Les Premières rencontres africaines de l’audit social ont vécu

 

Kinshasa a abrité le vendredi dernier, à Ngaliema, l’une des communes de la capitale de la RDC, les Premières rencontres africaines de l’audit social organisées par l’Université professionnelle d’Afrique(UPA), l’Institut d’audit social(IAS), et la Revue africaine de management (RAM). Cette manifestation scientifique de haut niveau qui s’est déroulée, à l’Ecole supérieure de management de Kinshasa, érigée en industrie du savoir, a permis de regrouper une centaine de participants venus d’Afrique et d’Europe, recrutés dans les rangs des dirigeants et cadres d’entreprises publiques et privées, ainsi que des chercheurs. Jean-Marie PERETTI, président de l’IAS, co-fondateur de l’UPA et dirigeant de l’ESSEC Business School, a exposé sur le thème « l’Audit social dans les entreprises africaines, un nouveau défi pour les DRH ? ». Il avait été introduit par le modérateur, le Dr Richard Delaye, directeur pédagogique de l’ESMK et doyen du corps professoral de l’UPA. 

Dans son intervention, le président de l’IAS a abordé les nombreux apports de la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise (RSE) et de l’audit social pour répondre aux multiples enjeux du développement des entreprises africaines en général, et congolaises en particulier. Il en a profité pour rappeler les notions de base de l’audit social, et formuler les réponses à apporter à toutes les questions que l’on se pose dans la gestion des ressources humaines. Le professeur Jean-Marie Peretti s’est étendu sur le développement des référentiels internes et externes de l’audit social, avant d’esquisser de belles perspectives de l’audit social et de la responsabilité sociale et sociétale dans un monde marqué par d’incessants progrès scientifiques.

Quatre ateliers thématiques ont rassemblé les participants en quatre groupes, parmi lesquels on retrouvait les étudiants de l’ESMK et les élèves du Lycée français de Kinshasa. Pour le premier atelier, le professeur J-M. Peretti a parlé de « L’audit social, levier du management en Afrique ». « L’audit social et responsabilité sociale dans l’entreprise, une interaction à forte valeur ajoutée pour l’entreprise » est le sujet présenté par Bouchra Bakadir.  Stéphane Boukrandi, directeur du Centre d’intelligence sociale de Sciences PO – Aix, a planché sur «  Former à l’intelligence sociale, levier de développement de la responsabilité sociale dans l’entreprise » et le Dr Richard Delaye sur « Manager en terre d’ébène, entre Nganga et gestionnaire ».     

Le deuxième atelier axé sur «  Management de l’audit social, une approche éthique, ethnique et culturelle, a exploré les questions d’éthique et culture. Il était animé par le professeur Jean-Paul Tchankam de l’Ecole de management de Bordeaux, et président de la Commission de l’audit social de l’Afrique subsaharienne. Mlle Elodie Bacuzzi, ingénieur Ensam, a présenté une étude sur la gestion de l’expatrié, en Angola, au Congo-Brazzaville et en RDC. La directrice générale de l’ESMK, Yvette Ikolo, a pour sa part, entretenu l’assistance sur « l’équité et le recrutement ».

Le troisième atelier présidé par Franck Meriau de l’Université professionnelle d’Afrique et directeur général de la Chambre de commerce franco-congolaise, a abordé le thème «  Processus de transmission et audit social ». Rosalyne Dodo Worou qui mène des recherches en Afrique de l’Ouest, s’est appesantie sur la «  Transmission intergénérationnelle des savoirs et des compétences en milieu professionnel au Bénin ». Et le chercheur Gilbert Mubangi de l’Université de Kinshasa a dévoilé les «  Héritages des traditions africaines et de la colonisation : chance ou handicap dans le fonctionnement social de l’entreprise en Afrique. Cas de la Socir ». Anne-Marie Fray, de France Business School de Tours, vice-présidente de l’UPA, s’est intéressée au «  Changement subi et acteurs à reconstruire. L’exemple du service public peut-il être transmissible ? ». Autre sujet qui a captivé les participants, c’est «  Les nouvelles générations face à l’audit social et à la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise » du Dr Richard Delaye.

Enfin, le quatrième atelier a eu pour socle thématique « La promotion sociale et le développement des compétences en Afrique ». Pour sa compréhension, quatre interventions ont été présentées tour à tour par Emmanuel Hounkou, de l’Université d’Abomey-Calavi, Pierre Dinassa Kilendo, Yvette Ikolo et Zahir Yanat. Aux questions demeurées pendantes dans la gestion quotidienne des ressources humaines, aussi bien en Afrique qu’en Occident, de nombreux chercheurs tentent de trouver des réponses scientifiques appropriées. Pierre Dinassa Kilendo a exposé sur «  Le développement de la formation professionnelle en alternance au Congo-Brazzaville. Cas de la DGC Congo ». Yvette Ikolo a présenté quelques aspects de «  La compétence, ascenseur social pour les Congolais » en insistant sur le fait que seule la compétence permet l’acceptation, l’affirmation et la promotion des individus dans des entreprises. Pour terminer, Zahir Yanat a exploré les voies du «  Développement durable et gouvernement des hommes. Quelles implications pour le continent africain ? ».

On ne peut oublier l’intervention de Me Alexis Moisand, avocat associé au cabinet Vaughan, qui s’est intéressé aux aspects juridiques dans la gestion des entreprises et de leurs ressources.

Retenons que le 30ème anniversaire de l’Institut d’audit social sera célébré le 22 novembre 2013, par une série des manifestations dont en marge, la création à Kinshasa, de l’Institut d’audit social de l’Afrique centrale( IASAC), et une série des publications de la Revue africaine de management.

Tshieke Bukasa

 

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