Les propos de Minaku suscitent la tempête : Les FAC dénoncent la confusion et la distraction

facLe Phare a publié dans son édition du 14 octobre 2013 les propos tenus sur les antennes de RFI par Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale et Secrétaire Général de la Majorité Présidentielle.

S’il avait l’intention de susciter un vrai débat sur les matières abordées, M. Minaku a certainement atteint son objectif, car depuis son passage sur les antennes de RFI, on assiste à une véritable tempête de réactions, à l’image de cette déclaration en une vingtaine de points rendue publique par les Forces Acquises au Changement et signée par son coordonnateur Martin Fayulu. Pour les Fac : 

  • Les propos d’Aubin Minaku,  Président de l’Assemblée nationale et Secrétaire général de la mouvance, le vendredi 11 octobre courant sur les antennes de RFI, ont indigné les Congolais et tous les observateurs avertis de notre marche vers la démocratie.
  • En effet, Monsieur Minaku déclare ce qui suit : « le Président de la République partira après les élections. Parce que selon la Constitution congolaise, une institution libère les fonctions quand il y a une autre qui a été élue de façon démocratique. Le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila ». Affirmation grave et mensongère qui s’apparente à un crime de lèse-majesté.

  • Comment un Président de l’Assemblée nationale, qui est supposé connaître l’agencement de la Constitution, peut se permettre de tenir de tels propos ? Que signifierait « le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République… » ? Nous en déduisons que ces élections sont donc hypothétiques. En effet, c’est une déclaration évocatrice de ce que son groupe, y compris Malu-Malu, nous préparent, c’est-à-dire pas d’élections présidentielle et législatives nationales en 2016.
  • Les FAC tiennent à rappeler à l’opinion nationale et internationale que notre Constitution est très claire quant à l’organisation des élections à tous les niveaux. Pour cela, il faut se référer aux articles 70 et 73 pour le Président de la République,à l’article 103 pour les députés nationaux et provinciaux, à l’article 105 pour les sénateurs et à l’article 198 alinéa 2 pour les gouverneurs des provinces.
  • Prenons le cas du Président de la République. L’article 70 stipule que «le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu». C’est certainement à ce deuxième alinéa que Monsieur Minaku s’accroche et nous lui disons que c’est de la supercherie.
  • Le deuxième alinéa de l’article 70 est une disposition transitoire, pour préparer l’entrée en fonction du nouveau Président élu, qu’il faut nécessairement combiner avec l’article 73 qui stipule : « le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoquée par la Commission Electorale Nationale Indépendante, quatre-vingts-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice ». Cela veut tout simplement dire qu’on ne peut pas aller au-delà de quatre ans et neuf mois pour organiser une nouvelle élection présidentielle. C’est une disposition contraignante qui existe dans toutes les constitutions des pays démocratiques ; certes,pas forcément dans le même libellé.
  • Il est par exemple inconcevable qu’au Ghana et au Sénégal qu’il n’y ait pas élection présidentielle aux dates prévues. Comme aussi aux Etats-Unis et en France, il y aura forcément élection présidentielle respectivement en 2016 et 2017, sauf cas de force majeure du type  le pays est envahi par des forces étrangères, par exemple. A moins que Monsieur Minaku corrobore l’idée  qui circule dans certains milieux et qui dit que le M23 et ses alliés rwandais et ougandais nous poussent à la guerre pour qu’il n’y ait pas élections en 2016. Nous demandons à Monsieur Minaku de clarifier sa position sur ce point.
  • Nous rappelons d’ailleurs que la CENI dirigée par le tristement célèbre Ngoy Mulunda,  avait été contrainte d’organiser l’élection présidentielle de 2011 suffisamment à temps pour qu’au 06 décembre 2011, le nouveau Président soit connu afin de se conformer à la Constitution et donc éviter au pays un scenario catastrophe c’est-à-dire un pays sans Président. Et nous avons tous en mémoire la réunion que Monsieur Ngoy Mulunda avait eue avec le candidat Etienne Tshisekedi avant le 06 décembre 2011 pour négocier le report de la promulgation des résultats. Monsieur Minaku doit arrêter de prendre les congolais pour des imbéciles.
  • Le Président de l’Assemblée nationale va plus loin en disant « … et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila». Allez-y comprendre quelque chose. Ce quelqu’un d’autre là est opposé à Kabila ou à un fantôme ? Nous sommes totalement abasourdis par Monsieur Minaku car tantôt il dit « ça signifie qu’il ya respect de deux mandats non renouvelables… ». Tantôt il dit « … et ce sera gagné par quelqu’un d’autre… ». Nous demandons à Monsieur Minaku de nous dire si c’est une provocation ou un exercice de style  ou sinon quelle est la pensée réelle de sa mouvance qui s’élargit de jour en jour sans avoir l’adhésion de la population?
  • Ceci étant, les FAC se réjouissent d’avoir contré Monsieur Kabila et ses amis à déclarer ouvertement que « …la révision de la Constitution ce n’est pas un tabou, mais il s’agit d’une révision des dispositions révisables. On ne touche pas aux dispositions intangibles». L’article 220 « c’est une disposition intangible ! On ne touche pas à cette disposition. Ça signifie qu’il y a respect de deux mandats non renouvelables». Bravo les FAC pour la campagne « Touche pas à mon 220 et pas de présidence à vie en RDC ».
  • A ce sujet, nous allons donner, dans les jours qui viennent, les résultats de notre campagne et annoncer comment nous allons la poursuivre pour que les élections (présidentielle et législatives nationales) soient organisées impérativement en 2016 et éviter tout coup d’Etat constitutionnel.
  • S’agissant de la Cour Constitutionnelle, les FAC constatent qu’après près de trois ans, Monsieur Kabila vient de promulguer la loi sur la Cour Constitutionnelle, sans se soucier du moindre respect de la Constitution, car l’alinéa premier de l’article 140 de notre loi fondamentale stipule que « le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours de sa transmission après l’expiration des délais prévus par les articles 136 et 137 de la Constitution ». Quelle est la valeur légale d’une institution dont l’acte fondateur viole la Constitution ?
  • Les concertations de débauchage sont un échec patent car la cohésion nationale souhaitée ne sera jamais retrouvée sans un dialogue franc et sincère. Monsieur Kabila ne peut se conformer à son ordonnance de convocation de ses assises car il a été piégé par l’article 12 alinéa 2 qui lui donnait l’occasion de rendre compte des conclusions et recommandations des concertations à la Nation devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès. A moins de violer l’article 119 de la Constitution, comme d‘habitude, nous ne voyons pas comment le Congrès peut être convoqué à cet effet.
  • Aussi, le Sénat étant fin mandat, donc illégitime, et par le fait qu’il n’existe pas de règlement intérieur du Congrès, toute convocation du Congrès est anticonstitutionnelle. Voilà pourquoi, les FAC exigent un dialogue national pour entre autres vider la question de la crise de légitimité.

* A propos de la guerre à l’Est de notre pays, nous savons que le Rwanda est en train d’abattre ses dernières cartes pour rendre la balkanisation effective. Le monde entier est au courant de la forte concentration des troupes rwandaises à Rutshuru. La MONUSCO et le gouvernement congolais savent aussi que des milliers de rwandais chassés de Tanzanie (deux à trois milles selon les sources) et déversés à Rutshuru peuvent constituer une menace car le M23 distribue les champs des autochtones déplacés dans des camps autour de Goma aux nouveaux venus. La même présence massive des rwandais est signalée dans la plaine de la Ruzizi au Sud kivu. Il est évident que c’est un piège de Kagame qu’il faut déjouer avant de tomber dans le panneau.*

* Voici ce que rapporte l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW), dans son communiqué de presse du 03 octobre dernier : «une habitante de Rutshuru a déclaré cette semaine à des chercheurs de HumanRights Watch avoir été violée par un combattant du M23 qui lui a dit : ‘’nous aussi nous avions des femmes, mais elles sont restées au Rwanda. Voilà pourquoi nous vous violons’’. Après l’avoir violée, le combattant lui a tiré une balle dans chaque cuisse ».Est-ce qu’on peut rester indifférent face à une telle situation ?Congolais, réveille-toi.

  • Les FAC disent non à l’intégration des éléments du M23 ni dans les FARDC, ni dans aucune autre institution de la République. Une force négative reste une force négative, n’en déplaise à certains.
  • Les FAC dénoncent l’attitude non équitable de Monsieur Kobler. En effet, ce dernier laisse de côté une partie de sa mission contenue dans les points 5  et 14b de la Résolution 2098. Il ne veut pas rencontrer les politiciens opposés à Kabila. Alors, comment va-t-il soutenir, coordonner et évaluer l’application en RDC, des engagements nationaux pris dans l’Accord-cadre et comment va-t-il promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises. Nous l’invitons à se raviser pour nous rencontrer dans un bref délai, afin que nous puissions partager avec lui nos réflexions sur la marche de notre pays.
  • Les FAC exigent la libération de tous les prisonniers politiques, notamment Pierre-Jacques Chalupa, Eugène Diomi Ndongala, Pasteur Kuthino, ZangiMuhindo, Patrick Palata, Marie-Josée Kabungama et tant d’autres.
  • Enfin, nous, membres des Forces Acquises au Changement, avons décidé de continuer à nous battre pour la dignité, l’unité, l’intégrité et le développement de notre pays.

Vivent les Forces Acquises au Changement !Vive le peuple congolais!

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo !

Pour les FAC

Coordonnateur

Martin M. Fayulu

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