L’hépatite, une tueuse silencieuse

IMG_6223La RD Congo a célébré, hier lundi 29 juillet 2013, sa 1ère journée mondiale des hépatites, terme désignant toute inflammation aiguë ou chronique du foie. Cérémonie organisée à l’Université Protestante du Congo(UPC), grâce à un appui de l’ambassade des Etats-Unis en RDC, elle a permis à l’assistance de cerner les contours de cette maladie « silencieuse » autour du thème « C’est ça l’hépatite…Comprenez-la ». Tour à tour, divers médecins se sont succédé à la tribune à cette occasion. Dans le lot : le Pr Hippolyte Situakibanz de l’Unikin ; Dr Rogers Galaxy ; Dr Yembo ; Dr Hilaire Mbwolie, etc.

 Maladie dont les formes les plus connues sont virales (notées de A à G) et alcoolique, l’hépatite peut aussi être due, selon les spécialistes, à certains médicaments, à un trouble du système immunitaire de l’organisme. L’hépatite est dite aiguë lors du contact de l’organisme avec le virus et chronique lorsqu’elle persiste au-delà de 6 mois après le début de l’infection. L’hépatite peut évoluer ou non vers une forme grave ou fulminante, une cirrhose ou un cancer. « L’hépatite grave peut mener à la destruction du foie et, sauf transplantation hépatique, à la mort », a souligné Hippolyte Situakibanz.

 Signes et symptômes

 La grande majorité des hépatites , a indiqué le médecin, sont asymptomatiques c’est-à-dire ne présentent aucun symptôme. Cependant, il existe des symptômes qui ne sont pas spécifiques tels que la fatigue, les nausées, la fièvre, la perte d’appétit, les maux de tête, les urines foncées, les douleurs ostéoarticulaires. La jaunisse (ictère) est caractéristique de cette maladie mais elle n’est pas spécifique.

Pour sa part, le Dr Léon Kinuani, épidémiologiste vaccinologiste à l’Organisation mondiale de la santé/RDC, a fondé son exposé sur l’ampleur de la maladie.

A l’en croire, 1,4 millions de décès chaque année et de centaines de millions de personnes sont touchées par cette affection chronique. Toutes les couches de la population étant concernée, la plupart de porteurs du virus hépatique «s’ignorent car évolution lente avant atteinte d’une maladie du foie »

            Il convient de rappeler que le 28 juillet de chaque année, date conventionnelle de la célébration de cette journée sous différents thèmes, a été retenue en souvenir de la date de naissance du professeur Baruch Samuel Blumberg, Prix Nobel et découvreur du virus de l’hépatite B.

            Néanmoins pour cette édition 2013, les enjeux de la proclamation de la Journée mondiale des hépatites sont, entre autres selon le Dr Kinuani, de sensibiliser les gouvernements à prendre des mesures contre les 5 virus de l’hépatite qui provoquent les infections graves du foie et 1,4 millions de décès chaque année ; puis d’encourager les personnes susceptibles d’être infectées à se faire dépister.

            Quant aux facteurs d’exposition aux 5 Virus de l’hépatite, ils sont, entre autres, le rapport sexuel à risque, le tatouage, le piercing, les drogues, la grossesse, la Vie quotidienne à risque, le milieu médical, etc.

            Comment éviter les hépatites? A cette question essentielle, le médecin a déclaré que pour l’hépatite B, il existe un programme de vaccination des enfants par le Programme Elargi de Vaccination. Il n’y a pas de vaccin cependant pour l’hépatite C.

            Comme mesures de protection contre la transmission du virus de la mère à l’enfant, il faut veiller à la sécurité du sang, des services de transfusion, des dons d’organes et des injections. Le traitement peut comprendre des antiviraux au besoin.

Enfin, pour les hépatites A et E : il faut simplement veiller à ce que l’eau et les aliments ne soient pas contaminés. «Il existe désormais un vaccin efficace contre l’hépatite A, approuvé par l’OMS. Toutefois, les médicaments contre l’hépatite sont désormais inscrits sur la liste OMS des médicaments essentiels, que les États Membres sont encouragés à adopter », a indiqué Léon Kinuani.

            En conclusion, pour lui, l’hépatite virale est une «épidémie silencieuse» car la plupart des porteurs ignorent qu’ils sont atteints et l’infection évolue lentement, pendant plusieurs dizaines d’années, en maladie du foie (cancer et cirrhose). A cela, s’ajoutent une perte de revenus et d’importants frais médicaux pour des centaines de millions de personnes dans le monde. «Nombre de pays ne mesurent que maintenant le fardeau que représente la maladie et cherchent des solutions pour y faire face. D’où, l’OMS exhorte les gouvernements à agir contre l’hépatite».

Traitement en RDC

 

            Invité à décrire le traitement recommandé de l’hépatite, surtout aigue, le Dr Bomba di Masuangi Emmanuel a souligné qu’il symptomatique. Alors que la restriction alimentaire n’est pas nécessaire (graisses, viande), le repos prolongé en milieu hospitalier ou à domicile n’est pas également nécessaire, non plus un isolement.

Seuls écueils, le traitement est très onéreux (1000 USD par mois !). D’où l’importance de la prévention, conclut-il.

Tshieke Bukasa 

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