L’Omec dénonce l’obstruction de la justice à l’information

L’Observatoire des Médias Congolais (Omec) a appris avec surprise et indignation la décision du président du Tribunal de Paix d’Assosa, dans la commune de Kasa-Vubu, de faire évacuer la presse, sans motif plausible,  de la salle d’audience de cette juridiction, le jeudi 31 décembre 2009, peu avant l’ouverture du procès « Ministère Public contre Mike Promotion «. Cet acte est d’autant condamnable qu’il est intervenu dans un procès qui mérite d’être fortement médiatisé, en raison de la matière à traiter, à savoir un détournement présumé des deniers publics évalués à 2 millions de dollars américains destinés à la réhabilitation de l’avenue Gambela.

 

            L’opinion publique congolaise, éveillée par la campagne de la « Tolérance zéro «, est fort curieuse de savoir si le responsable de la firme « Stever Construct «, le nommé Mike Kasenga, présentement en détention préventive à la prison centrale de Makala, a effectivement fauté dans l’exécution du contrat conclu avec l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

            En empêchant journalistes, cameramen et photographes de faire leur travail dans un procès public, qui n’exigeait pas des dispositions sécuritaires ou protocolaires particulières, la justice donne la nette impression de vouloir pousser la presse à se contenter des informations de seconde main.

            L’Omec estime qu’il s’agit là d’une attitude fort dangereuse car de nature à faire du journaliste congolais le spécialiste du relais des rumeurs et des informations partisanes, livrées par des sources intéressées, car parties au procès. Or, le reproche fait couramment aux professionnels congolais des médias est de ne pas fournir l’effort nécessaire pour être eux-mêmes témoins directs des faits. Comment pourraient-ils remplir correctement leur mission de témoins directs si les « sources « versent dans l’obstruction systématique à l’information, comme c’est le cas du Tribunal de Paix d’Assosa dans l’affaire Ministère public contre Mike Kasenga ?

            L’Observatoire des Médias Congolais voudrait croire que ce qui s’est passé le jeudi 31 décembre 2009 au Tripaix d’Assosa ne serait pas le révélateur de faits plus graves et que personne n’aurait rien à cacher dans un dossier qui doit demeurer à tous points de vue transparent parce que concernant la passation des marchés publics. C’est sur cette exigence qu’il demande au président de cette juridiction de revoir sa mesure à l’égard de la presse, sinon de préciser clairement que le procès n’est pas public et par conséquent décréter un huis clos formel, conformément aux prérogatives lui reconnues par la loi.

            Dans le cas où la presse serait l’unique structure indésirable dans un procès public, l’Omec serait fondé à dénoncer une violation inadmissible de la Constitution de la République qui garantit le droit du public à l’information.

 

                                                                        Fait à Kinshasa, le 06 janvier 2010,

 

                                                                                       Prof. Munsoko wa Bombe

                                                                                    Secrétaire Exécutif 

 

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