationale Congolaise du District du Mont Amba, à Kinshasa, ont fait subir à la journaliste Dorcas Somwe du quotidien “Le Phare”, le mardi 21 novembre 2012, sur le campus de l’Université de Kinshasa. La précitée, faut-il le rappeler, a été arrêtée arbitrairement, violentée, maintenue sous la banquette d’une jeep de 12 heures à 15 heures puis gardée à vue de 15 heures à 19 heures avant d’être relâchée sur ordre du général Jean de Dieu Oleko, numéro un de l’Inspection provinciale la Police ville de Kinshasa alerté par le journal “Le Phare” et les organisations professionnelles des médias en début de soirée.

            L’OMEC tient à élever une vive protestation contre une énième obstruction faite par la police au travail de la presse, au travers le cas Dorcas Somwe, les sévices corporels lui infligés ainsi que le “pillage” de ses effets personnels. Rien ne peut justifier la bavure policière du mercredi 21 novembre sur le site du campus de  l’Universsité de Kinshasa, car Dorcas Somwe était dans son plein droit de rendre compte au public, de la manifestation de colère déclenchée spontanément par les étudiants de cet établissement à la suite de la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23, le mardi 20 novembre 2012.

            Cette violation de la liberté de presse et de l’intégrité physique d’une journaliste est d’autant grave qu’elle intervient au moment où les autorités nationales, le Chef de l’Etat et le Premier ministre en tête, viennent de lancer un mot d’ordre à la mobilisation générale et à la résistance contre l’agression de notre pays. L’OMEC craint qu’après Dorcas Somwe, d’autres journalistes congolais ou étrangers ne connaissent le même sort dans la couverture des manifestations et faits en rapport avec la nouvelle guerre de l’Est. Afin de prévenir d’autres cas de violences physiques sur des professionnels des médias et de “censure” en  amont de leurs productions, l’Omec exige une enquête diligente sur le cas de Dorcas Somwe afin d’identifier ses bourreaux et de leur faire subir la rigueur de la loi. L’instance d’autorégulation des médias en République Démocratique du Congo demande par ailleurs aux autorités compétentes de se pencher sur l’état de santé de cette journaliste qui se trouve en pleine période de rééducation physique après avoir été victime d’un accident de circulation au mois de mars de l’année en cours. Car, son passage à tabac par des éléments de la police l’a contrainte de garder le lit depuis le mercredi 21 novembre 2012.

            En marge du calvaire de Dorcas Somwe, l’Omec exhorte les professionnels des médias à ne pas se démoraliser mais à continuer à remplir leur devoir d’informer, quels que puissent être les risques, selon les règles d’éthique et de déontologie.

 

Fait à Kinshasa, le 22 novembre 2012

Prof. Bernard Munsoko

Secrétaire Exécutif

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