Les «poches noires» complices des Kuluna

Les nombreuses poches noires de la ville de Kinshasa, ces coins sombres sont devenus des viviers des malfaiteurs,  leur terrain de prédilection par excellence, pour des extorsions et d’autres crimes innommables. Et ils ne sont pas les seuls à y opérer dès la tombée de la nuit. 

            Aussitôt que les adolescents de sexe opposé se séparent avant 20 H, les Kuluna ivres de chanvre et d’alcool investissent les lieux, brutalisant les jeunes garçons, violentant les jeunes filles et dépouillant leurs victimes de leurs effets de valeur avec une cruauté indicible. Non sans mettre en péril quelquefois la vie de ces dernières qu’ils blessent à la machette à la tête ou aux bras. Si certaines survivent à des blessures, l’histoire de la criminalité raconte que d’autres ont rendu l’âme à la suite de fortes hémorragies, sans avoir pu accéder à la salle d’urgence d’un hôpital de référence.

            Les délinquants sont pourtant là, cultivant leur dangerosité dans nos différents quartiers, répertoriés par les services de police et bien connus de certains fonctionnaires des communes. On en a appréhendé quelques-uns, sans baisser le taux de criminalité dans la capitale. Des vagues de ces délinquants mises hors d’état de nuire, ont même été déversées dans les prisons à Buluwo, Osio, Angenga et de Bandundu. Malgré le grand battage médiatique de ces transferts des prévenus, les pépinières des Kuluna n’ont pas cessé de «  former » et de jeter dans la ville, ces hordes des malfaiteurs en herbe.

            Mais une chose est certaine, la police est là aux aguets, dans l’attente des plaintes des victimes ou des informations des indicateurs. On ne peut que saluer les quelques coups de filet opérés sporadiquement par les différentes unités, sans déplorer le fait qu’aucun coup de bâton n’est cependant administré dans les «  termitières » de ces hors la loi.

            Lundi dernier, l’Inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa a présenté à la population kinoise, un échantillon de la pègre tombé dans les filets de ses services. La manifestation, comme il faudrait le rappeler, s’est déroulée au Camp Lufungula, en présence de quelques victimes et d’une foule nombreuse. 

Djimy et sa bande semaient la terreur à Matete 

            Djimy Limbondo, le Kuluna qui a rallumé ces derniers temps, le flambeau de la criminalité à Matete, passait pour un malfaiteur insaisissable dans son fief dont il maîtrisait les coins et recoins. Dès que les policiers se pointaient dans un quartier, ses antennes aussitôt alertées le prévenaient de la traque lancée contre lui, et il disparaissait vers Rifflart ou le quartier Debonhomme.

            De son vrai nom, Djo Vanga Tondo, chef d’une bande des marginaux et détient un palmarès sinistre qui fait de lui, l’ennemi public numéro un à Matete, dont la tête était mise à prix, et que la police devait impérativement mettre hors d’état de nuire. D’ailleurs, son arrestation a été saluée comme un trophée important pour le Bataillon de la police d’investigations criminelles.

            Domicilié au n° 1/D au quartier Lokele, commune de Matete, ce bandit a indiqué que ses comparses sont en détention à la Prison centrale de Makala, condamnés pour des extorsions et des coups et blessures volontaires.

Mlle Afwa Ange, l’une de ses nombreuses victimes, a dévoilé que son agression remontait à la nuit du 9 au 10 août 2010, vers 19 heures.

            Cette nuit-là, des noctambules croisés par ces marginaux armés des machettes ont subi la loi de la pègre. Blessés avec des armes blanches, ils ont été dépossédés de leurs téléphones et de leurs économies.

            Mlle Afwa a perdu dans ces circonstances traumatisantes, qu’elle n’osait pas rappeler sans larmes, ses bijoux, son appareil cellulaire de marque et un montant de 250 dollars.

            Excédés pour leur part, par les cruautés commises par Djimy et les membres de sa bande, les habitants de Matete ont organisé le jour suivant, une expédition punitive au domicile de son acolyte Mabiala qui fut tué par lapidation.

            Aux dernières nouvelles, nous apprenons que la bande s’est aussitôt dissoute, craignant de subir le sort infligé à Mabiala. 

Ngaba, le fief de Flory Niambina et de ses lieutenants 

            Le jour comme la nuit, les rues de Ngaba sont fréquentées par des piétons qui passent et repassent. Parmi ces piétons, la population a pu identifier des hordes des malfaiteurs.

            Gabriel Bundulu Nsi Nsima, paisible habitant de cette commune, ne s’imaginait pas que sa chaînette en or coûtant 1.500 dollars qui ornait son cou, pouvait lui attirer des ennuis. Car, sans le savoir, il était filé, jusqu’au jour où la bande à Flory Niambina l’a encerclé.

            L’a encerclé sur une avenue sombre. On lui a arraché ce bijou au quartier Mukulu, en présence de quelques témoins apeurés, incapables d’intervenir contre cette attaque des Kuluna brandissant des machettes.

            Le Bataillon de la police d’investigations criminelles a réussi à mettre la main sur la bande à Flory, composée d’Héritier, Razi, Guycha et Babo.

            De ces coups de filet, la population ne réclame qu’une chose, un châtiment exemplaire pouvant dissuader ces hors la loi qui s’exhibent lors des procès en flagrance, comme de mauvais garçons.

            Il a été demandé à la population d’aider les services de la police à localiser les repaires des malfaiteurs et à contribuer à la lutte contre la criminalité. Pourtant, il suffit d’organiser des patrouilles mixtes police et armée dans des quartiers criminogènes pour se rendre compte que des délinquants fument le chanvre aux coins des rues les plus fréquentées, sans se gêner. Certaines parcelles sont connues comme des points de vente de drogues et autres alcools indigènes. Aucun effort n’est fourni pour faire des rondes des quartiers et se rendre compte de l’ampleur qu’a pris ces temps derniers, la toxicomanie dans les milieux de la jeunesse délinquante ou désoeuvrée. 

 J.R.T.       

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