Les nouveaux enquêteurs des FARDC

C’est ce vendredi que prend fin, au Centre supérieur militaire, la formation des officiers supérieurs militaires chargés des enquêtes criminelles dans certaines unités et les régions militaires, organisée par le DIILS et la Justice militaire congolaise, avec la collaboration de NCIS.  Au-delà de l’objectif d’assurer la formation de leurs collègues, les enquêteurs ainsi formés pourront mener des investigations dans toutes les futures affaires criminelles, puisqu’ils ont acquis les ficelles du « métier ».

Dans notre pays, la carence en criminologues et de laboratoires spécialisés n’avait pas permis à l’époque, à la justice congolaise, civile et militaire, d’élucider certains crimes et de découvrir des traces des malfaiteurs. Par ces lacunes, plusieurs évidences étaient négligées, des preuves abandonnées sur les lieux des crimes, et même certains suspects non identifiés et non interpellés. Les enquêtes ainsi mal orientées, se consacraient plus aux détails et aux personnes non directement liées aux crimes. D’où l’impunité généralisée qui a toujours servi de lit aux assassins et autres meurtriers encore en liberté dans notre pays.

C’est ainsi que la RDC a enregistré un nombre important d’affaires criminelles non élucidées qui pourtant, étaient faciles pour les spécialistes. Car, pour ces derniers comme pour l’instructeur Vincent Lofstrom et ses collègues de NCIS, les criminels laissent toujours des traces sur les lieux des crimes.       C’est ici que les enquêteurs sont appelés à développer des talents particuliers et à faire usage d’un sens d’observation très poussé. Les cinq sens doivent être mis à profit pour détecter tout indice ou toute évidence pouvant guider les enquêtes sur la compréhension des mobiles du crime, le modus operandi des criminels et la voie de leurs pistes.

A la question du Phare de savoir s’il y avait des cas des affaires criminelles non élucidées, les spécialistes du NCIS sont tous formels. Aucune affaire criminelle n’est dépourvue des traces. Si les criminels ont agi dans une pièce, ils laissent souvent leurs empreintes palmaires ou digitales. Quelquefois, leurs mèches de cheveux, leurs pièces d’identité ou tout objet leur appartenant.

En effet, c’est avec leurs mains qu’ils tiennent des objets ou des armes, maîtrisent et déplacent leurs victimes. Ils ouvrent les portes ou les fenêtres avec leurs mains, marchent sur des carrelages, montent sur des échelles et manipulent des objets.  Et qu’en est-il des maisons ou des appartements incendiés pour dissimuler des crimes ?

Pour les formateurs de NCIS, le feu ne détruit pas tous les indices.  Quelque part, il persiste quelque chose qui servira de piste pour la suite des investigations. La grande question est celle de savoir comment déceler les preuves. Si l’enquêteur ne fait aucun effort pour les détecter, les collecter et les sceller, c’est qu’il n’aura pas la tâche facile. En outre, c’est avec les déclarations des témoins que l’on s’oriente dans les enquêtes. Dans la plupart des cas, on ne doit pas sous-estimer les détails et négliger les suspects même s’ils paraissent à première vue, innocents.

Après cet entretien avec les formateurs du célèbre Service d’enquête criminelle de la marine américaine, nous avions été conviés à suivre d’autres exercices pratiques. Ils consistaient à détecter à partir de plusieurs photographies prises sur les lieux des crimes, les évidences. A cette occasion, les officiers congolais ont manifesté leur passion pour le « métier » et leur aptitude à trouver des réponses aux questions leur posées. Aujourd’hui, s’ils sont envoyés en mission à l’étranger, ils seront à même d’apporter des solutions aux problèmes rencontrées sur les lieux des crimes. Et pourront travailler en équipe avec d’autres enquêteurs, sans complexe.

              J.R.T.

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