Les précisions de Bernadette Tokwaulu

L’affaire inscrite sous RP 586 opposant le ministère public à l’Administrateur délégué général de Société nationale d’électricité (Snel) a fait l’objet d’une audience en continuation mardi devant la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe. Les juges ont renvoyé l’affaire au vendredi 26 février courant pour permettre aux avocats de la défense de préparer leurs plaidoiries et donner l’occasion au ministère public d’apprêter son réquisitoire.

Citée à comparaître pour éclairer la Cour au sujet de sa correspondance destinée au ministre de l’Energie avec copie à la Police judiciaire, l’Adga de Snel, Bernadette Tokwaulu a présenté les moyens de sa défense. Madame, reconnaissez-vous la lettre publiée dans le journal CongoNews et l’avoir donné à ce journal ? Oui, mais pas l’avoir donnée au journal, a répondu Tokwaulu en qualité de témoin. Pourquoi l’avoir écrite et l’avoir adressée au ministre de l’Energie et à la Police judiciaire ? « Parce que je voulais tenir informés aussi bien notre tutelle exécutive que ceux qui avaient enfermé l’Adg et l’Adf ». Et quand vous dites dans votre lettre « …constituerait un détournement… », c’était pour arriver à quelle fin, selon vous ? Réponse de Tokwaulu : « Aux fins d’informer la hiérarchie exécutive de ce qui venait d’arriver ». « Monsieur le président, votre honneur, je n’affirme pas qu’il y a eu détournement parce que j’ai, dans la lettre, conjugué au conditionnel ».

Détournement ? Connais pas  

Tant du côté des juges que du ministère public, la majorité des questions ont trouvé leur fondement sur la correspondance de Bernadette Tokwaulu. Que savez-vous de 6,5 millions de dollars retirés de la Banque BIC ? A cette interrogation des juges, elle a fait savoir que « je n’en savais rien d’autant qui ce n’est pas moi que détiens les données financières de l’entreprise ».

«En 2008, a-t-elle poursuivi, quand j’ai été informée de leur interpellation suivie de leur détention à la Police des parquets, j’ai ordonné qu’on me présente les états financiers du dossier et j’ai relaté, dans la lettre, des faits dont j’avais connaissance ». Dites à la Cour s’il y a eu détournement ou pas ? « Je ne dispose pas d’éléments du dossier ». Donc affirmez ou infirmez-vous qu’il y a eu détournement ? Je ne suis pas l’organe de la loi pour infirmer ou confirmer, a-t-elle rétorqué. Les juges ont, en outre, cherché à savoir si l’Adga connaissait la destination donnée aux 250.000 dollars pour lesquels les deux hauts cadres de Snel sont également poursuivis. Ici, comme ailleurs, Tokwaulu a réagi qu’elle n’entrait pas dans la gestion financière mais sait cependant que certains crédits actionnés n’entraient pas dans le cadre de la fiabilisation du groupe 23 d’Inga II.

« J’ai écrit la lettre… »

Est-ce que vous aviez informé l’Adg et l’Adf de tout ce que vous entrepreniez pendant leur détention et pourquoi avoir informé la Police judiciaire ? Parce que les deux étaient en détention à la Police , a répondu Bernadette Tokwaulu qui a fait observer aux juges que c’est sur la base du tableau financier qui lui a été présenté que « j’ai écrit la lettre». A une question de savoir ce qu’elle en savait de MagEnergy, elle a situé le dossier à deux niveaux : « Je sais que MagEnergy devrait fiabiliser le groupe 3 d’Inga II et qu’une Convention de MagEnergy stipulait que le groupe 3 devrait être réparé dans les12 mois et que le payement de MagEnergy interviendrait à partir de la remise à l’état du G23 jusqu’au premier anniversaire du premier financement ».

« Dans les termes de la loi »  

Une autre question du président de céans, le juge Kazadi : Etes-vous en bons termes avec l’Adg et l’Adf ici présents? « Nous travaillons dans les termes de loi », a-t-elle répliqué. Et à titre personnel ? « Je préfère répondre du point de vue professionnel ». L’un des avocats de la défense, Me Chebele a expliqué que les 250.000 dollars Us ont été affectés à l’achat d’un pivot pour la centrale de Zongo et que le chèque de la Banque internationale de crédit (BIC) était destiné à désintéresser Corelec. Toutes les pièces sont là comprenant les bons de commande et des bons de livraison, a ajouté l’auxiliaire de justice pour couvrir les clients. Sur ces entrefaites, les juges ont suspendu les débats et l’audience fixée pour ce vendredi.                 D-I.K

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