L’INS enquête sur le niveau de pauvreté des ménages congolais

187 ème sur 187 pays répertoriés par le PNUD  sur son échelle de l’indice de développement humain ( IDH)  l’année passée, la RDC présente plusieurs facettes qui dévoilent ses profonds contrastes de pays potentiellement riche, mais à la population en majorité pauvre. 

Voilà qui justifie le fait que notre pays fait présentement l’objet de nombreuses études dont les unes pourront déterminer avec exactitude le vrai seuil de pauvreté de sa population, et les autres pourront fixer l’opinion et les autorités politico-administratives sur ses réelles conditions de vie. 
C’est dans ce cadre que démarre depuis ce lundi et sur toute l’étendue de la république, l’enquête dénommée « 1.2.3. » qui cible trois secteurs principaux, à savoir l’emploi, le secteur informel et la consommation des ménages. Initié par l’Institut national de la statistique, et placé sous la supervision du ministère du Plan et du Suivi de la mise en œuvre de la révolution de la modernité, ce projet est financé par le PNUD, la Banque mondiale, la Belgique et l’Union européenne et co-géré par ces différents partenaires avec la collaboration de la société civile. 
Pour ce travail d’investigation qui va se dérouler tant à Kinshasa que dans les dix autres provinces, 912 enquêteurs et 175 contrôleurs répartis dans 240 équipes, sont mobilisés pour interroger 22.312 ménages qui constituent un échantillon assez représentatif de toute la population congolaise vivant aussi bien dans les milieux urbains que ruraux.
Le Vice-premier ministre et ministre du Budget qui a présidé la cérémonie du lancement officiel de cette enquête, a souligné le souci du gouvernement de gagner la bataille de la réduction de la pauvreté. L’atteinte de cet objectif majeur ne pourra être possible qu’avec la Révolution de la modernité qui vise une rupture avec le passé et un changement d’échelles vers un autre niveau de croissance.
Le Directeur des opérations de la Banque mondiale a souligné l’intérêt de cette enquête pour les décideurs  politiques et les scientifiques, ce qui a justifié l’intervention de son institution.
Pour Célestin Vunabandi, ministre du Plan et du Suivi de la mise en oeuvre de la Révolution de la modernité, l’objectif principal de cette enquête nationale est de fournir des données de qualité tant au niveau national que provincial qui concourent à une meilleure connaissance des conditions de vie des ménages. Notamment pour l’analyse de la pauvreté et la mesure des progrès réalisés, pour une meilleure connaissance du secteur informel en vue d’une meilleure lecture de l’économie du pays dans laquelle ce secteur occupe une grande place. Et enfin, pour une comparaison des résultats avec le même type d’enquête réalisée en 2005.
L’enquête 1.2.3. permettra de fournir,  de précieuses données actualisées pour l’analyse et le suivi du DSCRP II et du Programme économique du gouvernement, ainsi que pour l’élaboration des comptes nationaux et l’actualisation des pondérations de l’indice national des prix à la consommation des ménages. Cette investigation permettra en outre, de calculer les indicateurs de base pour l’élaboration du cadrage macro-économique tant au niveau national que provincial.
 
Les résultats de cette enquête attendus par la population congolaise
 
De manière spécifique, cette enquête contribuera également à déterminer un nouveau seuil de pauvreté monétaire qui servira à une comparaison avec le DSCRP I et pour les études futures, de produire un profil de pauvreté du point de vue de la pauvreté monétaire, de la pauvreté en termes de conditions de vie des ménages, de la pauvreté des potentialités et de la pauvreté subjective. Cette investigation permettra d’autre part, de réaliser une étude sur la pauvreté en relation avec le marché du travail, avec un accent particulier sur le secteur informel, ainsi que des études sectorielles dans l’agriculture, la santé, l’éducation, l’environnement, la nutrition, le secteur informel, etc.
Le coût global de ce projet a été dévoilé par le chargé des missions de l’INS qui a indiqué qu’il s’élève à 6 millions de dollars financés par plusieurs partenaires au développement dont la Belgique. Le PNUD est intervenu à hauteur de 2.434.000 Euros qui seront gérés par la Banque mondiale. L’Union européenne a apporté un financement de 500.000 Euros qui seront gérés par l’Ucop. La Banque mondiale est intervenue dans trois projets, l’agriculture avec 450.000 dollars qui seront gérés par le Parssa, le projet environnement avec un montant de 300.000 dollars qui seront gérés par REED. Et pour les mines, la BM a décaissé la somme d’un million de dollars qui sera gérée par le projet Promines. 
Le processus de cette enquête a démarré, en 2011, avec la définition des outils de collecte et la formation des enquêteurs. Par la suite, le processus s’est poursuivi avec le recrutement des enquêteurs et le déploiement du matériel dans toutes les provinces.
Avec  la détermination et le souci de transparence qui animent actuellement les responsables du ministère du Plan, l’on croit que les résultats de cette grande enquête seront certainement portés à la connaissance de l’opinion nationale. Cela permettra aux dirigeants de futures provinces de la RDC de disposer d’une cartographie sur le niveau de précarité de la population, en vue de fixer les priorités de la lutte contre la pauvreté en fonction des réalités de chaque village, localité ou district et de l’ampleur de différents problèmes de chaque ménage à résoudre.    
 
            J.R.T.

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