Les « médicaments de la mort » en discussion à Kinshasa

La cinquième édition du Salon international de la pharmacie du Congo (SIPHACO) a ouvert ses portes, hier lundi 8 décembre 2014 à l’hôtel Sultani à Kinshasa. Session réunissant des pharmaciens, des médecins, des infirmiers, des assistants en pharmacie et des entreprises pharmaceutiques à l’échelle internationale, elle va articuler ses travaux sur plusieurs volets, notamment scientifique, formation et exposition. « De nos jours, la qualité s’impose comme l’élément le plus déterminant dans la production des biens et services. Les soins en tant qu’acte ou agrégat de service n’échappent pas à la règle. Cest qui explique la forte pénétration de la qualité dans le domaine de la santé. Pour vous en rendre compte de cette évolution, nous en voulons pour illustration le marquage du label qualité sur les seringues, poches de sang, les épicrâniens, etc. » a annoncé Clément Wuteji, président du Siphaco, dans son mot d’ouverture de cet événement.

En effet, c’est autour du thème « Les enjeux de la qualité des services dans la filière de soins face à la problématique de l’officine en RD Congo » que les participants vont cogiter durant ce salon qui se clôture ce mercredi 10 décembre.

A en croire le pharmacien Clément Wuteji, ces certifications qui hier étaient volontaires sont devenues obligatoires dans certains espaces « au point où ne peut être utilisé que ce qui est certifié ». « Que dire encore de l’accréditation des laboratoires d’analyses de biologie médicales qui est devenue obligatoire dans certains pays ? » s’est-il interrogé.

Invité à animer la conférence inaugurale, le pharmacien congolais/Brazzaville, Boniface Okouya a révélé que ce salon 2014 va mettre l’accent autant sur les détenteurs des officines, que la gestion de ces établissements commerciaux. D’ores et déjà, ce président honoraire de l’Intersyndical des pharmaciens d’Afrique a indiqué à l’assistance que le patient est un client qui doit recevoir des réponses adéquates à ses besoins explicites et implicites. Pour ce faire, a-t-il exhorté ses pairs, la filière des soins depuis l’accueil jusqu’à la délivrance du médicament doit être organisé sur base soit des expériences érigées en modèle professionnel ou bonnes pratiques soit des normes internationalement reconnues.

Point de vue partagé par son collègue de Kinshasa, Clément Wuteji, ce dernier a affirmé que la RDC est particulièrement préoccupée, car ayant une pharmacie hospitalière mais opérant en dehors des référentiels dont les bonnes pratiques. « Malgré la qualité de l’accueil, de l’hospitalisation, des examens de laboratoires, les soins sont voués à l’échec si dans la partie terminale le médicalement délivré n’est pas celui prescrit suite à plusieurs raisons… » a-t-il alerté.

Somme toute, le pharmacien Wuteji a réaffirmé à l’assistance que lui et ses pairs n’attendront pas un quelconque coup de sifflet qui sonnera le glas du désordre actuel pour voir comment s’y prendre. « En dépit de l’environnement, le pharmacien doit jouer la partition qui est la sienne… »
Outre différents exposés animés lundi sur « la prise en charge des urgences gynécologiques et obstétricales » et la « table-ronde sur la qualité en santé », d’autres conférences seront présentées ce mardi, notamment sur la prise en charge du paludisme.

Il convient de noter que cette 5ème édition du Salon international de la pharmacie du Congo  se tient grâce au parrainage d’IMEX PHARMA/RDC, en partenariat avec plusieurs autres entreprises pharmaceutiques et le sponsoring de Shalina laboratoires.
Tshieke Bukasa

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