L’interfédéral UNC/Kinshasa dit NON à la modification de la Constitution

unc-logo-kamerheBaudouin Mayo doit se frotter les mains. L’interfédéral de l’UNC Kinshasa a réussi, samedi 19 avril, le pari de drainer une foule nombreuse de ses cadres et membres de comités de base, à l’occasion de la matinée politique organisée dans la salle des fêtes de la Paroisse St Paul de la commune de Barumbu.

Première rencontre du genre à être organisée par ce parti depuis le début de cette année, le rendez-vous de St Paul a permis à l’UNC de tester sa capacité de mobilisation dans la capitale après les échéances de 2011, mais surtout de sensibiliser sa base de Kinshasa sur les enjeux de l’heure, notamment l’idée de la Majorité présidentielle de convoquer le peuple congolais dans un référendum au motif de modifier certaines dispositions verrouillées de la Constitution.

A l’occasion de cette matinée politique, deux éminents professeurs d’université ont édifié l’assistance sur cette question de la révision de la Constitution. Ils ont fait savoir qu’il ne revient pas à un individu ou groupe d’individus de modifier les dispositions verrouillées de la Constitution, lesquelles avaient été approuvées par 85% de la population en 2006, lors du référendum convoqué à cet effet. « Si tu parles, on te tue ; si tu te tais ; on te tue ; alors parle qu’on te tue », a clamé l’un des orateurs invitant l’assistance à bannir la peur et à défendre ses droits acquis après une si longue lutte. Il a évoqué l’article 64 de la constitution qui reconnaît au peuple congolais la prérogative de faire échec à tout  individu ou groupe d’individus qui veut prendre le pouvoir par la force.

Auparavant, le président national de l’UNC, Vital Kamerhe, avait souligné dans son speech que la révision de la Constitution est de nature à compromettre les acquis d’une Constitution approuvée après des moments d’instabilité caractérisés par des conflits armés. Il a estimé que l’argent destiné à l’organisation du référendum devrait être affecté à la CENI en vue de lui permettre d’apurer les arriérés électoraux.

Vital Kamerhe n’est pas resté indifférent aux mauvais traitements infligés à nos compatriotes résidant à Brazzaville, qui font l’objet d’expulsions massives. A son avis, les autorités de Kinshasa sont à la base de cette situation par le fait de leur incapacité à assurer une distribution équitable des ressources ainsi qu’à garantir la sécurité des citoyens.

A l’issue de cette matinée politique, le patron de l’Interfédéral UNC/Kinshasa, Baudouin Mayo, a fait savoir à la presse que cette rencontre était une occasion de présenter au président du parti les comités de base à tous les échelons. C’était aussi une opportunité de sensibiliser les membres de ces comités et, à travers eux, tous les militants, sur les manœuvres de la Majorité tendant à modifier la Constitution pour prolonger le mandat de Joseph Kabila qui, en 2016, aura accompli 15 ans aux commandes du pays, soit l’équivalent de trois mandats aux Etats-Unis.

T.N  

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