Les provinces brûlent… !

Les foyers de tension ne se comptent plus à travers le pays. L’impression de l’heure est que la République Démocratique du Congo brûle. Pour ne considérer que la situation du dernier week-end, il est bon de noter que le sang a coulé à Kananga, au Kasaï Occidental, à la suite d’une montée de tension provoquée par le dossier de la suspension préventive du gouverneur Kapuku. A Uvira, c’est l’assassinat d’un jeune homme d’affaires par des hommes armés qui a poussé la population locale à lyncher à mort trois suspects. Du côté de Beni et Butembo, les attaques à main armée contre de paisibles citoyens et des opérateurs économiques se poursuivent.
 Tandis qu’à Shabunda, les éléments FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) se sont signalés par des incendies des maisons et des champs, des viols des femmes, des exécutions sommaires dans les rangs des autochtones.
 En Province Orientale, les rebelles ougandais regroupés au sein de l’Armée de Résistance du Seigneur n’en continuent pas moins de semer la mort et la désolation dans le district de l’Ituri.
 On rappelle que la semaine dernière, un jet privé s’est posé sur l’aéroport de Goma, avec à son bord des trafiquants venus conclure, avec le général Jean Bosco Ntaganda, une transaction évaluée à plusieurs millions de dollars américains autour d’un stock d’or de contrebande estimé à 436 kg. En dépit de la saisie de cette importante quantité de matière précieuse par les autorités provinciales du Nord-Kivu et de l’arrestation de ses « partenaires » commerciaux, le général Ntaganda n’est inquiété par personne et continue de garder, par devers lui, la cagnotte mentionnée plus haut. L’impunité dont jouit cet officier supérieur des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) donne à penser qu’il bénéficie des complicités dans la sphère politique comme dans la chaîne de commandement de l’armée nationale.
 L’on ne peut manquer de signaler qu’il y a deux semaines, l’aéroport international de la Luano était l’objet des tirs nourris, œuvre d’un commando d’une vingtaine d’hommes venus de nulle part, présentés comme des « Tigres » (ex-gendarmes katangais), mais qui se sont volatilisés dans la nature comme ils étaient venus, laissant un mort sur le terrain, en la personne d’un vigile du Groupe Forrest International. Certains ont parlé d’une tentative réelle de déstabilisation des institutions de la République tandis que d’autres, comme le gouverneur Moïse Katumbi du Katanga, ont rangé la prétendue attaque armée dans le lot des canulars. Une enquête a toutefois été ouverte. Reste à savoir si elle répondra au désir de beaucoup de savoir ce qui s’est réellement passé à l’aéroport de la Luano le vendredi 4 février 2011.
 Au Bas-Congo, l’heure est au procès des ex-FAZ (Forces Armées Zaïroises) dont plus de 80 suspects présumés avoir voulu lancer une rébellion, en collusion avec le général Munene, recherché par la justice militaire et actuellement détenu dans une prison de Pointe Noire, au Congo/Brazzaville.
 A l’Equateur, c’est le scandale avec le contrat plus que léonin que vient de conclure le gouverneur Jean-Claude Baende, pour 210 millions Usd, en contrepartie des ressources naturelles à gager sur 75 ans, aux quatre coins du pays. Une nouvelle colonisation du peuple congolais est en marche.
 Tous ces signaux négatifs se manifestent curieusement à quelques mois de la tenue supposée des élections générales. Les actions des pyromanes auraient-elles pour objectif de faire imploser le processus électoral ? D’aucuns sont tentés d’y croire.
Jacques Kimpozo

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