Les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme

Des nombreux pharmaciens nationaux et étrangers se sont donné rendez-vous à l’Hôtel Venus de Kinshasa, depuis lundi 26 septembre 2011, afin de réfléchir profondément sur la question de la « Qualité des médicaments en Afrique ». En marge de ce Salon International de la Pharmacie du Congo (SIPHACO 2011), a-t-on observé hier, les organisateurs ont offert non seulement un espace de réflexion pour ces disciples d’Hippocrate mais aussi une salle d’exposition afin de faire découvrir les nouveaux produits et services de l’univers pharmaceutique aux visiteurs et curieux.

Prenant la parole à cet effet au nom des importateurs de la Fédération des Entreprises du Congo(FEC), Yvon Tshizubu a d’emblée salué le thème interpellateur de cette 3ème édition du SIPHACO au moment où les entrepreneurs sont vivement concurrencés sur terrain par des produits contrefaits et de mauvaise qualité. « Il n’existe malheureusement pas de statistiques précises pour notre pays, cependant nous pouvons affirmer qu’actuellement 70% des produits médicaux dans le monde sont issus de la contrefaçon… » a-t-il clamé. Occasion pour lui de lancer un appel aux gouvernements central et provinciaux ainsi qu’aux organisations professionnelles (OMS, Ordre des Pharmaciens, etc.) afin d’activer davantage la lutte contre la commercialisation des produits douteux. Celle-ci doit commencer par l’élimination de la vente des produits dans la rue car c’est une humiliation pour nous, a-t-il conclu.

Principal partenaire des apothicaires dans leur lutte contre ce fléau, l’Office Congolais de Contrôle(OCC) a confirmé, par l’entremise de son administrateur-directeur général, Albert Kasongo Mukonzo, le renforcement depuis 2009 de ses prérogatives pour l’accomplissement de sa mission avec abnégation à travers tout le territoire national. Par ailleurs, informe-t-il, ce service public a décidé de certifier désormais les produits congolais afin de les rendre plus compétitifs dans le marché international.

« Siphaco » : ni syndicat, ni organe de régulation

Hôte du jour, Clément Wuteji, président du SIPHACO a modestement reconnu le pari gagné de l’organisation de cette édition au regard du contexte électoral particulier que traverse le pays. Cependant, a-t-il fait noter, le grand défi reste à véhiculer correctement la portée exacte de cet événement après les deux précédents et aussi après la tenue du XIème forum pharmaceutique.

En effet, se lançant dans une démarche explicative, Clément Wuteji a souligné que le Siphaco est d’abord un espace d’échanges d’expérience et de connaissances scientifiques ; ensuite, un lieu de promotion et de découverte de biens et services nouveaux; et enfin, un milieu d’affaires où des contacts peuvent se nouer pour des partenariats. Par contre, précise-t-il, ce n’est pas une plate-forme syndicale pour les intérêts de la profession car il en existe déjà, ni un organe de régulation car la fonction revenant à l’Etat. « Nous nous limitons seulement à inviter d’autres confrères d’ailleurs pour que au regard de leurs expériences réussies, notre syndicat s’en serve sur l’un ou l’autre aspect… » a appuyé Clément Wuteji.
Dans le lot des invités présent, à ce salon international, on a noté la présence de la camerounaise Dr Emilienne Yissibi, du Français Dr Guy Bourdeau et de son collègue le Dr Bruno Eto.

Cette session qui se clôture demain mercredi 28 septembre permet au SIPHACO d’ajouter cet événement dans son escarcelle aux côtés des réalisations telles que la présence de Eurapharm à l’édition 2008 ; l’organisation à Kinshasa du XIème forum et le lancement officiel du 2ème SIPHACO par le Fonds de promotion industrielle (FPI) ; la sortie du ghetto de l’industrie pharmaceutique de la RDC grâce à une facilitation des contacts avec des firmes étrangères ; l’ouverture de la RDC à l’amitié des notoriétés du monde pharmaceutique ; les différentes formations au profit des pharmaciens, etc.

Tshieke Bukasa

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