Les nouveaux billets de banque à l’épreuve de la confiance des consommateurs

Comme décidé par l’autorité monétaire, c’est le 2 juillet que les nouvelles coupures de monnaie à valeur faciale élevée vont subir sur toute l’étendue du territoire national, l’épreuve de la confiance des consommateurs. On croyait qu’il était prudent de faire passer d’abord, les billets de banque, à un test de confiance, au niveau de grandes villes. Mais, aux dernières nouvelles, les campagnes sont aussi concernées. Cette information a été confirmée, une fois de plus, par le directeur général de l’Hôtel de monnaies, le D.G. Vincent Ngonga Nzinga, au cours de la conférence-débat tenue mercredi dernier, à l’Université catholique du Congo.
Lors de cet échange,  professeurs et étudiants de la faculté de l’économie et du développement de cet établissement d’enseignement supérieur et universitaire ont réitéré les mêmes craintes que celle de la population au lendemain de l’annonce de cette nouvelle. 
Le D.G. Ngonga qui comprend cette attitude des consommateurs des billets de banque, a synthétisé leurs préoccupations qu’il juge d’ailleurs légitimes. Il y a d’abord le risque de la hausse généralisée des prix et partant du coût de la vie déjà préoccupant, en raison des anticipations, de la spéculation, de l’excès de monnaie et de l’ajustement possible des prix à la coupure disponible. Il a évoqué ensuite le risque de disparition de petites coupures ou de la monnaie divisionnaire, comme c’était le cas avec les centimes et les coupures de 1 FC et de 5 FC. Il est aussi fait allusion au risque de distribution, avant le lancement, des cartons de billets de banques à certaines autorités. Ces cartons se retrouveraient après, en l’état, sur certaines places de change. La raison évoquée par la population, a fait remarquer le DG de l’Hôtel des monnaies, est que ces billets ont été imprimés entre 2003 et 2004. A ses yeux, la population redoute avec raison ce qui s’est passé au cours des années 1990 caractérisées par la mise en circulation des billets s’accompagnant d’une croissance monétaire exagérée et entraînant une hausse vertigineuse des prix, la dégradation du pouvoir d’achat des consommateurs et des conditions de vie de la population.
 
Pour apaiser les uns et les autres, et inciter la population à consommer ces billets à valeur faciale élevée, il a donné la stratégie de lancement de ces coupures et s’est appesanti sur les politiques à mettre en œuvre pour accompagner leur émission, tant au plan de la gestion de la liquidité, de la politique budgétaire, que de la politique monétaire.
Au plan de la politique de change, le D.G. Ngonga a donné les mesures de sauvegarde qui consistent à éviter toute injection des liquidités par des achats des devises, tandis qu’au plan de la politique des prix, il a relevé le report de la suppression de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée pour les produits de première nécessité, et le non ajustement des prix des produits pétroliers.
Pour terminer, il a dévoilé quelques préalables pour réussir cette opération de lancement de ces billets de banque, en insistant sur le fait que les conditions sont aujourd’hui réunies pour le faire, dont la stabilité du taux de change, du cadre macro-économique, les réserves de change assez suffisantes, les besoins du marché en grosses coupures pour répondre aux grandes transactions financières, le respect de la discipline budgétaire au niveau du gouvernement et de la politique monétaire à la Banque centrale.
Lors du débat, il a répondu à toutes les questions, assisté par le professeur Tshiunza Mbiye, l’un des grands monétaristes que compte notre pays, administrateur à la BCC.
Notons que le D.G de l’Hôtel des monnaies a été introduit par le doyen de la faculté de l’économie et du développement de l’U.C.C, le professeur Mbwebwe.                                            
 
        J.R.T. 

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