Les tueurs du général Bikweto et de la cambiste Marthe Nsudila aux arrêts

bikwetuLe gouverneur de la ville de Kinshasa dont tous les téléphones sont assiégés par des coups de fil à la suite de la recrudescence de la criminalité dans la capitale, a certainement connu des insomnies à la suite des attaques perpétrées à la fois par des écuries des Kuluna et des braquages des bandes des voleurs à main armée.  

            Comment fermer l’œil un seul instant quand de Kingasani, on lui apprenait que ses administrés venaient d’être agressés par des marginaux armés des machettes, et qu’à Binza, des bandits venaient de tuer une cambiste qui s’était réfugiée dans une pharmacie à Kintambo-Magasins ! Et avant qu’il donne des instructions au ministre provincial de l’Intérieur, de nombreux appels faisaient état de braquages des agences de transfert des fonds.

            Kinshasa devient de plus en plus invivable. Les bandits qui jadis, opéraient la nuit, profitant de l’obscurité qui favorise leur fuite, ont opté curieusement pour des attaques en plein jour et à visage découvert.

La criminalité

atteint son paroxysme

            Hier mardi 23 septembre 2014, André Kimbuta se fait présenter des échantillons  de la pègre qui terrorise la ville de Kinshasa. Et c’est avec des sentiments de révolte qu’il a vu les visages de ces criminels et s’est apitoyé sur le sort des victimes abattues pour avoir refusé de céder leurs fonds.

            L’une de ces bandes des malfaiteurs est le groupe de l’adjudant Tambangi Stéphane alias Directeur, qui a tissé sa célébrité par une litanie des braquages, mais aussi des meurtres. Son périple criminel a commencé un certain 24 décembre 2012, au quartier Jamaïque, commune de Kintambo. Avec ses comparses, l’adjudant Tambangi effectuait son safari à pieds, alternant des attaques contre les cambistes et les braquages des piétons.

            Il était 20 H, quand un cambiste du coin avait reçu la visite d’un papa du quartier venu procéder au change de quelques billets de dollars. C’est en ce moment qu’ont surgi les membres de la redoutable bande à l’adjudant Tambangi, les uns en tenue militaire et les autres, en tenue civile. Ils ont braqué le cambiste. Le client est alors intervenu pour leur dire qu’ils ne devaient pas malmener un pauvre changeur de monnaies sans grands moyens et qui ne travaille qu’au coin de rue. Choqués, ils ont abattu l’infortuné qui est mort sur le champ. La victime, c’était, on s’en doute bien, le général de brigade Bikweto, juge à la Haute cour militaire, et que le chef de l’Etat venait de nommer comme commandant du Centre d’entraînement commando de Kotakoli. C’est à lui que revenait la délicate mission de remettre ce centre de formation sur les rails.

Ce crime a bouleversé toute la hiérarchie militaire, ainsi que tout le gouvernement. Si l’on a évoqué une piste de règlement des comptes, rien n’indiquait que le général de brigade Bikweto avait des ennemis qui lui en voulaient.

            Et les bandits qui ont mesuré tard la douleur infligée aux autorités militaires et à la famille de l’illustre disparu, se sont évanouis dans la nature. Ils ne réapparaitront que trois mois plus tard, cette fois-ci dans la commune de Bumbu, où ils ont abattu dans la nuit du 1er avril 2013, le sous-commissaire Ikelo Mozanda Delvaux du Bataillon de la police d’investigations criminelles et son fils, étudiant à l’IBTP. Ce crime commis dans leurs deux terrasses, était en sorte une déclaration de guerre que la pègre envoyait aux enquêteurs de la police criminelle. Adjudant Tambangi avait juré qu’il abattrait sans pitié tout policier qui se mettrait sur sa route. Il invitait par la même occasion, les enquêteurs de la police à s’abstenir à lancer des traques contre sa bande.

Il est alors entré en hibernation pendant des mois pour ressurgir le 20 septembre 2013, à la place de change de l’hôtel Tava dans la commune de Kintambo. Ici, alors qu’il était encore 17 H 45’, adjudant Tambangi et ses hommes ont enlevé le cambiste Roxy Tshimpaka dont le cadavre a été découvert le lendemain dans les parages du stade Tata Raphaël.

            La police désemparée par ces tueries, ne possédait aucune piste, ni d’indications sur ces malfaiteurs. Elle devait attendre que des rescapés des attaques de ces bandits fassent des portraits-robots de ces malfaiteurs.

            Le 8 août 2014, vers 20 H 45, à la place commerciale Kintambo Magasins, une cambiste très appréciée par ses collègues de la profession, procédait au change. Venus à bord d’un véhicule, les membres de la bande à l’adjudant Tambangi l’ont approchée comme pour effectuer une opération. Ayant suspecté un mouvement bizarre, Marthe Nsudila est allée se réfugier dans une pharmacie où les braqueurs l’ont pourchassée et abattue de plusieurs coups de balle, avant d’emporter son sac à main contenant des fonds en devises et en monnaie locale.

            Le vendeur Mfumu Kama qui a osé leur faire des remontrances a attrapé une balle à la tête et son cas nécessite aujourd’hui un transfert à l’étranger pour des soins spécialisés.

            Et comme si ces crimes ne suffisaient pas, la pègre s’est retrouvée dans la nuit du 19 août 2014, dans un bureau de change  dénommé Safrime Business, situé sur avenue Lukunga n°6, quartier Pompage, commune de Ngaliema. C’est à l’intérieur de cet établissement que maître Honoré Malumba wa Malumba, avocat de son état, venait échanger quelques billets de dollars. Non seulement ils l’ont tué de plusieurs coups de balle, mais ont arraché ses économies, la somme de 7.000 dollars.

            Le 9 septembre 2014, les yeux rouges de sang, l’adjudant Tambangi a effectué une sortie avec ses hommes. Ils sont allés opérer au quartier Ngomba Lutendele à Kimbwala.  La victime qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment, fut Okito Dieumerci, habitant sur avenue Panzu n°87, à Mont Ngafula. Ils l’ont tué et grièvement blessé. Un témoin de cette attaque a survécu. Il s’agit de  Mupwelenge Kizola Malachie à qui ils ont arraché une importante somme d’argent.

            Ces braquages et ces meurtres ne sont qu’un fragment du safari criminel de la bande à l’adjudant Tambangi qui n’a pas livré tous ses secrets, mais qui a dévoilé toute sa nocivité dans la ville où les habitants aspirent à la quiétude et à la paix.

Dossier à suivre !

J.R.T.

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