Liquidation forcée de la Banque Congolaise :Roger Yaghi et B.C. victimes d’une maffia financière

Huit organisations non-gouvernementales de Droits de l’Homme, à savoir, OSD, SCCD, CODHO, VSV, OCDH, ASADHO, ANMDH et Toges Noires, ont lancé,  hier lundi 04 juillet 2011 à Kabinda Center, dans la commune de Lingwala, un appel au Président de la République, Joseph Kabila, pour qu’il promulgue le texte de loi portant pénalisation de la torture en Rd Congo. Pour aboutir à ce résultat, elles comptent organiser une campagne de trois jours – soit du 06 au 08 juillet 2011 – à travers des actions de rue (marches pacifiques, sit-in, pétitions, etc) dans toutes les villes et localités de la Rd Congo. Ce Collectif des Ongs de défense des Droits de l’Homme en Rd Congo a rappelé qu’en effet, le 08 avril 2011, la proposition de loi sur la pénalisation de la torture, déjà adoptée au Sénat, a été votée à l’Assemblée nationale. La promulgation de cette loi devra intervenir suivant la procédure mise en place, après avis de conformité de la Cour suprême de justice. Selon le responsable de l’Ong Codho, Nsii Luanda S, qui a présenté cette campagne,  ce texte de loi pénalisant les actes de torture est sur la table du Président de la République,  et n’attend que sa promulgation.  

Ce retard, non seulement inquiète ces ongs des droits humains parce que  ce texte de loi est libérateur des milliers de personnes, mais aussi ce retard  condamne des centaines des détenus à rester gardés au secret et d’autres à croupir dans les geôles des forces de sécurité depuis des mois,  sans avoir été entendus par un magistrat ; d’autres sont instamment soustraits de leurs juges naturels pour des lieux de détention sous le contrôle des forces de sécurité, où aucun magistrat n’a accès, d’autres détenus sont malades et ne mangent presque pas et n’ont pas droit à la visite de leurs médecins ni de leurs proches. Pour Me Marie-André Muila Kayembe, responsable de l’Ong Toges Noires, c’est entre autres le cas de Roger Yaghi, ancien Président du Conseil d’Administration de la Banque Congolaise, qui vit actuellement dans ces conditions. Ce cas doit interpeller l’opinion nationale et internationale.

Une mise sous administration provisoire sans cause

Me Muila a expliqué le mécanisme qui a conduit l’infortuné Roger Yaghi en séquestration dans une résidence privée sous contrôle du Conseil National de Sécurité (CNS). En effet, a-t-il dit, au début de l’année 2009, la Banque congolaise a dû faire face à une campagne malveillante, bien connue du Gouverneur de la Banque centrale du Congo ainsi que des dirigeants de l’ACB avec comme conséquences les retraits  massifs des dépôts de sa clientèle de plus de 62 millions de dollars. En outre, le non remboursement par l’Etat congolais des créances dues à la Banque Congolaise avoisinant à l’époque (en 2009) 80.000.000 de  dollars américains, a plongé la Banque dans une situation de trésorerie immédiate très difficile qui l’a poussée à recourir à des préfinancements de la Banque Centrale du Congo très onéreux et au taux d’intérêt  exorbitant. 

Pour remédier à cette situation, la Banque Centrale du Congo, avait en 2009, mis en place, un « Plan de redressement », et désigné un « représentant provisoire »  en  la personne de Mupepe Lebo, chargé de suivre la mise en application de ce plan. En 2010, les actionnaires privés de la Banque congolaise ont réalisé un apport en capital de 20 millions de dollars américains comme l’exigeait le Plan de redressement. La situation de la Banque s’est améliorée comme l’indiquent les rapports du « représentant provisoire ». Mais en septembre 2010, deux jours seulement après avoir affirmé devant le Premier ministre qu’effectivement la situation de la Banque congolaise s’améliorait, la Banque Centrale du Congo a pris la décision surprenante de mettre la  banque sous « administration provisoire » de la Banque centrale du Congo, désignant le même « représentant provisoire » au poste d’ « Administrateur provisoire » contrairement à toute logique.
Pour Me Muila, « on ne tardera pas à découvrir que cette décision n’était  en réalité que l’aboutissement d’un complot, bien orchestré par des responsables de la Direction des ‘Services des Intermédiaires Financiers de la  Banque Centrale du Congo et du même « représentant provisoire »,  visant à éloigner et déposséder  les actionnaires de la  Banque  congolaise pour la mettre sous la contrôle d’un groupe d’individus malveillants cherchant à réaliser un profit à travers la liquidation de la banque ou sa vente à des tiers ». Ceci a été déjà démontré, selon Me Muila, par une enquête des services des renseignements ANR, sur base des preuves irréfutables.

A cause d’une réaction négative des milieux bancaires, Mupepe Lebo, selon Me Muila, a été remplacé par Mawakani Samba, tout aussi bien connu pour sa gestion de la défunte  Nouvelle Banque de Kinshasa. Enfin, conclut Me Muila, c’est ainsi qu’après une administration provisoire calamiteuse de deux mandataires désignés successivement par la Banque centrale du Congo, cette institution a décidé, en janvier 2011, de mettre la Banque Congolaise  en liquidation forcée, et ce malgré toutes  les assurances et les engagements qu’il avait donnés auparavant à la clientèle de la banque et aux responsables du secteur bancaire sur ses intentions réelles, supposées être  le redressement de la banque.   La décision de la Banque Centrale du Congo de mettre sous son « administration provisoire » la Banque congolaise, a donc été prise à un moment où cette banque était encore totalement opérationnelle, offrant tous les  services bancaires habituels à ses clients et  payant régulièrement son personnel.

SAKAZ

 

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