Les médias sensibilisés sur l’Holocauste

 

En marge de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, célébrée le 27 janvier prochain, l’Unesco a rassemblé, par le biais d’une vidéoconférence, des journalistes de plusieurs pays africain, lundi 21 janvier 2013 en vue de réfléchir sur le thème « Médias et génocide : réflexion sur l’Holocauste ». 

La représentation congolaise, quant à elle, y a participé depuis le siège de la Banque Mondiale sur le boulevard Tshatshi dans la commune de la Gombe, échangeant ainsi avec leurs confrères de Dakar( Sénégal), Libreville(Gabon) et Yaoundé(Cameroun), sous la modération de Karel Fracapane, Administrateur de projet Section d’éducation pour la paix et les droits de l’homme de l’Unesco.

          En substance, on y retient que la vidéoconférence a permis de mettre en exergue le rôle et les responsabilités des médias face aux violations massives des droits de l’homme et déterminer leur responsabilité dans le développement des dynamiques qui conduisent aux génocides ou qui, au contraire, permettent de les prévenir.

          A l’instar de Qian Tang, Sous-directeur général pour l’éducation à l’Unesco, les orateurs et participants se sont convenus que les médias portent une responsabilité aussi bien dans la prévention que dans la perpétuation de l’holocauste. Ce terme onusien indiquant le génocide des juifs par les Nazis durant la 2ème Guerre mondiale est aussi synonyme de Shoah.

          Principal conférencier de ce forum, Yves Ternon, historien ayant beaucoup publié sur les génocides, a martelé que l’Etat criminel qui commet cet acte ignoble prépare toujours la population à travers les médias. A titre exemplatif, a-t-il appuyé, après la 1ère Guerre mondiale, il est apparu des journaux extrémistes et racistes en Allemagne, lesquels ont intensifié leur propagande à partir de 1933, à l’arrivée d’Adolphe Hitler au pouvoir.

          Une petite pause a été observée en 1936 à cause des Jeux olympiques, mais la campagne de haine a vite repris en 1937 et a atteint son point culminant en 1938 lors de la Nuit de Crystal durant laquelle des juifs furent injustement accusés d’avoir assassiné un cadre nazi. Massacre, emprisonnement, déportation, spoliation, expropriation, etc. s’en suivirent sans état d’âme.

          Comme pour l’holocauste juif, a conclu Yves Ternon, les médias ont joué un rôle déterminant dans les pays tels que le Rwanda, l’Arménie, le Cambodge, etc. « Aujourd’hui, votre rôle journaliste est de faire connaitre aux générations qu’il y a eu des tels événements. La presse assassine doit être dénoncée et la presse responsable développée. Les guerres commencent dans les esprits, c’est là justement qu’il faut ériger des barrières de paix… » a-t-il conclu.         

          Rescapée du camp de concentration de Birkenau, Ginette Kolinka a rapporté, en direct, un témoignage poignant des événements vécus dans sa chair et dans son esprit en plein milieu de la guerre alors qu’elle avait 19 ans. Ayant perdu un bon nombre des membres de sa famille, elle s’est insurgée contre les négationnistes et a appelé les décideurs du monde entier à lutter contre toutes formes de discrimination pouvant entrainer à l’holocauste.           

Tshieke Bukasa   

 

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