L’INRB confirme l’épidemie : Boende : Ebola contenu à Jera

felix kabange numbitLe ministre de la Santé Publique, Félix KabangeNumbi, a finalement lâché la bombe hier dimanche 24 août en début de soirée : le virus Ebola se trouve bel et bien dans le secteur de Jera, dans le district de la Tshuapa, en province de l’Equateur. Après cette annonce officielle, qui a le mérite de couper court aux rumeurs qui commençaient à courir dans tous les sens, suite à la convergence des symptômes (diarrhée, fièvre, vomissements) entre le virus Ebola et la fameuse « fièvre hémorragique d’origine indéterminée », qui faisait des ravages dans plusieurs villages du territoire de Boende, l’heure aux mesures de prévention en vue d’éviter toute expansion de la maladie.

            La grande bataille à livrer désormais est celle de la haute surveillance des mouvements des populations entre le secteur de Jera et le reste des localités non seulement du territoire de Boende mais aussi de l’ensemble de la province de l’Equateur. L’enclavement géographique de la contrée touchée, jugé négatif en temps normal, apparaît pour l’heure comme un facteur positif devant jouer en faveur de la maîtrise rapide de la situation.

            L’on se réjouit en effet d’apprendre que l’accès y est très difficile aux automobiles, aux motos, aux embarcations motorisées comme aux pirogues. L’autre facteur à capitaliser est la pleine connaissance, par les populations de l’Equateur, des effets dévastateurs du virus de Yambuku en 1976. Cela devrait permettre, en principe, l’adhésion facile et massive des autochtones aux consignes relatives au lavage des mains avant chaque repas, à l’interdiction de toucher aux dépouillées des victimes d’Ebola, à la dénonciation auprès des équipes médicales ou des autorités administratives des sujets suspects, à l’interdiction de la chasse à travers le district de la Tshuapa, au changement des comportements à risques tels que les embrassades buccales ou même les salutations manuelles, etc.

            Mais, il faut que l’on tire sérieusement les oreilles aux chasseurs,  la catégorie sociale la plus prompte à violer la consigne, en leur faisant connaître les risques qu’ils vont courir eux-mêmes et qu’ils vont faire courir à leurs congères s’ils n’acceptent pas de renoncer momentanément à la recherche du gibier. Il y a aussi les éléments en uniforme, qui ont tendance à se saisir de n’importe quelle denrée pour leur survie, sans s’assurer de son état hygiénique, ou ne font pas très attention à leurs compagnes d’une nuit ou d’un jour, qu’ils prennent parfois contre leur gré.

            Il ne suffira donc pas de doter tous les ports et aéroports de l’Equateur des thermomètres au laser, d’installer un laboratoire mobile à Lokalia ou de positionner des cellules de crise à Kinshasa ou à Boende pour minimiser les risques et éradiquer Ebola. La victoire sur ce virus va exiger une discipline collective, à partir de l’épicentre du fléau. Enfin, les équipes médicales déployées dans le périmètre de Boende, sous la direction de plusieurs spécialistes des maladies infectieuses ayant déjà œuvré sur les fronts de Yambuku, Kikwit et Isiro, ont la lourde charge de libérer rapidement la RDC d’un boulet qui dérange ses concitoyens. Tout faux pas est interdit dans le système de défense mis en place depuis le mercredi 20 août.

                                   Kimp

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